Toulouse’s burning

La semaine avait salement commencé avec un lundi atroce à base d’intoxication alimentaire, de visite chez le dentiste et de coupure de courant.

Le mardi avait bien enchaîné avec une coupure d’eau chaude (suite à la coupure électrique), une journée de boulot lourdingue et une météo pourrave à l’orée du weekend prolongé.

Le mercredi, ne voulant pas être en reste, décida de frapper un grand coup dès 1h du matin. Alors que je débattais avec ma chère et tendre de l’opportunité de mater un épisode de Mad Men malgré l’heure tardive, elle entendit des bruits étranges venant de l’extérieur. Sortie sur le balcon, tendage d’oreille… Ca crépite comme un sympathique feu de bois à une centaine de mètres à vol d’oiseau, au niveau d’un garage/carrosserie.

Evidemment, ça ne fait pas que crépiter, ça fume aussi bien comme il faut, de la bonne fumée épaisse gris foncé/noire qui sent le vieux pneu. Appel aux pompiers, on donne les indications qu’on peut et on file fermer les fenêtres histoire de ne pas se faire complètement enfumer. A priori, on craint pas grand chose, ya une rangée de maisons puis la rue à traverser avant d’arriver à notre immeuble.

Malgré notre relatif éloignement, difficile de ne pas stresser au moins un petit peu. Et si les voitures stockées dans la carrosserie explosent? Et si ça touche une conduite de gaz? Du coup on s’éloigne des fenêtres, au cas où une déflagration défoncerait les vitres… Un peu parano? Peut être… Ca m’a un peu rappelé ce que j’ai ressenti après le séisme auquel j’avais eu droit à Mexico. T’es là, tu sais que ça peut craindre pour toi et pour tes voisins mais tu sais pas vraiment quoi faire.

Est-ce que tu vas réveiller les voisins potentiellement pour rien alors qu’il est 2h du mat? Est-ce que tu prépares un balluchon au cas où tu devrais te barrer au risque de passer pour un gros parano? Est-ce que les trombes d’eau qui tombent vont limiter le feu ou est-ce que le vent va au contraire aggraver les choses?

En pratique, j’ai juste appelé un pote pour avoir un point de chute au cas où et on a préparé un sac en 1 minute chrono (nos papiers, mon matos photo et quelques fringues). Sur le moment tu te sens débile et il n’y avait probablement aucune chance que le feu arrive jusque chez nous mais dans le doute, mieux vaut prévenir que guérir.

J’avoue assez honteusement que j’avais super envie de prendre des photos, surtout quand un grand arbre a commencé à se transformer en torche. Mais non, une certaine réserve s’installe, une culpabilité envers les foyers beaucoup plus proches de l’incendie. Et puis au final, merde, je sors le téléphone et comme le clampin lambda 2.0, je fais une petite vidéo.

Incendie Ramonville from bintz on Vimeo.

Entre temps, les pompiers sont évidemment arrivés et on voit de moins en moins de flamme, par contre qu’est-ce que ça fume. Le danger semblant écarté, je sors enfin l’appareil photo et claque quelques clichés pourraves (il fait quand même bien nuit) pour tuer le temps et penser à autre chose plus que pour photographier réellement.

On se pose, on regarde l’heure, il est environ 3h30 et l’appartement sent la graisse de voiture et le pneu brûlé. On entend encore les pompiers se crier des indications et, de temps en temps, une scie électrique découpe de la taule.

Tant pis pour le bruit, on ouvre pour aérer un peu et c’est parti pour quelques heures de sommeil avant d’aller bosser.

Tout ça m’a fait fortement penser à un site découvert récemment: The Burning House. Le pitch tient en quelques mots: if your house was burning, what would you take with you? Même en ayant eu le temps d’y réfléchir hier soir et ce matin, je trouve toujours la réponse particulièrement difficile.

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One Response to “Toulouse’s burning”

  1. Marie 14 juillet 2011 at 0:11 #

    C’est une très bonne question ! Je dirais : mon ordi, mes papiers, des fringues, mon tél, mon sac et mes DD.

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