Dans la forêt de Blanche Neige, on fait des rencontres impromptues
Quelle meilleure façon de profiter d’un weekend ensoleillé que d’aller se balader?
C’est ce qu’on s’est dit hier avec mademoiselle en prenant la bagnole pour rouler vers les bords de Garonne. Chemin des étroits, Lacroix-Falgarde, Pinsaguel et hop, un ptit pont, plein de voitures garées et des gens profitant du soleil en contrebas. On se range, je sors le matos photo et on s’engage sur le sentier qui bifurque rapidement pour nous donner deux options: continuer tout droit en longeant la route ou entrer dans une petite forêt.
Les deux chemins semblent descendre vers la rivière, celui de la route paraissant plus direct. Mais la forêt est recouverte d’un duvet blanc cotonneux qui vient probablement des peupliers du coin. Quand je dis recouverte, c’est réellement tapissée et on se croirait presque dans la neige ou sur une fine brume blanche. Forcément, j’ai eu envie d’y faire quelques photos et nous voila tous les deux, appareil à la main, shootant les arbres et les feuilles.
C’est alors qu’un vieux bonhomme vient vers moi et engage la conversation. Il est petit, fripé, un peu dégueulasse et porte une magnifique casquette bleu marine qu’il a dû récupérer sur la caravane du tour de France 1975:
Lui: Vous venez souvent ici?
Moi: J’habite pas loin mais non, on se balade juste pour profiter du beau temps
Lui (l’air déçu): Ah… mais vous savez, ici, un peu plus loin, c’est un endroit pour rencontrer des gens de l’autre sexe (en montrant ma copine)
Moi: Ah bon?
Lui: Oui oui.
Moi, naïf: Mais le soir?
Lui: Non non, en journée aussi.
Moi: Ah… ah oui mais nous on se balade juste hein!
Il m’a ensuite tenu la jambe une bonne dizaine de minutes, causant de la pluie et du beau temps. Pas méchant le bougre mais un peu lourdingue. Sur le moment, j’ai pas vraiment compris si « les gens de l’autre sexe » était par rapport à ma copine (donc pour rencontrer des hommes plutôt que des femmes) ou si c’était pour parler de prostiputes. Renseignements pris, il semblerait que l’endroit soit plus réputé pour les messieurs que pour les dames.
Au final, on est quand même restés un petit quart d’heure à faire des photos, on a bien rigolé de se retrouver comme des cons dans un baisodrome sans le savoir puis on est parti se poser dans un village sympatoche boire une bière bien fraîche en regardant la Garonne de loin, le tout sans déranger les habitués du coin (c’est vrai qu’ils regardaient mon gros appareil photo bizarrement quand même les 2-3 gars qu’on a croisé :p)

Heu, t’es sûr que ce truc blanc, c’est pas de la moisissure qui pousse sur le foutre disséminé au gré du vent et des fornications sylvestres quotidiennes autant que payantes ?
hahaha, merde, je voulais dire la même chose.
Bon, t’es sûr que ce n’est pas le reste d’une soirée touz-mousse ?
Sûr et certain messieurs les gros dégueulasses :p
Trop marrant j’habite dans le coin (vraiment dans le coin)
Mais je devais être le seul avec mon pote a ne pas savoir ou se trouvait exactement cette fameuse forêt de rencontre homo.
On venait de se taper une super rando à vélo (au passage si tu veux faire de belles photos et te balader je te conseil de traverser le pont et de descendre à pied sur la droite. La tu as plusieurs Km de sentier en forêt, souvent le long de l’Ariège, plein de petit chemin ou se perdre, vraiment sympa, tu peux aller jusqu’à clermont le fort comme ça. A un moment tu traverse une route mais ta le parcours indiqué donc tu peux reprendre les sentiers)
Pour en revenir à mes moutons, v’la ti pas que qu’on se demande ce que c’est que cette entrée et qu’on s’enfonce à vélo à l’intérieur.
On croise deux mecs qui sortent, un l’air stressé, et la TILT « on est dans la forêt homo »
Comme des cons on continu quand même (un vrai labyrinthe au fond) et on arrive dans un espace, l’espace de toute les orgies j’imagine, plein de mouchoirs, de condoms, même un slip accroché à une branche !
La ni une ni deux on se casse, mon pote se trompe il part sur la droite, on voit pas débarquer un mec (correspondant à ta description) il nous lâche un sourir genre le chat dans alice au pays des merveilles !
On a foncé comme des bêtes, j’ai trouvé la sortie au pif, on s’est foutu un coup de pression MDR.