Cthulhu – Masques de Nyarlathotep – CR#8

La session 7 a laissé une partie de nos investigateurs en bien fâcheuse posture. Heureusement pour eux, dans l’ombre, les hommes de loi veillent au grain.

En lisant certains retours de partie sur TOC ou ailleurs, je suis tombé plusieurs fois sur une idée qui me semblait intéressante à faire jouer: capturer tout ou partie du groupe et donner des personnages de rechange aux joueurs pour sauver leurs vrais PJ. Cela permet de mettre en place une certaine tension, une « obligation de résultat » mais aussi réintégrer des pistes laissées de côté par les joueurs.

Au programme donc, un avocat un peu trop pointilleux mais surtout une fière équipe de constables! (petite dédicace à Paddie Doherty)

Opération sauvetage

1. Présentation
Session de jeu #8:

  • Mardi 12 juin 2012

Présents:

  • Les constables Paddie Doherty, Leslie Culin , Peter Winfield
  • Sous les ordres des inspecteurs Dae Kim, Donald McIntosh et James Barrington
  • Qui encadreront ensuite Charles R.R Bapkins et Edward Green

2. Alors que tout semblait perdu…

C’est la nuit du 17 au 18 février, quelque part après minuit. L’inspecteur Barrington déboule, furieux, dans l’hôtel Bakersfield où se lamentent, médusés, Green, Bapkins et Lexington. Où ont été amenés leurs camarades? Que va-t-il leur arriver?

Barrington leur souffle dans les bronches: “Mais qu’est-ce que vous m’avez foutu! Un attentat au port, certains d’entre vous kidnappés! Vous vous êtes bien foutus de ma gueule! Mais on en parlera plus tard, le temps presse et vos amis sont en danger, mais ne croyez pas vous en sortir comme ça!”

L’inspecteur embarque les américains dans un camion de police qui file tambours battants vers la demeure perdue sur la côte. Une voiture l’accompagne et on peut dénombrer une grosse vingtaine de bobbys.

3. Une enquête parallèle

Fondu au noir, la lumière se rallume à New Scotland Yard nous somme les 16 février 1925.

Veuillez trouver ci-après le rapport du constable Winfield sur les derniers évènements.

Lundi 16 février, Londres 1925, au petit matin

Peu après avoir embauché, l’inspecteur Barrington nous réunit, Doherty, Culin et moi, nous plaçant sous les ordres de McIntosh, un des héros du service et de Kim, un jaune que je sais avoir des rapports avec la pègre asiatique. Ces relations sont bien souvent exploitées par le service.

Il nous apprend que deux hommes ont été retrouvés morts à Limehouse. Et plusieurs éléments pourrait les relier au groupe d’américains qui fourre son nez partout depuis pas mal de jours, ils passent quasi quotidiennement à Scotland Yard. Ces derniers font d’ailleurs l’objet d’une filature spéciale par une autre équipe.

Suivant les directives du chef, nous nous retrouvons à la morgue pour initier l’enquête sur le décès de ces asiatiques.

Les indices en présence :

  • les corps ont été retrouvés aux premières lueurs, aujourd’hui, dans une petite rue de Limehouse par un constable effectuant sa ronde
  • retrouvé sur eux, un contrat d’embauche pour le Vent d’Ivoire au nom de Chia
  • l’autopsie du légiste, le Dr Green, indique une mort par asphyxie suite à des contusions internes et externes de la trachée, le mode opératoire est étrange
  • au vu des tatouages sur les corps, l’inspecteur Kim pense à la mafia chinoise

L’inspecteur McIntosh a le souvenir d’une affaire similaire survenue il y a quelques mois. Après investigations (ci-joint le rapport de l’affaire et l’article du Scoop parlant de l’incident), il apparaît que le constable Beckreck a sauvé un certain Alan Groot qui s’étouffait seul en pleine nuit au coeur de la City. L’honnête constable est interrogé mais il est nerveux, confus, parlant de brouillard étrange “attaquant” Groot. Tout cela ne me paraît pas très crédible, il devait sûrement avoir bu.

Deux équipes sont formées :

  • une menée par l’inspecteur McIntosh accompagné de Paddie suivra la piste de Groot
  • l’autre dirigée par l’inspecteur Kim, comprenant Leslie et moi même, qui enquêtera sur le Vent d’Ivoire

Paddie me convainc que l’histoire de Groot n’est qu’une sombre histoire de chips avalée de travers, c’est pourquoi je préfère rejoindre l’équipe “Vent d’Ivoire”.

A la visite du domicile Groot, l’équipe McIntosh apprend de la mère d’Alan que celui-ci a été très perturbé par ce qui lui est arrivé, il tenait des propos incohérents, répétant un mot en boucle “garidan, gadiban, gavigan ou quelque chose comme ça”, et que par conséquent il avait dû quitter son cabinet d’avocat (Sullivan & Groot) avant de finir par être interné sur conseil du Dr Gordon, le médecin de famille. Il serait actuellement traité dans un institut du côté de Glasgow où réside de la famille.

Au cabinet Sullivan, il apparaît que « Gavigan » est le nom d’un client de Groot qui a eu besoin de ses services pour faire l’acquisition d’une résidence sur la côte proche de Londres, proche de Walton on the Naze. Hector Sullivan paraît particulièrement débordé suite à la disparition de son ami et collègue. Il nous fournit toutefois la malette de Groot dans laquelle nous trouvons un pense-bête indiquant qu’il comptait mettre le nez dans la transaction concernant Gavigan. Aurait-il été tué pour cela?

Pendant ce temps, l’équipe Kim se rend sur les lieux où ont été retrouvés les corps et interroge le bobby les ayant découvert. Aucun indice à ajouter, nous nous rendons au port sur le site d’amarrage du Vent d’Ivoire.

Nous passons d’abord à la capitainerie où nous apprenons que le groupe d’américains est déjà venu poser les mêmes questions. Du capitaine du Vent d’Ivoire, un certain Torvak, nous n’obtenons pas grand chose (l’homme est peu coopératif et semble vouloir cacher la nature de sa marchandise, se cachant derrière la “légalité” de notre démarche) si ce n’est l’adresse des frères Chia.

Les Chia habitent chez leurs parents qui tiennent un petit restaurant miteux. Kim prend l’initiative de communiquer avec eux dans leur langue. Je ne sais pas ce qui se dit mais je vois le père s’énerver et prêt à nous transformer en nems. Kim arrive à calmer le jeu mais ne tire rien d’eux.

Heureusement, en partant, le benjamin des fils Chia (Wong) nous rattrape pour nous indiquer qu’il a entendu ses frères parler d’une transaction planifiée au Dragon Jaune, un établissement de sale renommée de Limehouse. Ils auraient apparemment eu quelque chose à vendre. Le gamin n’en sait pas plus et s’éclipse avant d’être corrigé par ses parents.

Nous déjeunons avec le chef et en profitons pour faire le point, il nous demande de continuer sur cette voie.

L’après midi, nous contactons le Dr Gordon qui n’a rien de nouveau à nous apprendre, Kim demande à ses indics de partir à la pêche aux renseignements concernant le Dragon Jaune, l’un d’eux fera un passage dans l’établissement dans la soirée pour tenter d’en savoir plus. Kim a d’ailleurs confirmation que c’est un lieu de rassemblemant de la mafia chinoise.

Paddie en profite pour faire du repérage à Walton on the Naze où il récupère un plan de la ville afin de planifier une future investigation. Il apprend à cette occasion que l’ancien propriétaire de la maison Misr (la demeure de Gavigan) s’appelait Lord Harton, un noble qui aurait perdu sa fortune aux jeux. La demeure est un gros manoir, situé sur une île dans une zone marécageuse peu accueillante.

La nuit tombant, il s’apprête à nous rejoindre mais le brouillard se fait plus dense et d’étrange glapissement glacent le sang de notre valeureux camarade. Faisant fi du “danger”, il rentrera quand même à Londres dans la soirée.

Pendant ce temps, nous repassons au Vent d’Ivoire où Torvak a rassemblé les affaires de Chia et nous permet de disposer de trois marins pour les interroger. Il n’en ressort rien de particulier. Nous ramenons les effets personnels des victimes à leur famille. Avant de prendre un repos bien mérité.

Mardi 17 février

Nous apprenons dès le matin que les américains ont dynamité le Vent d’Ivoire. Barrington demande à ce qu’on ne les interpelle pas tout de suite, la piste pouvant permettre de ferrer un plus gros poisson. Ils sont de toute manière suivis à la trace. Le Vent d’Ivoire est placé sous surveillance policière, ce qui n’a pas l’air de plaire à son capitaine.

L’indic de Kim a réussi à glaner quelques informations au Dragon Jaune. Les frères Chia ont vendu quelque chose à un certain Sun Yin. Après quelques recherches dans nos dossiers et grâce aux contacts de l’inspecteur, nous nous procurons l’adresse de ce Yin.

Sun Yin est retrouvé mort à son domicile, apparemment battu à mort puis poignardé en plein coeur. La scène est peu ragoûtante. Nous trouvons seulement une note manuscrite écrite pas un des Chia indiquant qu’ils ont des objets d’art de grande valeur à vendre. Apparemment une statuette et une sorte de croix.

Les pistes s’arrêtant là, nous clôturons l’enquête pour l’instant, pensant à un règlement de compte suite à un vol sur le Vent d’Ivoire. Ce dernier ne pouvant pas quitter la ville pour l’instant, rien ne presse.

Il reste toutefois à creuser la piste de ce Gavigan. Nous nous rendons tous sur l’ile pour un repérage, un constable de plus est mobilisé. Nous décidons d’être discrets et de gagner la propriété à pieds en laissant la voiture à Walton. J’effectue plusieurs allers-retours avec la voiture.

Nous repérons un unique point d’accès: un pont surveillé. De plus la propriété est entièrement entourée d’un mur d’enceinte de près de deux mètres. L’accès par la mer pourrait être possible avec une petite embarcation à fond plat pour éviter de s’échouer sur les bancs marécageux.

Nous revenons au village pour louer une barque, prétextant une partie de pêche et montons une incursion. Paddie, l’homme fort du groupe, ramera pour faire accoster Culin, Kim et notre constable de renfort. McIntosh et moi même restons en observation depuis l’extérieur.

Nous repérons rapidement un mécanisme de l’autre côté du pont qui doit sans doute permettre de le faire pivoter afin de laisser passer les embarcations. Mais ici, peu d’embarcations peuvent naviguer, c’est louche!

De son côté, l’équipe d’intervention se fait repérer et après un bref échange de coups de feu, les poursuivants abandonnent et nous nous retrouvons sur la terre ferme. L’exploration a toutefois permis de repérer plusieurs éléments étranges:

  • les domestiques du manoir sont tous arabes et plutôt nombreux, ils se sont montrés tout de suite très agressifs quand ils ont découvert Culin
  • un étrange obélisque de plusieurs mètres de haut, construit dans une pierre noire bizarre, est dissimulé dans une clairière au nord ouest de l’île, à sa base on peut voir de gros anneaux métaliques

La journée passant, nous rentrons au commissariat en début de soirée pour apprendre de Barrington qu’une partie des américains se sont fait kidnapper par les hommes de Gavigan! Il est tard, 23h environ. Nous partons interpeler les rescapés avant de foncer vers Walton. L’universitaire étant apparemment touché à la jambe, nous le cantonons au fond du fourgon, le détective et le dandy pourront par contre nous prêter main forte… cela ne me dit rien qui vaille.

4. Opération sauvetage

Durant le trajet, nous discutons de la stratégie à adopter pour interpeler les fauteurs de trouble, le plan mis au point est qu’un petit groupe (Barrington, Doherty, Culin, McIntosh, Bapkins, Green et 2 hommes) s’infiltre par la mer pour prendre possession d’une clairière précédemment repérée pendant qu’à la tête d’une dizaine d’hommes, et à l’aide de la fourgonnette, je passe en force par le pont.

Nous convenons également d’un code émis via sifflet afin de coordonner les deux troupes. Le temps presse car dieu seul sait de quoi sont capables ces étrangers. C’est l’heure de l’assaut.

Je fonce à travers le pont, roulant joyeusement sur deux gardes et défonce le portail de la résidence. L’équipe évacue le véhicule, une partie se rue vers la demeure tandis que l’autre finit de neutraliser les gardes du portail.

Alors que les membres du commando « maison » reviennent en signalant que la bâtisse est sécurisée, ne rencontrant que peu de résistance, des coups de feu retentissent du coté de la clairière. Nous partons au pas de course vers le rally-point afin de soutenir l’autre équipe.

En sortant des bois, la vision d’apocalypse.

Au milieu de la clairière, se dresse un monolithe plus noir que la nuit dont j’avais uniquement entendu parler, sa forme m’incite à lever les yeux. Un trou béant dans le ciel où crépitent des éclairs et duquel une masse informe semble vouloir s’échapper. Je remarque ensuite que quatre personnes, entièrement nues, sont attachées au pied de la pierre.

Je réalise alors que les autres ne cessent de tirer sur une horde hurlante de fanatiques à moitié nus, armés de masses cloutées. Pas de trace de Leslie. Paddie se rue sur celui qui semble être le maitre de cette funeste cérémonie, un couteau à la main. Le dandy (Gavigan?) déclame des syllabes inintelligibles. A ses côtés gît un arabe vêtu comme lieu d’une sorte de robe de cérémonie, il a apparemment été abattu dès le début du combat.

J’ouvre à mon tour le feu sur leur chef. Alors que je constate l’avoir touché, une masse énorme semblable à un énorme tentacule surgit du vortex et vient me broyer la jambe. Hurlant de douleur, je tombe au sol en voyant le reste de la créature balayer un à un mes camarades.

D’autres tirs prennent pour cible le “prêtre”. Me sentant proche de l’inconscience, je ne garantis pas la suite des événements mais je crois voir disparaitre le prêtre dans un tourbillon d’éclairs et de fumée, ne laissant aucune trace derrière lui, l’abomination du vortex disparaît à cet instant.

Suite à cet évènement, les fanatiques perdent de leur fureur et sont ensuite facilement maitrisés alors que je sombre dans l’inconscience.

5. Le gourdin frappe toujours trois fois

L’équipe “barque” se hâte de se mettre en position à l’heure définie avec l’équipe “fourgon”. Green se crampone à son fidèle fusil alors que Bapkins sent son flingue glisser de sa main moite.

Des bruits de tambourins, des cris et des psalmodies sont portées par le vent, venant probablement de la clairière de l’obélisque.

Le petit groupe avance à pas de loups pour se trouver devant un spectacle horrible. Une cinquantaine de fous chantent en choeur une sinistre mélopée sous la direction de deux prêtres: Gavigan et Al Sayed.

L’heure H sonne et les premiers coups de feu blessent gravement Tewfik qui entame une incantation contre nature. Alors qu’il achève une syllable démoniaque, un des constables fuit, hurlant de terreur.

Puis c’est au tour de Gavigan de faire parler la magie et c’est Culin qui s’effondre, réduit en poussière en quelques secondes devant les regards horrifiés de ses camarades. La panique aurait pu prendre le dessus mais tous tiennent bon, Green et Bapkins s’acharnant à tenter de loger une balle dans la tête de Gavigan, sans succès.

Pendant ce temps, les sectateurs en furie s’approchent dangereusement et les forces de l’ordre ouvrent le feu. Massue contre cartouche, c’est un véritable carnage mais les sauvages ont l’avantage du nombre.

Bientôt, les coups de gourdin pleuvent et le deuxième groupe arrive juste à temps pour éviter à la troupe de se faire submerger. La suite vous la connaissez.

6. Epilogue

Barrington: “Holy crap, what the hell was that?”

Occupée à ramasser ses morts et ses blessés tout en maîtrisant et menottant les forcenés encore en vie, l’équipe de Barrington libère les quatre prisonniers. Parmi eux, Bapkins et Green encore en nage, reconnaissent Weezle, Flanagan et Atkinson, en bonne santé physique (ils n’ont que quelques hématomes) mais profondément choqués.

Il va falloir donner des explications… et qu’elles soient bonnes!

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