Warhammer – Campagne Impériale – CR#4

Après une visite à la Schaffenfest et une balade dans les égouts, nous avons pu attaquer les choses sérieuses. J’ai vraiment pris mon pied sur cette partie qui s’est en réalité déroulée en deux sessions histoire de pouvoir la finir dans de bonnes conditions d’où le compte rendu fleuve qui suit mais allez au bout, ça vaut le coup!

Chapeau à notre MJ pour l’ambiance apocalyptique du final et surtout à Boris, le garde du corps du Ritter, qui aura accompli une des plus belles actions héroïques de ma carrière de rôliste. Mais je ne veux pas vous spoiler plus que ça et je laisse la parole à mon alter ego.

bogenhafen-nuit

Toujours le 3 de Pflugzeit:

Nous décidons de passer le reste de la matinée au temple de Verena plutôt que de rendre visite au culte de Sigmar, nous voulons préciser quelques informations qui ne nous semblent pas claires. Greta Harkbokka, la grande prêtresse, nous reçoit de nouveau.

Bögenauer est un vrai dieu en tant que tel et non un aspect d’Handrich. L’Ordo Septenarius qui est dédié à ces deux dieux est censé être uniquement composé de marchands. Bref, nous ne voulons pas importuner plus longtemps la prêtresse et regagnons notre auberge pour discuter de la marche à suivre.

A midi nous retrouvons Wulfy qui était chargé de faire le guet devant la boutique des notaires de l’héritage au cas où la zone serait surveillée. Il nous explique qu’il a eu quelques ennuis tout simplement car la rue indiquée sur le parchemin n’existe pas à Bögenhafen! Nous le chargeons d’arpenter la ville, cette fois à la recherche de la zone correspondant à la porte des égouts: c’est l’auberge des Lances croisées. Il repart ensuite auprès de Josef pour faire son travail, il a bien trop traîné avec nous ces derniers jours.

Une lettre nous attendait à l’auberge, adressée aux aventuriers partis à la recherche du gobelin à trois jambes. Nous devons nous rendre au secrétariat de l’hôtel de ville. Devant le bâtiment, un attroupement de gens déblatérant à propos d’un fou: apparemment un prédicateur s’est mis devant le parvis, parlant d’une malédiction sur la ville, de la lune… cela nous parle!

Nous sommes reçus à la mairie par le secrétaire Heymans. Il note bien tout ce qui s’est passé et nous explique qu’il faudra que nous quittions l’auberge qui nous a été offerte dès le lendemain car la Schaffenfest se termine. Nous acquiesçons et signons la déposition. Avant de partir, je propose mon aide au vieil homme pour gérer sa paperasse mais il n’a pas besoin de moi.

Le Ritter lui demande alors, l’air de rien, s’il sait qui était le fauteur de trouble ayant provoqué l’attroupement, il nous indique qu’il faudra poser la question à la milice ou aux juges. Toutefois, nous apprenons que le juge Richter est tombé malade, le capitaine l’aurait visité dans la matinée et serait bizarrement sorti en souriant… il n’est pourtant pas réputé pour être un rigolo.

Nous nous rendons donc au tribunal de la Schaffenfest dans l’espoir d’y glaner des informations sur ce mystérieux prédicateur ou sur l’état du juge. En chemin, nous nous faisons alpaguer par Malthusius qui est étrangement amical pour un montreur de mutant. Je lui redis tout le “bien” que je pense de sa pratique mais il insiste qu’il est étrange que les restes de son gobelin ait été retrouvés dans un hangar des docks.

A notre grande surprise, il insiste sur ce point et nous le corrigeons, confirmant bien que les ossements ont été retrouvés dans les égouts. Apparemment il est bien d’accord mais la version officielle semble différer. En faisant jouer notre mémoire à court terme, nous réalisons que nous avons signé une déposition indiquant justement que le cadavre a été retrouvé dans un entrepôt… mais pourquoi modifier de la sorte la réalité à notre insu?

C’est en tout cas l’heure du repas et Boris achète une grosse tourte auprès d’une carriole de la famille Préfleuri. Le reste de la troupe se contente d’un bon ragoût bien de chez nous. A notre grande surprise, nous apercevons Elise Magirius dans la foule. Le Ritter, tout sourire, se présente à elle, mais ses habits de voyageur ne paraissent pas familiers à la jeune fille. Après lui avoir rappelé l’épisode de l’embuscade, elle nous remet et une courte discussion s’ensuit au cours de laquelle nous apprenons que Rolf, son cocher, a disparu la veille et que cela l’affecte beaucoup. Elle nous propose de passer la voir si besoin.

Au tribunal

Au tribunal, nous apprenons que c’est le juge Gorvins qui est de permanence. Nous attendons d’être reçus quand le capitaine Reiner Gortrin Kreuzberg fait son entrée. Il nous explique que le prédicateur s’appelle Ulthar le fantasque et qu’il vit dans la Fosse, la zone la moins recommandable de la ville. C’était un proche de Karl Teugen, mort tragiquement de maladie il y a quelques années.

Nous essayons de savoir ce qui s’est passé chez le juge Richter mais il nous dit ne pas l’avoir vu depuis la veille à la Truite dorée, un club privé. Il a de plus l’air un peu perdu dans son emploi du temps. Aurait-il été envouté? Est-ce encore là l’oeuvre d’un changeforme?

Gorvins nous reçoit enfin, il est bien plus revêche que son collègue et nous dit directement que Greta, la prêtresse de Verena, lui a indiqué que nous avons trouvé des parchemins bizarres. Nous sommes très surpris de cette révélation et nous apprenons qu’un document serait tombé d’un livre que nous avons consulté. Le jeune scribe qui l’aurait ramassé s’en serait trouvé particulièrement choqué car il retrace l’étrange maladie dont souffrait Karl Teugen. Ce dernier est mort il y a environ deux ans et Ulthar était alors le chef de la guilde des artisans.

Des forces extérieures auraient été en oeuvre dans cette maladie ou peut être… un ennemi intérieur. Réticents à l’idée de nous confier pleinement au juge, il nous indique toutefois qu’il est interrogateur… cela ne nous parle pas plus que ça. Mais nous lui confions tout de même quelques éléments de notre enquête, entre autre le comportement étrange de Reiner.

Il nous demande alors de sortir, s’entretient avec Reiner et nous donne congé. J’entends toutefois une partie de la discussion et ils ont l’air interpellé par nos révélations. Le capitaine accepte de nous accompagner jusqu’à la demeure du juge Richter.

Chez Richter

Sur l’Adel Ring, Reiner nous fait la visite des plus belles demeures de la ville appartenant aux grandes familles marchandes. A notre arrivée chez le juge, un médecin, habitué de la famille Von Saponatheim, est justement en train de sortir. Il nous confirme qu’il a bien vu le capitaine ce matin, ce dernier est très étonné. La gouvernante confirme également cette version.

Je me rends au chevet du juge avec le médecin. Il a pratiqué de nombreuses saignées et l’état du patient est critique. Il est gonflé et tout son corps porte des traces de magie obscure. Ce n’est pas bon signe mais mes pouvoirs ne peuvent rien face à un tel maléfice. Les symptômes sont identiques à ceux décrits dans le parchemin d’Ulthar.

Au passage, nous apprenons que Von Tassenink est toujours bloqué à une trentaine de kilomètres de la ville et que cela ne présage rien de bon. Après discussion sur la suite à mener, nous décidons d’aller solliciter la prêtresse de Shallya, Marlène Rubenstern, qui devrait être à même de soigner Richter. Il n’y a apparemment pas de magus affecté à la ville.

Au temple de Shallya

La nuit est déjà tombée et le temple est une sorte d’hospice ou d’infirmerie où se pressent les indigents pour mendier un bol de soupe. La prêtresse est malheureusement absente, en visite dans la Fosse pour s’occuper des plus pauvres.

Reiner nous laisse alors que nous décidons d’attendre son retour. Quand elle revient, nous lui exposons le problème mais elle nous indique que ce genre de sortilège est au delà de ses pouvoirs. Je trouve ça louche mais cette ville ne semble pas réellement bien dotée en matière de magie…

Dépités, nous rentrons nous coucher pour notre dernière nuit aux frais de la localité.

4 de Pflugzeit:

La nuit a été longue et nous émergeons tous plus tard que prévu. Le plan est de nous rendre dans la Fosse pour confronter le fameux Ulthar, le capitaine nous accompagnera. Ce dernier s’est souvenu entre temps que le maire (Johanes Teugen), souhaitait voir le juge la veille que la maladie se déclenche.

Avant de passer le bac pour la Fosse, nous croisons une carriole de tourtes de la famille Préfleuri. Quelques mètres plus loin, le Ritter se rend compte qu’un papier lui a été glissé dans la poche. “Où en êtes-vous de l’héritage?”. Maudits halflings! Je savais qu’ils nous causeraient du tord. Mais alors que nous devisons discrètement à propos du message, la vérité nous saute au visage: le Ritter s’est présenté tout le long comme Von Rudigheim et non comme Kastor! Difficile d’aller réclamer l’héritage dans ces conditions…

Dans la Fosse, personne n’a vu Ulthar prendre le bac aujourd’hui comme il le fait d’habitude. Inquiets, nous nous rendons à la bicoque que l’on nous indique. Personne ne répond et nous ouvrons la porte sans problème. Là, gît l’infortuné Ulthar recrovillé, la gorge ouverte. D’une main ensanglanté, il a écrit le message suivant: “J’en vois 7, j’en vois 9, tout ce qu’ils avaient sera à moi, à moi, à moi, l’étoile dans le cercle est le signe de la mort, attention à l’homme qui n’est pas un homme.”

Sur le cadavre je trouve un pendentif en forme d’étoile, symbole de la famille Teugen, les initiales K.T sont gravées au verso. L’endroit est extrêmement sale, grouillant de puces mais la poussière nous permet de détecter l’absence d’un objet: a priori un gros livre.

Sur le retour, Reiner repart vaquer à ses occupations et nous décidons de faire un détour par les docks pour explorer le hangar où le gobelin aurait été retrouvé. Le seul garde est fin saoul et nous entrons sans mal pour y trouver quelques rares caisses de vin. Sans intérêt si ce n’est qu’il appartient à la famille Steinhäger.

Après-midi

Nous profitons de l’après-midi pour nous séparer en deux groupes. Boris se rend chez Steinhäger afin d’en savoir plus sur cette histoire de gobelin. De mon côté, je retourne au temple de Verena avec le Ritter pour chercher des informations sur l’étrange maladie mais aussi sur les familles de la ville.

A propos de la maladie, nous trouvons des informations la liant au passé sombre de Mordheim. Elle aurait été traitée par les soeurs de la foi et de la chasteté (soeurs de Sigmar). De manière plus locale, nous tombons sur un écrit du docteur Reinhort, probablement un aïeul du Reinhort actuel à propos d’épidémies ayant touché la ville il y a une trentaine d’années… mais rien de probant.

Au sujet des familles, nous apprenons que la famille Teugen est très puissante (elle dirige la ville) et qu’elle a déjà eu des démêlés avec Richter. Un des frères de la famille (Johannes), déshérité, est parti à Nuln. Il serait revenu il y a deux ans après la mort de Karl pour assister aux funérailles et serait resté depuis, il aurait fait une autre visite rapide avant la maladie. Il aurait également un cousin à Nuln nommé Gideon. Financièrement, la situation est bien meilleure à Bögenhafen depuis le retour de Johannes. Tout cela ne semble pas très net… nous obtenons quelques renseignements supplémentaires mineurs sur les autres familles avant de passer à autre chose.

Nous faisons une dernière recherche sur le titre de Magister Impedimentae, nous apprenons que l’aspect “impédiment” se rapporte à quelque chose qui bloque le progrès… Cela reste bien vague.

Nous rejoignons Boris qui s’est fait un nouvel ami, un certain Egon à la mine patibulaire qu’il aurait croisé dans le passé… Boris a décidément d’étranges fréquentations mais comme on dit toujours: il gère nos relations, je gère notre pognon! Par contre aucune information à tirer de Steinhäger.

Le soir

Nous décidons de passer la soirée à la Truite dorée. Après quelques pourparlers pour rentrer, le Ritter, dans ses plus beaux atours, peut monter à l’étage réservé aux gens importants pendant que nous restons au bar où se retrouvent les gardes du corps et autres hommes de main.

Quelle n’est pas sa surprise quand il aperçoit un homme seul à une table et ressemblant fortement à Elise Magirius! Identifiant donc son père, il décide de jouer le tout pour le tout et s’invite à sa table en se présentant comme le chevalier ayant sauvé sa fille.

Le stratagème fonctionne et s’ensuit une longue discussion bien arrosée au cours de laquelle le Ritter aborde plusieurs sujets. Il entame sur la météo qui semble bien étrangement changeante en ville mais cela ne semble pas choquer Magirius. Par contre, quand le sujet Teugen est abordé, il apprend que le bourgmestre a pris ses responsabilités depuis son arrivée. Entendre qu’il s’appuie sur les guildes et les petites familles, cela semble bien marcher mais n’est certainement pas du goût des autres grandes familles, en particulier des Ruggbroder.

Le sujet Richter est ensuite abordé. Cela semble peiner Magirius qui devait en fait dîner avec lui ce soir mais aucune autre information ne transparaît. Avant de sombrer définitivement dans les vapeurs alcooliques, Von Rudigheim évoque l’Ordo Septenarius à mots couverts. Il apprend alors que le 7 est un symbole magique, qu’il y a 7 cercles de 7 adeptes pour un total de 49 personnes. Magirius est persuadé des buts altruistes que sert la confrérie. Teugen, plusieurs conseillers municipaux ainsi que des membres de la guilde en font partie. Quelques conflits internes concernant l’aide aux pauvres animent le groupe mais rien de bien méchant.

Pendant ce temps, Boris, Egon et moi discutons avec les sous-fifres. Nous apprenons que Rolf, le cocher des Magirius, était un joueur. On le voyait relativement souvent aux Lances croisées. Nous enchaînons la discussion sur la guilde des voleurs, qui selon toutes vraisemblances utilise cette auberge comme quartier général et nous apprenons que les Ruggbroder ont été cambriolés récemment.

Ces informations en poche, nous épaulons le Ritter pour le chemin retour et nous installons confortablement pour la nuit. Mais la nuit est rarement calme à Bögenhafen et quelqu’un vient frapper à notre porte: il est arrivé quelque chose à notre jeune ami Wulfy!

L’aubergiste nous accompagne jusqu’à la porte de derrière où le corps ensanglanté du garçon gît dans une mare de sang. Un message a été épinglé à même la peau: “Mêlez vous de vos affaires”. Triste nouvelle pour Wulfy mais cela confirme que nous sommes sur la bonne piste.

Nous faisons venir un médecin et, quand la situation semble stabilisée, nous regagnons nos chambres pour prendre un peu de repos.

5 de Pflugzeit:

Au matin, je sens vaguement que mon sommeil a été agité mais je ne me souviens d’aucun rêve en particulier, étrange sensation… d’autant plus que Morrslieb affiche réellement un visage rouge, grimaçant et tordu.

Alors que les discussions vont bon train sur la marche à suivre, j’apprends qu’Egon, notre nouveau compagnon, est un homme de main de la guilde des voleurs, dirigée par la famille Préfleuri! Boris nous avait caché ça et je ne suis pas très heureux mais s’il estime qu’ils peuvent être des alliés, autant ne pas se fermer de porte, notre situation étant déjà assez délicate.

A ce sujet, il semble que la guilde des voleurs lutte activement contre les Teugen et ils ont même fourni une lettre d’introduction à Boris pour contacter la famille Ruggbroder. Apparemment il n’a pas fait que visiter Steinhäger la veille…

Nous décidons de retourner voir l’interrogateur pour lui déballer tout ce que nous savons, estimant que les choses sont en train de tourner au vinaigre. Après nous avoir sermonné, il envoie une protection à Josef dont les amis dockers travaillent probablement pour Teugen. Ce dernier sera mis sous surveillance dès que possible, tout comme le reste de l’Adel Ring. Il nous fournit également un sauf conduit le temps qu’il rassemble des hommes de confiance. Nous évoquons les cultes d’Ulric et Sigmar qui pourraient nous appuyer sans vraiment en être certains, peut être une piste à explorer. Gorvins nous annonce également que le cocher des Magirius a été retrouvé éventré dans la Fosse.

Chez Ruggbroder, le chef de famille nous demande de coucher toutes les informations que nous avons par écrit, il contactera le baron Von Saponatheim pour remettre de l’ordre en ville mais il faudra attendre quelques jours avant qu’il arrive. Interrogé sur le vol qu’il a subi, cela semble concerner des affaires commerciales, sûrement un coup de Teugen pour l’affaiblir un peu plus.

Le reste de la journée est consacré à l’observation de l’Adel Ring sans fait notable si ce n’est une sortie de Magirius qui laisse tomber un papier sans s’en rendre compte. Il semblerait qu’un rassemblement du cercle intérieur de l’Ordo Septenarius se tiendra dans la soirée.

Dans la soirée, un halfling vient nous voir alors que nous surveillons la maison de Teugen où se retrouvent plusieurs notables de la ville. Il nous indique qu’il surveillera l’arrière de la maison avec les siens. Le message d’Ulthar nous revient en mémoire… ils sont 7, ils sont 9… 7 + Teugen + le démon des égoûts? En tout cas la liste des 7 se complète au fur et à mesure de la soirée: Magirius, Steinhäger, la pretresse de Shallya et Hans son bras droit (pas étonnant que ses pouvoirs l’aient quittée!), le médecin accompagné d’un collègue ainsi qu’un dernier inconnu.

Le capitaine nous rejoint avec un garde, nous lui expliquons tout. Il est particulièrement choqué et part prévenir le culte de Sigmar sur notre suggestion. Il revient assez rapidement nous indiquer que le Lecteur de Sigmar n’est pas convaincu et qu’il passera voir le juge le lendemain.

Impossible de rentrer chez Teugen, sa demeure est une véritable forteresse. Nous restons dehors, impuissants, alors que les invités regagnent leurs pénates. Pour couronner notre incapacité à influer le destin, le juge Richter trépasse pendant la nuit…

6 de Pflugzeit:

A notre réveil, Magirius nous attend dans notre auberge, il n’a pas l’air très en forme. Il nous déballe tout: quand Teugen est rentré de Nuln, il a promis que Bögenhafen deviendrait une ville plus importante moyennant quelques rituels. Si Magirius pensait que ces rituels avaient pour but de donner la prééminence religieuse à Handrich, il vient de se rendre compte que le vrai but de l’Ordo Septenarius était peut-être plus sombre. Le plan marchait bien jusqu’à ce qu’on tombe sur le temple des égoûts, il a alors été chargé de nous écarter en nous expliquant que tout allait bien.

Mais la situation a changé, Teugen veut réaliser une cérémonie impliquant un sacrifice humain, il aura lieu le soir même! Pour prouver sa bonne foi, il nous remet un courrier adressé à Teugen qu’il a pu lui subtiliser. Il est signé de Etelka Herzenet et fait référence à leur étude commune des arts obscurs… Magirius ne peut rester plus longtemps mais nous promet qu’il nous avertira dès qu’il connaîtra le lieu du rituel.

Il nous faut avertir le juge au plus vite mais, alors arrivons au tribunal, une troupe de gens en armes est justement en train de l’arrêter, lui, le capitaine et son garde de confiance! Nous ne demandons pas notre reste et nous carapatons vers l’auberge, convainquant le Ritter que déclencher une émeute n’est pas une bonne idée.

A l’auberge, nous demandons au tenancier de cacher Wulfy et nous filons dare-dare aux Lances Croisées, seul endroit vaguement sûr pour nous. Nous sommes rapidement cachés dans la cave qui semble communiquer avec la porte que nous avions repéré dans les égoûts lors de notre premier jour sur place.

Peu de temps après, un halfling nous rejoint: Auguste Préfleuri, chef de la guilde. Il arrive à nous convaincre qu’il faut se rendre chez Magirius malgré les risques. Trois de ses hommes nous accompagneront et feront diversion le temps que nous rentrions, nous pourrons de plus nous réfugier si besoin dans sa demeure qui jouxte celle des Magirius. Nous lui demandons en parallèle de se renseigner sur les prisonniers (juge, capitaine et garde) afin de voir s’il serait possible de les faire évader.

Mission Magirius

Sur l’Adel Ring, c’est l’effervescence mais nous arrivons à nous glisser sans encombre jusqu’au pas de porte. Un domestique nous ouvre et nous fait patienter dans une grande salle, son maître va nous recevoir. Mais l’ambiance nous paraît suspecte et, en avançant un peu dans la pièce, nous nous rendons compte que le propriétaire des lieux est raide mort derrière le bureau!

C’était évidemment un piège! Il a pourtant eu le temps d’écrire quelque chose: ENTPT 13 (ou est-ce 17?). Le lieu du rituel est donc maintenant connu, reste à savoir lequel des deux numéros d’entrepôt est le bon.

Mais nous n’avons pas le temps d’investiguer plus avant que le pseudo serviteur crie déjà au meurtre alors qu’il n’est même pas entré dans la salle, la nasse se referme sur nous. Egon et moi nous ruons vers le couloir par lequel nous sommes arrivés pour gagner la porte de derrière. Boris et le Ritter, eux, pensent pouvoir sortir par la petite porte au fond de la pièce du meurtre: peine perdue, c’est un cul de sac visant à les bloquer plus avant.

Après un beau sprint collectif, nous nous retrouvons tous dans le jardin arrière et les gardes sont à nos trousses. Je rassemble alors toute ma concentration pour sculpter Chamon en un éclat de voix émanant de l’étage, perturbant ainsi nos poursuivants.

Cela nous donne le temps suffisant pour grimper à un arbre nous permettant de passer le mur d’enceinte de la propriété. Sans tarder, nous filons dans les ruelles pour regagner les Lances croisées par un chemin pas trop direct quand le Ritter est bousculé par un homme lui ressemblant comme deux gouttes d’eau!

Le sosie fuit vers un mur dans lequel il se vaporise… encore un mystère à ajouter à la liste mais nous n’avons pas le temps d’y réfléchir, étant pressés par notre fuite mais aussi par un incendie qui semble avoir été déclenché par notre clone.

Nous gagnons enfin l’auberge et la sécurité de la cave dans laquelle Alphonse, le frère d’Auguste Préfleuri, nous rejoint rapidement. Il nous apprend que les prisonniers sont au tribunal, hors d’atteinte, et qu’il ne faudra pas compter sur eux. De plus, il peut nous adjoindre des hommes pour nous rendre au lieu de cérémonie mais ses voleurs ne sont pas des hommes d’arme et ne prendront pas part au combat inévitable, malgré nos suppliques.

La seule chose qu’il peut faire pour nous est se renseigner sur les propriétaires des entrepôts et nous guider dans les égouts. Il nous raconte au passage que le temple que nous y avions trouvé a été proprement nettoyé… une preuve de plus qui s’envole.

L’après-midi est déjà bien avancée quand les hommes de la guilde reviennent nous fournir les informations indispensables: l’entrepôt 13 appartient à Teugen, le 17 à Ruggbroder. Notre cible est dès lors évidente mais l’entrepôt 17 nous fera une bonne solution de repli.

Héroïsme à Bögenhafen

Nous vérifions notre équipement, préparons quelques cocktails molotov et nous avançons dans les ténèbres nauséabondes, le coeur serré. Sur le trajet, Reinhart, un de nos guides, fait allusion à un nain retrouvé mutilé au détour d’une canalisation, serait-ce l’ivrogne que j’avais libéré? Etrangement, le Ritter semble particulièrement las, comme usé par les longues journées d’aventure… j’espère qu’il n’a contracté aucune maladie étrange.

Après une longue marche, nous émergeons enfin sur les docks et l’approche de l’entrepôt n’est pas aisée. De plus, Morrslieb a revêtu son apparence la plus démoniaque qui soit, nous glaçant jusqu’à l’os. Nous remarquons au passage que la péniche de Josef n’est plus là, espérons qu’il ait pris la fuite avant qu’il soit trop tard.

Reinhart restera dehors pour couvrir notre fuite, un de ses collègues nous attendra à l’entrepôt 17. Nous repérons une porte latérale et nous introduisons dans la pénombre malgré les gardes de l’entrée principale. Un pentacle a été tracé au sol, il ressemble à celui des égouts mais une variation plus puissante. L’attente est intenable et nous discutons à mots couverts de la stratégie à adopter pour perturber au mieux le rituel quand les premiers “invités” font leur entrée.

Le premier semble être Steinhäger, accompagné de deux hommes de main. Il entreprend d’allumer des cierges aux pointes du pentacle. Il est rapidement rejoint par le reste de la troupe, dont un homme de petite taille à l’air étrange, serait-ce notre démon? Nous remarquons également un sac dans lequel semble gesticuler une victime et nous reconnaissons avec effroi la voix plaintive de Wulfy.

Les convives revêtent des robes de cérémonie ocre ornées d’un pentacle inversé et d’une tête de bouc pendant que le petit homme se dirige vers Wulfy, un couteau tordu à la main. Mais il est trop tôt pour perturber leur cérémonie et c’est les dents serrées que nous assistons à l’assassinat de sang froid de notre jeune camarade.

Je marmonne alors une prière à Sigmar, que le Père de l’Empire nous vienne en aide car le combat semble inégal. Je prie pour qu’il guide efficacement mon marteau mais aussi le bras de mes camarades.

Les chants effroyables débutent et les actes rituels s’enchaînent en dehors du pentacle, nous hésitons pourtant à intervenir mais quand le démon arrache le coeur de Wulfy, s’en est trop et je déclenche un rugissement à l’autre bout de la salle pour détourner l’attention des participants.

Cela n’a pas exactement l’effet escompté et, même si certains membres se déconcentrent, Teugen maintient le groupe d’une main de fer. En même temps, le Ritter et Egon jettent des cocktails molotov alors que Boris tente de toucher le petit homme d’une hache de jet.

Bien mal lui en prend car le démon tend les mains vers lui et j’en vois partir deux éclairs d’énergie pure, teintés de magie démoniaque! Ce brave Boris se contorsionne pour éviter le premier mais prend le second en pleine poitrine, le laissant légèrement groggy.

Devant une telle démonstration de force, seule ma foi me semble adéquate et un cri à la gloire de Sigmar fend la salle alors que Boris, habité par une détermination sans faille, se rue sur le démon pour le jeter au sol!

La troupe retient son souffle, s’attendant à voir le garde du corps se faire déchiqueter mais que nenni! Le démon roule au sol et Boris, poussé par une force venue d’ailleurs, renverse le combat à notre avantage malgré les voix qui marmonnent dans son crâne!

Pendant ce temps, Teugen a entamé la lecture d’un parchemin antique que je lui fais promptement lâcher avec un bête sort de main molle, comme quoi ces sorts mineurs peuvent devenir utiles au bon moment. Profitant de la confusion, le Ritter envoie son second explosif en plein sur le parchemin fraîchement tombé, provoquant la panique dans les rangs déjà clairsemés des cultistes.

Tout va pour le mieux et Boris semble même remporter son empoignade quand le démon, d’une manœuvre brusque, les fait basculer tous deux dans le pentacle. C’est alors que le temps semble suspendre son cours alors qu’une voix caverneuse résonne dans l’entrepôt. “Gideon, où sont les âmes que tu m’avais promises? Tu m’as menti Gideon!”. Ces paroles vont de pair avec une démonstration pyrotechnique ahurissante, j’ai du mal à déterminer l’ampleur de la magie en œuvre alors qu’un véritable gouffre s’ouvre entre le ciel et le pentacle, comme si le toît cessait d’exister.

Teugen pousse alors un cri et tombe au sol, inanimé, les gardes restants prennent la poudre d’escampette alors que la voix tonne de nouveau. “Gideon, où est le portail, tu n’as pas ouvert le passage que tu m’avais promis!”.

Gideon est comme distordu et aspiré par la puissance du vortex. Boris, lui, lutte de toute ses forces et s’en sort miraculeusement, probablement un signe du destin. Quelques temps plus tard il m’avouera avoir ressenti l’appui de Sigmar et m’assura de sa volonté de se convertir. Mais revenons à nos démons, alors que Gideon disparaît, le passage se referme aussi sec et nous en profitons pour prendre nos jambes à nos cous et gagner notre lieu de repli.

Au dessus de nous, la lune semble plus que jamais animée de vie et une colonne de flamme la relie au lieu impie. Une course effrénée plus tard, nous sommes sains et saufs à l’entrepôt 17 puis aux Lances croisées où un médecin de confiance remet définitivement Boris sur pied. il se souviendra longtemps de son duel et nous aussi! Conscients d’avoir évité une catastrophe d’une ampleur inimaginable, épuisés physiquement et mentalement, il est temps pour nous de prendre un peu de repos mais l’obscure machination semble avoir des séides dans d’autres coins de l’Empire qu’il sera impératif de nettoyer.

Pour Sigmar!

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