Cthulhu – Masques de Nyarlathotep – CR#9

La session 9 fut l’occasion de faire une petite pause. Deux joueurs absents, le chapitre anglais grandement terminé, je n’avais plus grand chose à leur faire faire. J’ai donc fait le choix de leur redonner une partie des indices qu’ils avaient pu rater en cours de route, leur permettre de visiter les lieux où ils n’avaient pas eu le courage d’aller jusque là et surtout leur offrir un repos bien mérité.

Profitons de ce bref moment de calme, ou presque, pour introduire le leader passionné de notre groupe de PJ: l’honorable professeur Lexington.

NB: le titre de ce compte rendu est lié à une petite blague récurrente. Quand nous avons commencé les Masques, les joueurs savaient juste que nous partions pour du long terme sur une campagne historique de l’Appel et je leur avais fait miroiter un possible passage en Antactique pour jouer Par-Delà les Montagnes Hallucinées.

 

Au départ:
Le professeur Lexington avait pour objectif initial de retrouver son ami Jackson Elias et de l’aider à remonter la piste des survivants de l’expédition Carlyle.

Le professeur a toujours été un homme cartésien, refusant toute explication ne relevant pas du champs des apprentissages universitaires. Les travaux antérieurs d’Elias constituait, à son sens, une compilation intéressante d’éléments anthropologiques et sociologiques utiles à la compréhension des us et coutumes des peuplades africaines (essentiellement). Lexington considérait L’écrivain comme un ami et la découverte de son corps fut le premier d’une longue série de chocs traumatiques.

Aujourd’hui:
Lexington est clairement ébranlé. La mort de son ami, les agressions, les blessures, les « choses défiant les lois de la nature », la peur, la mort… Autant d’éléments qui font de Lexington un homme affaibli, blessé, cherchant désespérément une explication logique aux horreurs qu’il côtoie.

Comme tout chercheur qui se respecte, Lexington a toujours eu ce je ne sais quoi d’excentrique. Que ce soit dans sa tenue vestimentaire, sa barbe fournie ou ses élucubrations obscures, il a toujours été perçu comme un original. Les récents évènements ont accentué ce trait de façon significative.

Aujourd’hui, il passe pour un illuminé. Il se plonge régulièrement dans ses ouvrages, parfois des journées entières, évoquant un complot à grande échelle dont lui et ses compagnons seraient les cibles. Lorsqu’il prend la parole en public, il se montre soit très exubérant, direct et presque familier, soit paranoïaque, suspicieux et agressif.

Objectifs:
- Découvrir la Vérité coûte que coûte (sur la mort d’Elias, le complot international, les forces à l’oeuvre…)
- Eviter au maximum les interactions physiques avec des objets incongrus (sauf si c’est un livre)
- Retrouver Gavigan et lui planter sa canne-épée entre les deux yeux.

Arctique ? Antarctique ? Mon cœur balance…

1. Présentation

Session de jeu #9:

Mercredi 11 juillet 2012,

Présents physiquement :

  • Zacharias Atkinson, moine défroqué
  • Edward Green, explorateur
  • Professeur Lewis Lexington, archéologue

Présents skypement :

  • Albert Flanagan, ingénieur-mécanicien/pilote

Présents absentément :

  • Charles R.R Bapkins, détective conseil
  • Harvey Weezle, médecin

Veuillez trouver ci-après les pensées emburmées d’Edward Green.

2. Une secte tentaculaire

Nuit du Mardi 17 février au Mercredi 18 février, Londres 1925

Les hommes kidnappés, nus, semblent fortement choqués. Weezle est complètement paniqué et tient des propos incohérents. Notre « leader » sera indisponible pour un certain temps.

Le professeur Lexington ne parvient à comprendre ni la signification des hiéroglyphes ni à reconnaître la pierre formant l’obélisque.

Le champ de bataille est une véritable boucherie : des flaques de sang, des plaques de cendres humaines…

Barrington tremblote et pousse une gueulante. Il ne comprend pas ce qui vient de se passer. Voilà un homme qui doit aimer tout comprendre. C’est au moins un des gros avantage que j’ai depuis la naissance, je ne comprends pas tout et ça ne me gêne pas : on reste plus serein dans les situations délicates.

Le professeur Lexington prend les choses en main et joue les fins psychologues. Il propose de continuer l’enquête discrètement sans alerter la presse et le public. Barrington nous menace d’arrestation, nous négocions la continuation de notre enquête en clamant notre innocence et notre héroïsme. Nous expliquons que nous devons partir très prochainement pour l’Égypte pour continuer nos investigations et que nous ne serons plus dans ses pattes.

Barrington se calme en nous proposant le compromis suivant : nous n’aurons plus le droit de nous rendre sur les lieux liés à l’enquête: manoir, cargo, Penhew, Al Sayed, … Il faudra être très discret. La version officielle fera référence à une organisation mafieuse baignant dans divers traffics.

Bapkins, Lexington, Flanagan et moi-même entrons dans le manoir. Au niveau de la cheminée, nous découvrons un passage menant à une petite pièce vide. En fouillant mieux, nous trouvons un passage identique de l’autre côté de l’âtre.

Cette nouvelle entrée nous mène à des cellules et un “bureau d’expérimentation”. Des plantes et échantillons d’une étrange nature, surnaturellement étrange, reposent dans des bocaux de formol, des jarres, des caisses.

Nous trouvons un épais registre listant l’ensemble des échanges d’objets “d’art”. L’immensité du contenu de ce registre nous fait prendre conscience de l’ampleur de la secte: une organisation tentaculaire. Nous percevons qu’il est utopique de penser que nous parviendrons à la réduire au silence…

Nous tombons aussi sur une lettre inachevée de Gavigan à un certain Aubrey expliquant qu’il a exécuté Elias et qu’il faut désormais s’attaquer à Brady qui leur échappe depuis trop longtemps. Je me dis que Brady serait certainement un allié de choix dans notre quête de la vérité. Et Aubrey serait-il Penhew? Encore vivant lui aussi?

Weezle est pris en charge par la police afin de recevoir des soins intensifs. Les sectateurs sont également embarqués pour être mis au frais.

3. Ne pas confondre paranoïa et prudence, et inversement.

Mercredi 18 février, Londres, 1925.

Un télégramme nous attend à l’hôtel : Kensington a obtenu de Cowles, le professeur de l’Université Miskatonic, des diapos de concrétion de pierres fortement étranges, trouvées en Australie. Il a pensé qu’elles pouraient nous intéresser et nous les envoie par courrier, elles devraient arriver dans quelques jours. Il a également activé son réseau afin de trouver de plus amples informations sur la négresse de Carlyle, sans succès pour l’instant.

Nous réfléchissons à la suite à donner à notre palpitante aventure.

Lexington envoie les télégrammes de rigueur à Carlyle, à son université et surtout à Kensington: la fondation Penhew sent la traîtrise à plein nez et nous partons au plus vite vers l’Egypte. Lexington revient à l’hôtel mais se retrouve suivi: un homme patibulaire fini par l’attendre dans une ruelle. Lexington ne prend pas de risque et revient à l’hôtel sans l’aborder.

Zacharias et moi étudions le registre de Gavigan. Je comptais sur le savoir de Zacharias pour m’éclairer, mais il semble aussi dubitatif que moi sur les conclusions à tirer. J’en profite pour terminer la lecture des Sectes secrètes d’Afrique quand une lettre que je n’avais pas remarqué s’échappe du livre. Elle a apparemment été rédigée par le “Grand Prêtre de la Chauve Souris des Sables” qui envoie un bol étrange à Silas, le nègre de la boutique Juju…

En soirée, un homme de « Scotland Yard » toque à la porte. Flanagan va ouvrir. L’homme se présente et explique qu’il doit vérifier si tout va bien pour nous. Flanagan, suspicieux, demande sa carte de police.

En un éclair, l’homme dégaine une épée dissimulée dans sa canne et plante directement et profondément la jambe de Flanagan qui s’écroule. Je récupère mon arme et tire sur un homme qui rentrait par la fenêtre au même instant et le touche au ventre. L’homme s’approche avec une lourde arme coupante. Vif comme l’éclair, je tire à nouveau et explose les viscères de l’attaquant. Il n’y a pas à dire, c’est vraiment dans ces moments là que je me sens fort en confiance.

Bapkins court avec son arme vers l’entrée et tente de neutraliser l’assaillant : 2 balles touchent l’homme à la poitrine. Un éclair de folie anime le regard de l’homme malgré les impacts qu’il vient de subir. Bapkins rate son coup suivant. Lexington, armé de son fusil, tente de venir à la rescousse mais ne sait que faire tant il risque de nous blesser tous s’il tire. Il ne peut que voir Flanagan se vider de son sang, impuissant. Heureusement, notre cher privé ne tremble pas et une dernière balle bien placée vient achever le faux policier.

Je parviens miraculeusement – quand on connait les facilités que j’ai avec la médecine – à arrêter l’hémorragie de Flanagan en lui prodiguant les premiers soins.

La fouille des hommes révèle qu’ils portaient tous les deux une ankh inversée en pendentif. Le lien avec la secte est confirmé mais surtout il semblerait que notre petit raid nocturne est loin d’avoir neutralisé ses activités!

La police arrive. Atkinson s’est volatilisé, il n’est plus dans la salle de bain où il s’était réfugié. Barrington est époustouflé par notre capacité à nous mettre dans des situations désastreuses. Il nous ordonne de sortir de Londres et de rendre visite au Docteur Hamilton à Hillford pour nous mettre au vert.

Lexington détaille finalement la situation à Barrignton : Elias, Carlyle, nos découvertes, les sectes, etc. Nous demandons la protection de Scotland Yard. Barrington préfère que nous restions anonyme vis à vis de Scotland Yard et nous conseille la simple protection de l’éloignement. Nous insistons sur l’étude des preuves découvertes.

Barrington va insister dans la mesure de ses moyens : la fondation Penhew va être ralentie mais pas plus. Le Vent d’Ivoire a été fouillé : un ensemble de pièces mécaniques a été mis sous scellé. Nous reparlons de l’appartement d’Al Sayed.

Nous finissons la nuit sereinement, Flanagan est soigné à l’hôpital.

4. Passage en revue des lieux d’enquête

Jeudi 19 février, Londres, 1925.

Barrington passe à l’hôtel à 7h et nous emmène avec Flanagan à la boutique d’épices. Tout a disparu : plus de miroir, de fiole ou de sceptre. Nous repartons “brecouille, la queue entre les jambes” selon l’expression de mon oncle pêcheur.

Barrington nous amène ensuite au Vent d’Ivoire pour fouiller les cales. Des caisses sont ouvertes, les cargaisons éparpillées : des armes, des pièces archéologiques nombreuses (elles seront expertisées par le British Museum puis très certainement revendues) et la « machine ».

Cette dernière est composée d’un ensemble infini de pièces moulées, bien faites, d’un alliage ressemblant au titane. Impossible de deviner l’objectif de ces pièces.

Barrington demande si nous ne ferions pas mieux de les détruire car elles sont potentiellement dangereuses : nous sommes d’accord.

La fondation Penhew est trop sensible à “visiter”. Nous décidons de découvrir l’appartement de Gavigan mais repartons encore “brecouille”.

Nous décidons malgré tout de visiter le bureau de Gavigan à la Fondation Penhew accompagnés de deux constables supplémentaires.

Nous sommes accueillis soupçonneusement par le réceptionniste qui souhaite nous accompagner, il nous informe que Gavigan est parti en voyage pour affaires personnelles. Il verrouille la porte d’entrée, prétextant qu’il ne peut y avoir de visite s’il n’y a personne a la réception, et nous accompagne au bureau de Gavigan.

Nous fouillons le bureau sans succès. Le coffre repéré lors de nos précédentes visites est verrouillé et nous n’avons pas vraiment le loisir de faire appel à un perceur de coffre. Nous allons vérifier l’entrepôt : des caisses et un gros sarcophage en pierre, vide.

Flanagan découvre alors un passage secret en cliquant sur un oeil du sarcophage. Quel habile aventurier ce Flanagan, même diminué, il semble toujours avoir des éclairs de genie. Un moteur fait entendre des cliquetis, une volée de marche se découvre.

Le réceptionniste hurle et fonce sur nous : « Non ! Vous ne pouvez pas ! ». Les Bobbies le stoppent et l’embarquent. Nous descendons les marches et découvrons une petite pièce. Deux faux passeports britanniques ont été laissés sur un bureau, il doit certainement en manquer un, voire plusieurs, ils sont au nom de Royce Boughman et Earl Betts.

Il y a beaucoup de choses dans cette pièce : Des bas relief représentant des créatures immondes, des caisses, une bibliothèque contenant des livres d’occultisme, …

Le professeur Lexington trouve trois livres intéressants :

  • les Fragments de G’harne (anglais, livre connu de Lexington) ;
  • le Liber Ivonis (latin, traduction du livre d’Ivon écrit par « Ybon ? ») ;
  • le livre de Dzyan (anglais, livre inconnu).

Flanagan et moi allons ouvrir une caisse parvenue de Ho Fong Import et découvrons une grosse statue de femme énorme, boursouflée, ignoble… Une aura malsaine et immonde inonde l’atmosphère.

Flanagan semble perplexe en découvrant cette statue et est pris d’une amnésie soudaine : Lexington le rassure, mais Flanagan ne se souvient même pas d’être entré dans la Fondation. C’est peut-être un génie ce Flanagan, mais je le trouve un peu sensible. Encore un qui doit comprendre trop de choses.

Le professeur Lexington ouvre une autre caisse et trouve une statue ressemblant à une divinité que la professeur Cowles avait appelé “Ketulu”. Il découvre aussi une boite avec des écritures en argent: j’y reconnais un vagabond dimensionnel. Je ne me souviens pas plus d’où je peux tenir ça, certainement dans ce sombre ouvrage que je bouquine en ce moment. J’ouvre la boîte pour y trouver 2 petites dagues finement ouvragées.

Cette pièce est une vraie mine, je trouve aussi une urne marquée de hiéroglyphes (qui ne semblent pas égyptiens) contenant une poudre irisée. Nous nous emparons du coffret de dagues mais laissons l’urne.

Nous partons ensuite derechef nous mettre au vert, à Hillford, en suivant les conseils de Barrington. Un peu de repos ne sera pas superflu avant notre départ pour Le Caire…

Tags: , , , , ,

No comments yet.

Leave a Reply