La misère dans la rue

Je voulais parler depuis quelques temps de quelques trucs qui m’ont vraiment fait de la peine pendant mon séjour au Mexique. Puis les jours sont passés et j’ai préféré vous raconter des trucs que j’estimais plus drôles et gais. Mais voila-t-y pas que, hier, je lis sur le blog de monsieur Lâm un article sur un sujet analogue dans notre belle capitale.

Du coup ben vous allez y avoir droit quand même.

Décors:
Playa del Carmen, Yucatan à 50km environ de Cancun. Ville ultra touristique remplie de gros américains en short et autres européens en vadrouille dont moi.

Scène 1:
Nous sommes arrivés en ville il y a environ une heure, attablés en terrasse d’un resto nous profitons du beau temps et respirons l’activité frénétique de la rue. Un homme s’approche, la quarantaine. Il nous présente une sauterelle fabriquée dans une feuille de maïs. C’est vraiment bien réalisé. En échange, il nous demande ce qu’on veut bien lui donner: 1, 5, 10 pesos (1€ = 16-17 pesos). Nous discutons avec lui, il nous explique qu’il doit nourrir sa famille, que les temps sont durs. Il nous laisse réfléchir sur le prix qu’on voudra bien lui en donner et s’en va faire le tour des tables.

Elle trouve ça beau, pense que ça rendrait très bien sur une table lors d’un évènement X ou Y. Je lui dis de lui donner sa carte, ça mange pas de pain et même s’il est peu probable que ça fonctionne, sait on jamais. L’homme revient, nous lui offrons quelques piécettes et lui expliquons que ça nous plaît beaucoup. Evidemment, il n’a pas le téléphone mais qui sait, peut être appellera-t-il un jour…

chapulin
Chapulin – Playa del Carmen

Scène 2:
Nous marchons dans la rue, toujours cette même rue définitivement trop touristique. Magasins de souvenirs, restaurants, hôtels. C’est mignon et ça fait partie de ce que nous venions chercher mais quand même… Nous croisons un groupe de 5-6 américains, la trentaine, enjoués. Un gamin vient mendier auprès d’eux, il ne doit pas avoir plus de 4-5 ans et sa mère fait la manche de son côté un peu plus loin dans la rue.

Il est tout mignon, y va à renfort de sourire pour faire mettre la main à la poche aux gringos. Il se trémousse, danse un peu. Ils rient. Moi, je ne ris pas, j’ai l’impression de voir une bande de gros cons s’extasiant devant un petit singe savant réduit à cet état par la pauvreté. Au final il repartira avec quelques pesos et n’ira probablement jamais à l’école.

Alors oui, on peut soutenir ces gens là en dépensant nos sous de touristes dans les souvenirs et les activités diverses et variées. Mais il y aura toujours une branche de la population qui ne bénéficiera pas de cette manne dégueulasse. Ils seront toujours là, en périphérie de notre beau voyage, pour nous rappeler qu’on vit dans un monde ou les inégalités sont encore (trop) importantes. De notre côté, on fera semblant de ne pas (trop) les voir.

La misère est elle réellement moins pénible au soleil?

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