Un petit mouchoir? Non merci…

Depuis une semaine, M6 fait du rabattage pour la diffusion des Petits mouchoirs de Guillaume Canet. A grand renfort de bande annonce, incrustation du titre toute la journée, interview du réalisateur au JT, tout y est passé pour faire le buzz. Le film passait hier soir et, comme sûrement plein de gentils téléspectateurs, je me suis bien fait baiser par la petite chaîne qui monte.

Les critiques étaient dithyrambiques, j’aurais dû me méfier. Les Inrocks, les Cahiers du cinéma, Chronicart, j’en passe et des meilleures, tous ont encensé un film personnel mettant en scène les vilains petits travers de chacun des personnages. Ajoutons à ça un casting alléchant (Dujardin, Cluzet, Magimel, Cotillard…) et vous devriez avoir quelque chose de plutôt réussi.

les_petits_mouchoirs_banner

Manque de bol: non. Je ne remets pas en cause le jeu des acteurs qui sont globalement plutôt bons mais je chie sur tout le reste.

Déjà, expliquez moi comment on peut réussir à mener un tel navet sur quasiment 3h? Même quand je suis transporté par l’histoire, j’ai de plus en plus de mal avec ces formats fleuves, ces films interminables qui nous en resservent jusqu’à la nausée pendant des heures. Le propos ne serait il pas plus efficace s’il était au moins un peu concis?

Plus pragmatiquement, l’histoire est convenue à un point qui en devient désagréable. Vous avez déjà joué à deviner la suite? Facile avec les Petits mouchoirs: les secrets cachés finissent au grand jour, l’amoureux éconduit retourne voir sa belle, l’accidenté laissé seul à l’hôpital meurt, tout est cousu de fil blanc de bout en bout. Désolé pour les spoilers, ça vous découragera d’autant plus de vous infliger cette bouse. J’en reviens alors à mon premier point: pourquoi faire si long si tout va se produire comme on l’imaginait au départ?

Comment faire pour remplir tout ce vide? Des scènes interminables de convivialité feinte entre des amis qui ne se supportent plus, une montée progressive (mais pas trop rapide, attention, on risquerait de rester évillé) du malaise qui s’installe entre eux. Bref, un ennui profond confirmé par les réseaux sociaux pendant la diffusion du film: tout ça pour ça?

Bref, je ne vais pas consacrer plus de mon temps à ce chef d’oeuvre qui aurait dû rester méconnu de tous. Si jamais vous avez besoin d’occuper les 2h34 du film avec un thème proche et beaucoup mieux traité, je vous conseille deux BD que j’ai beaucoup apprécié il y a quelques années: Petites éclipses et Week-end avec préméditation.

PetitesEclipses weekendavecpremiditation

Tags: , , , , , , , ,

No comments yet.

Leave a Reply