Cthulhu – Masques de Nyarlathotep – CR#5

Pour bien comprendre le pourquoi du comment de cette session, il faut connaître un peu mes joueurs. Pour la grande majorité, se sont de vieux routards de l’Appel de Cthulhu, ils ont traversés des dizaines de scénarios dans les différentes époques avec plus ou moins de succès mais ils ont surtout rencontré bon nombre de PNJ tordus et de monstres baveux. Certains sont même passés de l’autre côté de l’écran par le passé voire y passent encore de temps en temps.

Par conséquent, il est parfois difficile de leur faire à l’envers! Dans notre cas, ils ont tout de suite identifié Gavigan comme un gros méchant potentiel, malgré une première entrevue un peu naïve. Fort dommage pour l’intrigue car c’est un personnage qui se veut ambigu de prime abord, pas comme Al-Sayed que l’on peut confondre très rapidement via les preuves dans sa boutique. C’est un peu le méchant qui tire les ficelles dans l’ombre, le dandy à la réputation sans tache qui est en réalité un gros salaud.

Il me fallait donc un stratagème pour les perdre et qu’ils fassent confiance à Gavigan, au moins le temps que je les perde… Vous apprendrez comment en lisant ce cinquième volet de la campagne.

Un bateau bien étrange et autres contrariétés

1-Présentation :
Sessions de jeu #5:
• Vendredi 6 Janvier 2012

Présents physiquement :
• Zacharias Atkinson, moine défroqué
• Edward Green, explorateur
• Professeur Lewis Lexington, archéologue

Présents skypement :
• Albert Flanagan, ingénieur-mécanicien/pilote
• Charles R.R Bapkins, détective conseil

Présents absentément :
• Harvey Weezle, médecin

Ci-après, les impressions personnelles d’Edward Green sur les derniers évènements.

2-Evènements :

Vendredi 13 février, Matin

Après un récapitulatif rapide, l’équipe procède à une grosse réflexion sur les actions possibles à mener :

  • Rendre une visite au domicile de Gavigan;
  • Effectuer une visite nocturne de la Fondation;
  • Consulter la médecine légale pour obtenir des informations sur les différents meurtres;
  • Trouver le lieu de réunion de la secte.

Zacharias décide de rester à l’hôtel pour lire.

Lewis et Charles se rendent chez Barrington pour essayer d’obtenir des informations du médecin légiste sur les meurtres.

Arrivés tôt, Barrington n’est pas encore présent dans les locaux de la police. Après une heure d’attente, il finit par les recevoir. Il est suspicieux. Il nous voit tous les jours et nos visites nocturnes au magasin d’épices ne semblent guère lui plaire.

Bapkins explique que nous avons besoin d’accéder aux dossiers du médecin légiste pour comprendre le mode opératoire. Barrington, qui ne veut pas perdre son temps à trouver les anciens dossiers, fournit tout de même celui du dernier meurtre : l’homme semble réduit en bouillie avec une arme contondante puis poignardé en plein coeur avec une lame fine.

Je me rends en observation chez Gavigan pour obtenir des informations sur son emploi du temps. A 8h, Gavigan sort de chez lui avec un parapluie et se rend directement à la Fondation Penhew.

Albert décide d’aller repérer des failles dans le système de sécurité de la Fondation Penhew en vue d’une éventuelle visite nocturne. Le bâtiment est composé d’un étage. Les fenêtres à l’étage ne sont pas protégées par des grilles contrairement aux fenêtres du rez-de-chaussée.

Le bâtiment est entouré par des rues de tous les côtés. Une grande grille, à pointes de 2m de haut en fer forgé, délimite l’ensemble de la propriété. La cour arrière est accessible par un grand portail fermé par une lourde chaîne. Dans cette cour se trouve un quai de chargement ainsi qu’une trappe pour charger le charbon. On peut supposer qu’un sous-sol est présent.

Très actif en journée, ce quartier doit être calme la nuit. Albert ne note pas de vigile en journée à part les agents à l’accueil. Suivant Gavigan, je rejoins Albert.

A ce moment là, un camion de livraison se présente à l’arrière du batîment. Les grilles s’ouvrent. Deux hommes sortent du camion et se font aider par deux hommes de couleur travaillant pour la fondation. Ils chargent des caisses dans le camion.

Nous interpellons un taxi. Prétextant le contrôle du soin apporté aux marchandises, le conducteur accepte de suivre le camion. Ce dernier se rend dans le quartier sombre de Limehouse et s’arrête près d’un entrepôt. Un petit groupe de dockers patibulaires et dégénérés viennent décharger les caisses.

Flanagan souhaite investiguer et poser des questions dans le quartier, mais sa tenue n’est pas adaptée au cadre. Les deux compères rentrent donc à l’hôtel.

Harvey se rend au magasin d’épices pour surveiller l’activité. Tewfik Al-Sayed ouvre son magasin. Rien de notable à signaler.

Passage à l’hôtel Terminus, nos chambres ont été fouillées. Un message nous a été laissé par Gavigan. Il a procédé à une petite enquête et souhaite nous rencontrer pour nous donner des informations sur un guide de Carlyle.

Vendredi 13 février, après-midi

Lexington, Flanagan et moi même nous rendons à la fondation Penhew. Gavigan nous reçoit, il affiche une mine satisfaite. Il explique avoir retrouvé l’un des guides ayant accompagné l’expédition Carlyle en Egypte. Ce dernier est à Londres actuellement et se nomme : Tewfik Al-Sayed. Ce nom a été trouvé dans un rapport de l’expédition.

Gavigan nous met en garde : cet homme pourrait appartenir à la Secte du Pharaon. Noir. Il était un guide zélé semblant mettre beaucoup de volonté à faire avancer l’expédition. Il a été recruté par Sir Penhew et est revenu un an environ après le départ d’Egypte vers le Kenya de l’expédition Carlyle.

Gavigan n’en sait pas plus que ça sur la secte du Pharaon Noir et le rendez-vous s’achève après quelques politesses.

Sur la route du retour, nous nous sentons suivis par un individu à moustaches. Un arrêt dans un pub pour tenter de le surprendre ne permet pas d’en découvrir plus. Nous effectuons un retour discret à l’hôtel du Dancing Lion.

Weezle va chercher des armes au marché noir avec Atkinson et Bapkins dans le quartier de Soho, il a en effet trouvé un contact dans un pub irlandais grâce à de vieilles connaissances. Ils s’y rendent en tenue adaptée. Au bar, il demande un certain O’Maley, gros gaillard roux en salopette. Après avoir trouvé de soi-disant amis en commun (un vague cousin au 3ème degré de la tante d’un voisin), O’Maley accepte de rapporter des armes. Après marchandage, le prix est fixé à 45£ payables à la réception à minuit à l’arrière du pub.

Concertation:: Il faut rendre visite à Al-Sayed. Le groupe décide de se présenter comme étant composé d’aventuriers amateurs venant de New-York cherchant des informations sur Carlyle tout en souhaitant vouloir rejoindre la secte du Pharaon Noir.
Vendredi 13 février, fin d’après-midi

Direction Soho et la boutique d’épices. J’entre dans la boutuique accompagné de Lexington et Flanagan. Le professeur expose de façon exubérante la conversation planifiée: nous cherchons secrets et trésors, etc… Al-Sayed est peu réceptif et trouve les propos délirants. Après avoir évoqué la secte du Pharaon Noir, nous nous faisons virer du magasin… Al-Sayed semble peu content de ce contact.

Vendredi 13 février, minuit

Après un excellent fish & chips, nous nous rendons au rendez-vous pour récupérer les armes. O’Maley est présent avec un sac en toile de jute qui contient deux fusils de chasse, un flingue, 2 boites de 10 cartouches et 2 boites de 10 balles.

Le professeur et moi même nous octroyons un fusil chacun alors que Bapkins récupère un pistolet. Nous décidons d’aller visiter l’entrepôt en prenant un taxi pour nous déposer à proximité.
Nous préparons les affaires : lampe, pied de biche, corde.

Là, Lewis s’écroule après une apparente crise de folie. Il semble ressentir une forte douleur pénétrant son crâne. (Il doit certainement payer son excellent sketch produit pour Al-Sayed). Weezle, en grand professionnel, amène la victime aux urgences accompagné d’Atkinson.

Bapkins, Flanagan et votre serviteur décident de maintenir l’opération Entrepôt. Nous nous y rendons en taxi. Sur place, notre détective, toujours prêt à utiliser les méthodes nécessaires, ouvre une voiture dans une ruelle sombre et parvient à la démarrer. Elle nous permettra théoriquement de nous échapper rapidement en cas de problème. La suite nous prouvera le contraire.

L’entrepôt fourmille d’activité. Des dockers chargent un lourd cargo. En s’approchant du bateau, je ressens tout à coup comme un effleurement derrière la nuque mais ne vois rien. Une odeur de cheveux brûlés est perceptible. Je me mets alors à suffoquer, il semble y avoir quelque chose dans ma gorge qui m’empêche de respirer!

Mes camarades me tirent en arrière sur le sol. Passant sous un lampadaire, la « chose » me libère et je parviens, affaibli, à reprendre mon souffle. Paniqué, j’éclaire la nuit de ma lampe torche : une forme brumeuse et tentaculaire s’évapore. Albert panique, part en courant et se met à suffoquer à son tour! Il se libère toutefois grâce à une source de lumière et repart de plus belle.

Je le rattrape et le saisis. Aidé de Bapkins, je l’embarque dans la voiture et le détective enclenche la mauvaise vitesse, percutant violemment un lampadaire qui aura raison du moteur. C’est au tour de Bapkins de suffoquer tout à coup, heureusement les lampes fonctionnent toujours et nous pouvons le libérer de l’emprise de la créature.

Après cette belle (et efficace!) promenade nocturne, nous nous dirigeons, à pieds, vers les urgences pour y trouver quelques soins ainsi que nos camarades.

Samedi 14 février, matin très tôt

Tout le monde se retrouve pour une petite fête aux urgences. Le malaise de Lexington a été diagnostiqué comme une crise cardiaque alors que Flanagan et moi même semblons avoir subi une strangulation.

Weezle propose de dynamiter la boutique d’épices. L’idée est écartée pour le moment.

Zacharias, Harvey et Charles vont au port prendre des informations sur le cargo. Ce dernier bat pavillon Chinois et se nomme le « Vent d’Ivoire ».

Harvey propose de dynamiter le bateau. L’idée est écartée pour le moment.

Samedi 14 février, matin

Bapkins, Flanagan et Atkison se rendent à la capitainerie prendre des informations sur le cargo et l’entrepôt. Ils apprennent que le bateau va repartir pour Shangaï dans 3 jours pour livrer diverses marchandises.

L’armateur est Ho Fong Import, son capitaine norvégien se dénomme Lars Torvak. Le trajet emprunté par le bateau est Marseille, Malte, Port Saïd, Aden, Bombay, Singapour, Saïgon et enfin, Shangaï. Le cycle des aller-retours varie de 6 semaines à 3 mois.

L’entrepôt appartient à un indien du nom de Punji Chabout. Ce dernier habite Londres (l’adresse exacte n’est pas obtenue). L’entrepôt stocke des marchandises diverses, sans plus de précisions.

Bapkins insiste sur un trafic potentiel sur le bateau et demande l’intervention des douanes à Barrington. Sans plus de preuves, ce n’est pas envisageable. Pendant ce temps, je me repose à l’hôtel avec Lexington tout en nous plongeant plus avant dans les ouvrages récupérés à New York.

Samedi 14 février, nuit

Je suis tiré de mon sommeil par un bruit de serrure. Je réveille Bapkins qui se poste avec moi à couvert derrière un lit. La porte s’ouvre, deux hommes entrent dans la chambre, armés de lourds gourdins. Mon camarade d’infortune les somme de s’arrêter et les aveugle avec une lampe. Les assaillants tournent alors les talons et filent.

Nous ouvrons le feu, blessant grièvement un des agresseurs qui laissent tomber leurs gourdins, une course poursuite s’engage. C’est la panique dans l’hôtel. Les clients sortent des chambres pour voir ce qui se passe et il est particulièrement difficile d’intercepter les fuyards.

Ils atteignent la fenêtre au bout du couloir et prennent l’escalier de secours. Flanagan, armé d’un fusil, passe par l’intérieur pour les prendre à revers.

Les hommes sont prêts à monter dans une voiture lorsqu’un angle de tir s’ouvre. Nous profitons de cette dernière ouverture pour tirer. Les deux fuyards sont touchés mais réussissent à se hisser dans le véhicule qui s’échappe à toute vitesse dans une mare de sang. Les tirs suivants sont inutiles.

Bapkins et moi sommes arrêtés par la police qui vient d’arriver sur les lieux. Nous leur expliquons que les deux malfaiteurs sont entrés dans la chambre. Après une partie de lutte, nous avons réussi à récupérer leurs armes et à s’en servir contre eux. Charles les baratine proprement et semble les convaincre, nous sortant d’un sacré faux pas.

Nous retournons à l’hôtel où nos amis nous apprennent que les gourdins retrouvés sont des gourdins à pointe. C’est certainement ce type d’arme qui a servi dans les mystérieux meurtres londoniens.

Dimanche 15 février, 6h du matin

Réveil de la réception. Nous filons tous les six vers les docks où nous souhaitons monter à bord du cargo et trouver des informations sur les caisses chargées la veille.

Nous récupérons la barque repérée la veille par Flanagan et nous ramons vers le «Vent d’Ivoire». Plus nous nous approchons, plus nous nous apercevons que l’intervention est compromise : le bateau est … grand. C’est un 7000 tonnes, il doit y avoir environ une cinquantaine de membres d’équipage.

Nous décidons de reporter notre opération d’infiltration à plus tard et rentrons à l’hôtel, la queue entre les jambes.

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