Delta Green – Foi ardente

Delta Green, souvenez vous! J’ai bel et bien relancé la machine comme annoncé mais pour l’instant nous sommes bloqués après le premier scénar. Malgré tout, ça présage plein de bonnes choses et des joueurs plus que motivés.

Pour ce premier chapitre, sympathiquement intitulé « Foi ardente », j’ai proposé à deux joueurs une petite production maison sans prétention. L’objectif? Trouver un prétexte pour une intégration potentielle dans l’organisation. Je n’ai pas vraiment de scénario à publier mais je peux refiler mes notes si jamais quelqu’un est intéressé pour le faire rejouer. En attendant, je vous laisse avec le compte rendu à la fin duquel vous trouverez une petite playlist made in 1999.

dg-foi-ardente

Agents mobilisés:
Sergey Volski, FBI (agent spécial)
Neil Strauss, FBI (analyste informatique)

Rapport:

Mardi 9 juin 1999, New York

Dès son arrivée au 26 Federal Plaza, l’assistant director Kersh convoque Volski dans son bureau. Compte tenu du congé maternité de sa partenaire, Claudia Salgado, on lui affecte son camarade du club d’échec: Neil Strauss. La décision surprend Volski car Neil n’est pas un homme de terrain, cantonné habituellement à la compilation de données informatiques.

Kersh explique qu’il est mécontent du travail de l’analyste et espère que le terrain lui mettra du plomb dans la tête, Sergey sent toutefois que le directeur applique des directives venant d’en haut.

Mais venons en aux faits: les agents sont chargés d’une enquête portant sur la mort de Tim Kuzma, patron de l’usine Waste Management (traitement des déchets) se trouvant à Toms River, 1298 Industrial Way, New Jersey. Il a été retrouvé la veille par un collègue, Barney Olsen, dans sa maison d’Avon-by-the-sea, NJ, au 104 Woodland Lane, le corps entièrement calciné.

Le premier réflexe de Volski est de prendre les choses en main pour éviter à Neil de faire un faux pas. Il passe un coup de fil aux pompiers d’Avon qui lui expliquent étrangement qu’il n’y a pas eu de feu, il contacte ensuite la police pour éviter que l’autopsie commence sans eux. Pendant ce temps Strauss rassemble des informations sur Waste Management qui n’apportent pas vraiment de piste: la multinationale a des succursales dans tout le pays et Kuzma était le directeur de celle de Toms River, Olsen était son adjoint.

Avon-by-the-sea

Vers 11h30, le duo arrive sur place. Le patrouilleur Pecelli monte la garde mais laisse vite entrer nos hommes après présentation de leurs badges. Ils sont rapidement rejoints par Mahon et Capacioni, respectivement responsables de la police et des pompiers.

La scène du crime est déroutante: seule une fenêtre a été brisée et la cuisine semble intacte à un détail près, une grosse zone brûlée au sol à proximité de la table. La victime s’apprêtait apparemment à prendre un bol de céréales. Rien n’a semble-t-il été fouillé ou dérobé. Volski prélève quelques échantillons sur les zones calcinées pour les faire analyser.

Après un bon repas, les agents rejoignent le docteur Welkin pour l’autopsie en début d’après-midi. Le corps est complètement carbonisé, impossible d’identifier la victime autrement que par sa dentition, la température a dû être particulièrement élevée pour arriver à un tel résultat.

La mort remonte à la nuit de samedi à dimanche. L’étude révèle également plusieurs petits impacts circulaires de la taille d’une grosse balle de tennis, ils semblent être à l’origine des brûlures même si ces dernières sont généralisées sur tout le corps. La chaleur venait de l’extérieur ce qui écarte l’hypothèse farfelue (et scientifiquement discutable) de Strauss concernant une combustion spontanée.

La fin d’après-midi est consacrée à une nouvelle visite du logement de Kuzma en compagnie des pompiers. Aucun nouvel élément ne vient éclairer l’affaire et les agents décident de mener une enquête de voisinage. Mrs Woods, une vieille dame habitant dans la maison la plus proche, a vu un phare très puissant au travers des rideaux, probablement une voiture, c’était samedi soir. Elle pense avoir entendu un cri quelques instants plus tard mais a pensé que ce devait être la télévision. Les voisins d’en face, Mr et Mrs Antony n’ont rien remarqué de particulier. Pour eux, Kuzma était un homme sans histoire.

New York, dans la soirée

Sur le retour, Neil fait un crochet au labo pour déposer les échantillons et rate une fois de plus le dîner familial. Elena ne manque pas de lui faire remarquer. Avant de se coucher, alors qu’il s’apprête à éteindre son PC, il reçoit un étrange mail. Celui ci ne contient ni expéditeur, ni sujet, seulement un bref message: “Ne laissez pas trainer vos preuves au bureau”. Préoccupé, il rejoint sa femme et peine à trouver le sommeil.

De son côté, Volski contacte un expert du Bureau spécialisé dans les incendies, il ne trouve pas d’explication logique à ce qui s’est passé: si le corps a été brûlé de cette manière, la maison devrait être réduite en cendres.

Mercredi 10 juin 1999

Au petit matin, les agents passent rapidement au Bureau pour s’assurer qu’aucun papier concernant leurs enquêtes en cours ne traine puis filent vers Toms River pour interroger les employés de Waste Management. Olsen paraît désemparé suite à la disparition de son boss. Il convient que l’homme n’était pas facile à vivre mais ce n’était pas un mauvais bougre.

Il laisse les investigateurs aux bons soins de Miss Rivers, la secrétaire de Kuzma. Elle leur fait faire le tour du propriétaire: l’usine de traitement des déchets est bien tenue et semble répondre aux besoins locaux, traitement des déchets ménagers, enlèvement des encombrants, etc… Volski demande à la secrétaire d’organiser une entrevue dans l’après-midi avec quelques personnes prises au hasard.

Sur les coups de midi, Strauss et Volski rentrent brièvement à NY pour y récupérer les analyses. Il y a du nouveau, les échantillons sont radioactifs! Ils décident de s’armer d’un compteur Geiger et de revenir sur les lieux du crime.

Sur place, le compteur répond positivement au niveau des zones brûlées. Volski décide de prévenir directement le shériff pour établir un périmètre de sécurité. Ce dernier insiste pour prévenir la CDC, malgré les protestations de Strauss et Volski. Ils arrivent toutefois à le convaincre de contacter eux même l’agence.

Un certain McDowell sera chargé de l’affaire côté CDC, il sera sur place dès le lendemain, l’affaire semblant sérieuse.

Entre temps, la soeur de Kuzma, Catherine, est arrivée de Philadelphie pour récupérer le corps. On lui explique que l’enquête étant en cours, il ne pourra lui être rendu que dans 48h. Volski en profite pour l’interroger sur la vie de son frère qui semble assez pauvre socialement mais rien ne dénote d’un problème quelconque.

La fin d’après-midi est consacrée aux interrogatoires à Waste Management. Rien de bien probant si ce n’est un sentiment général d’indifférence. Kuzma était particulièrement dur avec ses employés et sa mort n’émeut pas grand monde. Paul Arthur, le responsable qualité, évoque notamment une violente altercation entre son chef et deux employés le samedi après-midi.

Les deux concernés sont John Drushel, un jeune repris de justice et Klemens Czapka, un homme à l’allure austère. Volski, malgré les protestations de Strauss, décide de se rendre au domicile de Drushel pour “lui mettre la pression”.

Le jeune homme s’effondre, expliquant qu’il ne veut pas retourner en prison, qu’il n’a rien fait, qu’il est en réinsertion. Volski est certain que c’est du cinéma, il faudra le surveiller de plus près les jours qui viennent.

Pour une fois, Neil rentre chez lui à l’heure, il a même le temps de lire une histoire à Julia avant de la coucher. Cependant, l’affaire le turlupine, il surveille sa boîte mail toute la soirée mais elle reste désespérément vide.

Jeudi 11 juin 1999

Alors que les agents dissertent dans leur bureau sur la marche à suivre, Kersh entre accompagné de l’agent Andrews de la CIA. En jetant un oeil à son ordinateur, Neil a juste le temps de voir un message du mystérieux M lui indiquant de ne surtout pas donner les informations à cet homme. Pourtant, Volski crache le morceau pour Drushel et Andrews leur indique qu’ils sont officiellement relevés de l’affaire qui tombe maintenant sous sa juridiction.

Peu de temps après, Kersh les convoque dans son bureau et leur demande “en off” de continuer l’enquête 24h, il ne pourra pas les couvrir plus longtemps. C’est louche que la CIA récupère une affaire de ce genre et ça ne lui plait pas beaucoup.

Les deux agents filent en vitesse à Avon pour investiguer au domicile de Czapka. Ce dernier habite dans une maison isolée de Shark River, le coin est austère et vaguement crade. Conscient que quelque chose de pas très net est en train de se tramer, ils ne cogitent pas longtemps avant de rentrer par effraction dans la bicoque, profitant de l’entrée de derrière.

La décoration est plus que sobre, tout est rangé, aligné et des crucifix ornent chacune des portes de la demeure. Dans la chambre, Volski trouve une bible particulièrement ancienne qui semble être écrite en polonais. En l’examinant rapidement il note un petit texte manuscrit sur une page vierge à la fin du livre.

Après avoir déchiré la page, ils sautent dans leur voiture et rentrent à New York sans demander leur reste. Ils montrent rapidement leur indice à un agent du service linguistique qui leur traduit sur un bout de papier: ainsi il n’y aura aucune trace. On dirait une sorte de prière évoquant Dieu et un feu purificateur… La coincidence avec la mort de Kuzma est plus qu’étrange.

Ils entament alors une étude méthodique du cas Czapka et se rendent vite compte qu’il apparaît dans un rapport de la FinCEN. Il semblerait qu’il ait été impliqué dans l’incendie de la mercerie familiale dans une petite ville de Pennsylvanie. L’assurance, incapable de prouver sa culpubalité (absence de trace de combustible ou de source connue du feu), lui aurait versé une belle somme lui permettant de refaire sa vie ailleurs… en l’occurence dans le New Jersey.

La journée avance et tout semble indiquer que Czapka est le meurtrier, mais comment a-t-il déclenché ce phénomène pyrotechnique? Alors que les questions se bousculent, Strauss reçoit un nouveau mail de M qui leur donne rendez-vous le soir même dans la salle 4 d’un cinéma, le Show Follies, sur la 8th avenue. Il leur demande d’amener toutes les preuves qu’ils auraient pu récolter au cours de l’affaire. Avant de s’y rendre, ils vont voir Kersh pour lui expliquer que l’investigation n’a rien donné et qu’ils lâchent l’affaire, le mensonge passe inaperçu.

Dans la soirée

Il s’avère que le point de rendez-vous est un peep show. Les agents un peu mal à l’aise prennent un billet pour la salle qui leur a été indiquée. Peu de temps après, un homme entre, s’assoit derrière eux et allume une cigarette. “Ne vous retournez pas!”, leur lance-t-il d’une voix dans laquelle transparaît une bonne dose de stress. Il leur explique qu’ils ont été “testés” sur cette affaire, qu’il fait partie d’une organisation qui lutte contre le paranormal mais que d’autres individus peu recommendables souhaitent maîtriser certaines forces qui devraient rester inconnues de l’homme pour son bien. Leurs compétences respectives intéressent ses chefs, c’est pourquoi il les a “supervisé”.

“Avez-vous les preuves?”. Volski sort la page et sa traduction avant de les tendre à M. Celui-ci s’empresse de les brûler avec sa cigarette. “C’est mieux ainsi…” souffle-t-il dans un murmure enroué.

Il leur explique alors qu’il leur laisse quelques jours pour réfléchir. S’ils veulent s’enrôler, il leur donnera les informations nécessaires. Si non, ils n’entendront plus jamais parler de lui mais qu’ils ne s’avisent pas de l’ouvrir à ce sujet.

Un bref silence s’installe et, alors que Volski se retourne, l’homme est parti, laissant derrière lui un mégot de Kool encore fumant.

Mercredi 12 juin 1999

Alors que Georges W. Bush, sénateur du Texas, annonce qu’il sera candidat à l’investiture républicaine, Strauss passe un coup de fil à Waste Management par acquis de conscience. Ni Czapka ni Drushel ne se sont rendus au travail aujourd’hui… ni les jours qui suivront d’ailleurs.

Samedi 15 juin 1999

Un nouveau message de M leur donne rendez-vous au même endroit que lors de leur première rencontre. Anxieux, ils s’y rendent dans l’espoir d’en savoir plus et d’éviter que ce genre de drame se reproduise. Strauss est toutefois tiraillé entre son envie de combattre le crime et sa famille qui pâtira sans aucun doute de son choix.

M se présente à eux comme Marcus. Il sera un de leurs contacts. L’organisation s’appelle Delta Green et lutte contre toute manifestation du paranormal: toute trace de magie, de créatures étranges ou autre joyeuseté doit être éradiqué pour le bien de l’humanité.

Il leur explique brièvement le fonctionnement sous forme de cellules indépendantes et insiste sur le secret qui doit être maintenu autour de l’organisation. Personne ne doit savoir: ni leur famille, ni leurs amis, ni leurs collègues. A ce propos, ils seront dorénavant connus sous un nom de code. Sergey sera Ulric, Neil sera Ulysse, tous deux membres de la cellule U.

Avant de partir, il leur laisse un dossier qu’il leur demande de détruire après lecture, il comporte le strict minimum qu’ils doivent connaître. Il leur remet également un téléphone portable accompagné d’une carte de communication d’une obscure compagnie costaricienne: c’est par là qu’on les contactera ou par mail crypté.

“Bienvenue dans la famille messieurs”.

Bande Originale:

  • (intro et thème d’ouverture/fin du scénario) The Chemicals Between Us – Bush
  • Collective Soul – Heavy With Lyrics
  • Everlast – What Its Like
  • Garbage – I Think I’m Paranoid
  • Jerry Cantrell – Cut You In
  • Korn – Falling Away From Me
  • Korn – Got The Life
  • Limp Bizkit – Nookie
  • Massive Attack – Angel
  • Orgy – Blue Monday
  • Portishead – Only You
  • Red Hot Chili Peppers – Scar Tissue
  • The Wallflowers – Heroes

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