Cthulhu – Masques de Nyarlathotep – CR#11 bis

Depuis le départ de New York, mes joueurs étaient persuadés avoir raté des pistes concernant la mystérieuse négresse qui aurait envouté Carlyle: M’Weru. Ayant subi des pertes lors de la séance précédente, j’ai proposé plusieurs alternatives aux deux joueurs concernés.

L’une d’elles était de jouer un petit flashback New Yorkais et ils ont évidemment sauté sur l’occasion pour tenter de grapiller quelques informations supplémentaires. Je me suis servi de leur télégramme envoyé à Kensington à la mi février qui lui demandait de mobiliser son réseau: c’est exactement ce qu’il a fait!

Petite nouveauté, le scénar a été joué entièrement sur Skype et l’expérience était pertinente pour une session de ce genre (je veux dire en petit comité). J’ai également mené la session tambour battant en faisant la part belle à l’improvisation, excepté sur la liste des cultes vaudou qui est un recyclage de mes préparations new yorkaises non utilisées. Le tout a été saupoudré d’une bonne dose de pulp, en particulier le final, histoire que ce soit plus fun.

Mais je n’en dis pas plus, souhaitez la bienvenue à nos nouveaux « héros », Max Cardiggan et Shaun Harland!

dock_ny

Interlude New-Yorkais

1. Présentation

Session de jeu #11 bis:
Mardi 8 janvier 2013 via Skype

Investigateurs:
Shaun Harland, écrivain et collectionneur d’art
Max Cardiggan, reporter freelance de Chicago
Elliot Thompson, homme de main (et « gentil » PNJ)

Ci-après, un extrait des carnets de Max Cardiggan.

2. Evènements

Mercredi 18 Février 1925

Shaun Harland et moi-même, Max Cardiggan, recevons séparément un télégramme de l’un de nos contacts communs, l’éditeur Jonah Kensington. Il nous fixe rendez-vous le lendemain à son bureau de Prospero Press.

Jeudi 19 Février 1925, matin

Arrivés à Prospero Press, Jonah nous présente et nous demande de l’aide pour retrouver une femme, une négresse a priori liée à la tristement célèbre expédition Carlyle. Il y a quelques semaines de cela, des amis à lui ont été confrontés à un culte vaudou installé dans le Bronx : ils ont dû prendre des mesures radicales et dynamiter la boutique dans laquelle les adeptes se réunissaient.

Ce culte aurait été fréquenté il y a quelques années par cette négresse mystérieuse, M’Weru, et Roger Carlyle, le leader charismatique de l’expédition perdue. Ses amis l’ont récemment contacté et lui ont demandé de retrouver la trace de la négresse, étant eux-mêmes sur les pas de l’expédition disparue. Jonah Kensington est convaincu que nos compétences respectives en culture africaine et en investigation, renforcées par la présence musclée de son ami Elliot Tompson, permettrons de retrouver la trace de M’Weru.

L’après-midi

Shaun souhaite examiner le registre civil afin de retrouver la trace de la négresse. Elliot et moi-même l’accompagnons et j’en profite pour passer des coups de fils à quelques contacts histoire de voir si quelqu’un sait quelque chose sur les récents évènements survenus dans le Bronx. On me conseille d’aller faire un tour au Victoria’s Jazz Club, un club fréquenté du Bronx. Les recherches sur M’Weru dans le registre ne donnent rien.

Avant de nous rendre au Victoria Jazz Club, nous faisons un bref détour par la boutique dynamitée. Les amis de Kensington n’ont pas fait les choses à moitié et il ne reste plus qu’un tas de débris. Nous ne trouvons rien d’intéressant, tout a été enseveli dans les décombres, le lieu est abandonné et pas même un chat (kota) (NDMJ: j’aime beaucoup!) ne traine…

La soirée

Nous filons, la nuit tombée, au Victoria’s Jazz Club. Shaun et Elliot s’installent à une table et tendent l’oreille tandis que je pars discuter au bar avec le patron. Je lui montre le croquis de la marque sanglante retrouvée sur le front d’Elias Jackson et sur les cadavres des meurtres rituels sur lesquels j’avais enquêté. Il me dit ne rien savoir mais Elliot qui observe la scène à distance est persuadé qu’il ment. Je décide d’aller faire un petit tour dans l’arrière-boutique histoire de dégoter quelques indices compromettants. Je passe par les loges et les cuisines avant de trouver un petit bureau qui ne révèle malheureusement rien d’utile.

Dépités, nous décidons de sortir nous planquer et d’attendre la fermeture pour suivre le boss. Un black sort de l’établissement derrière nous et est visiblement chargé de nous filer le train. Je fais signe a Elliot que l’on est suivi et au détour d’une ruelle, je me planque derrière un gros tas d’ordures. Malgré mes efforts, il me repère et je suis obligé de lui sauter dessus pour tenter de le maitriser afin de l’interroger. Il prend la fuite et, tentant de le poursuivre, je m’étale lamentablement et douloureusement sur les pavés (premier fumble 00).

Elliot est vite distancé mais à ma plus grande surprise, ce diable de Shaun, avec sa petite bedaine, arrive sans souci à ne pas se laisser distancer. Il gagne même du terrain ! Cependant, réalisant que même s’il rattrape le black, il ne pourra pas le maitriser seul, il le laisse s’enfuir avant de revenir au club. Nous décidons des actions suivantes : je donne les clefs de mon appartement à Shaun et Elliot où ils m’attendront pendant que je filerai le patron du jazz club, une tâche dans laquelle j’excelle seul.

La nuit

La filature se déroule sans souci. A la fermeture, le patron et son épouse prennent un taxi qui les

conduit devant un immeuble d’un quartier crasseux de l’East Side. Un grand black sort de l’immeuble et leur passe visiblement un savon avant de remonter chez lui. Je décide de laisser filer le couple, petits poissons d’une organisation douteuse, pour planquer face à l’immeuble du grand black, apparemment plus haut dans la hiérarchie. Le froid new-yorkais manque de me tuer et m’oblige à me réfugier dans le hall d’un immeuble pour éviter la pneumonie.

Vendredi 20 Février 1925, matin

Au petit matin, je file le grand black qui part travailler aux docks. Je retourne chez lui pour fouiller tranquillement son appartement et interroger ses voisins. Son taudis ne contient rien d’intéressant à part quelques oeuvres d’art africaines étranges dont je fais rapidement des croquis. Les voisins ont peur de ce monsieur, qui s’appelle au passage M’Dari ; superstitieux, ils me disent qu’il a le mauvais œil. Exténué par une nuit sans sommeil et par le froid, je rentre chez moi relater mes découvertes à Shaun et Elliot avant de m’effondrer dans le sofa. Shaun n’est pas sûr a 100% mais nos indices pointent visiblement dans la même direction, le Kenya…

La journée

Shaun profite de la journée pour faire des recherches à la bibliothèque sur les cultes vaudou. Il se trouve que nombre de ceux-ci existent à New-York : les Yeux Blancs, le Retour de l’Etre, les Amis de Mamie Wata, etc. Ce dernier groupe vénère une déesse de la mer apparemment bénéfique. Shaun se souvient avoir vu un jour près des docks un boui-boui appelé Chez Mamie. Coïncidence ou pas, Shaun et Elliot se rendent Chez Mamie ou ils font la connaissance d’une vieille dame qui se fait appeler Mamie et vient d’Haïti.

Elle sert une soupe bien pimentée et entretient un petit autel dédié à la déesse de la mer dans un coin de son troquet. Mamie connait le culte impie du Bronx qui fréquentait la boutique dynamitée. Elle sait aussi que M’Weru travaillait comme danseuse au Victoria’s Jazz Club mais que personne ne l’a vue depuis longtemps. Elle propose à Shaun de repasser le surlendemain pour lui laisser le temps de glaner plus d’informations auprès de ses amis.

La soirée

Nous décidons de filer M’Dari le soir même afin d’identifier d’éventuelles activités nocturnes. Nous le suivons jusqu’aux docks où il entre dans un vieux hangar avec un grand nombre d’autres personnes, des noirs mais aussi quelques blancs. Le bâtiment possède de hautes fenêtres. Elliot et Shaun me font la courte échelle pour d’observer les agissements intérieurs. Il s’agit d’une cérémonie vaudou où une trentaine de personnes sont regroupées autour de M’Dari, torse nu, scarifié, portant une étrange coiffe rouge. Certains sont armés de larges machettes. Je reconnais dans cette foule le patron du Victoria’s et sa femme.

L’assemblée s’agite de plus en plus ; M’Dari veut reprendre les meurtres rituels et ils amènent au centre de leur cercle un pauvre malheureux ligoté. Nous ne pouvons rien pour lui. M’Dari fait signe d’amener quelque chose et ils lâchent sur leur victime une grosse limace abominable qu’ils appellent un Chakota. La chose dévore le pauvre malheureux vivant et ses cris hanteront mes nuits pendant longtemps. Chose encore plus horrible, le visage du malheureux est comme absorbé par la limace et apparait sur son corps visqueux ! Je manque de m’évanouir devant cette vision d’effroi et nous fuyons en toute hâte ce lieu maudit.

Samedi 21 Février 1925

Nous profitons de la journée pour nous reposer et nous remettre de nos émotions, surtout moi. Shaun, qui n’a pas assisté directement à la scène, me croit sur parole quant au mal primitif que j’ai vu à l’intérieur. Nous décidons d’éliminer cette bande de fous une bonne fois pour toute en mettant le feu au hangar lors d’une de leurs cérémonies abjectes. Elliot est dubitatif mais nous suivra dans notre entreprise.

Dimanche 22 Février 1925

Comme convenu, nous retournons voir Mamie et lui relatons le funeste spectacle auquel nous avons assisté. Elle nous apprend que M’Weru a quitté les Etats-Unis peu de temps avant le départ de l’expédition Carlyle. Son bateau partait pour l’Afrique : elle s’est probablement rendue au Kenya (ou en Egypte) et s’y trouve peut-être encore… Mamie nous confie aussi trois hommes de son entourage pour nous épauler dans la tâche infâme qui nous attend au hangar.

23 Février 1925

Prêts à agir, bidons d’essence et cocktails Molotov à proximité, nous passons la journée et la nuit à surveiller le hangar mais rien ne se passe.

24 Février 1925

Il semble que le culte noir ait décidé de se réunir de nouveau ce soir. Nous passons à l’action dès que la cérémonie atteint son apogée. Avec l’aide des hommes de Mamie, nous cadenassons les portes et arrosons d’essence le tour du hangar. Nous sommes surpris dans nos préparatifs par deux cultistes retardataires et une brève altercation s’ensuit où Elliot fait ses preuves au pistolet. Nous lançons nos cocktails Molotov par les fenêtres et l’édifice prend feu rapidement. Des cris horribles s’élèvent de l’intérieur. Soudain, la porte du hangar cède et des cultistes en flamme viennent s’effondrer dehors dans d’horribles râles d’agonie, d’autres réussissant à fuir.

Une silhouette cependant semble résister au feu purificateur : M’Dari, entouré de flammes, se met à psalmodier un chant impie. Pendant qu’Elliot tente de l’atteindre dans la cohue, je saute dans le camion qui nous avait servi à transporter l’essence et fonce vers le chef du culte à toute vitesse. Il lance une imprécation rituelle et l’un des hommes de Mamie s’effondre, réduit en cendre par le sortilège noir. Au dernier moment, je saute du camion (deuxième fumble 00) qui vient écraser sur M’Dari contre le mur du bâtiment en feu. La violence du choc m’envoie au tapis et je n’entends heureusement pas le cri inhumain poussé par le Chakota mourant.

25 Février 1925

Nous faisons notre compte-rendu à Jonah Kensington : la tête du culte innommable a été éliminée, un grand nombre de ses membres tués et une créature maléfique, qui aurait pu faire beaucoup plus de dégâts si elle avait atteint sa taille adulte, renvoyée en enfer.

Jonah nous conseille de retrouver ses amis partis pour l’Egypte afin de les prévenir et de les aider dans la mesure du possible. Il nous réserve une traversée vers Port-Saïd et demande à Elliot de nous accompagner pour nous prêter main forte.

Tags: , , , , ,

4 Responses to “Cthulhu – Masques de Nyarlathotep – CR#11 bis”

  1. Dae 15 mars 2013 at 16:33 #

    C’est pratique sur Skype ? J’ai vu qu’il y avait un truc un peu plus orienté jeu de role : http://roll20.net/

    Jamais utilisé cela dit…

  2. bintz 15 mars 2013 at 18:09 #

    Franchement ça va nickel tant que t’as pas à faire des plans avec figus et trucs du genre. De toute manière même sur les séances normales on a 2 joueurs (sur 6) qui sont quasi toujours sur Skype. L’inconvénient c’est qu’on fait ça avec un compte gratuit donc pas de vidéo mais c’est pas vraiment génant.

    Sur les logiciels, un pote m’avait également conseillé Rolistik (ou un truc dans le genre), apparemment bien foutu mais j’ai pas vraiment ressenti le besoin d’utiliser ce genre de truc jusqu’à présent.

Trackbacks/Pingbacks

  1. Cthulhu – Masques de Nyarlathotep – Cardiggan et Harland | bintz.fr - 29 mars 2013

    [...] ça pour dire que, comme vous avez déjà pu le constater, deux PJ ont rejoint le groupe et il fallait donc vous les [...]

  2. Cthulhu – Masques de Nyarlathotep – CR#22 | bintz.fr - 19 mai 2015

    [...] positif, Cardiggan se fabrique un fétiche le plus identique possible à celui que lui avait offert Mami Wata à New York. Il adresse une prière à Agwe, le loa tutélaire de la vieille femme, alors qu’il revêt le [...]

Leave a Reply