Comment j’ai finalement apprécié Superman

Dans ma quête comicsienne de cette belle année 2013, je voulais tenter un truc un peu ouf de la life: apprécier une histoire de Superman. De tous les superhéros, c’est sûrement le plus lisse et le plus niais, un bon boy scout comme on dit et ce n’est pas franchement ce qui me botte d’habitude. Ajoutez à ça mes lectures récentes de pas mal de Hellboy/Batman, vous comprendrez aisément que je n’étais pas forcément dans l’état d’esprit le plus adéquat! Et pourtant…

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Comme je l’ai déjà dit ailleurs, Urban Comics a récupéré la licence DC Comics (et accessoirement Vertigo). Ils rééditent donc petit à petit tout un tas de classiques dont All-Star Superman. J’avais vaguement entendu dire que c’était une des meilleures histoires de Superman avec Red Son (qui sera réédité en septembre et que j’attends avec grande impatience), je me suis donc lancé. J’avoue que d’avoir Grant Morrison aux commandes me rassurait pas mal vu que j’aime bien ses histoires barrées, même si tout le monde n’adhère pas. Au dessin, Franck Quitely, on est là encore dans une valeur sûre. Pour parfaire tout ça, c’est une histoire indépendante, elle n’est incluse dans aucune continuité de l’univers DC.

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Au premier abord, la couverture reflète le personnage, gentil, biblique, j’accroche pas forcément mais allons y. Commençons la lecture… je vous spoile le pitch: Superman a été irradié par le Soleil. Il va mourir, c’est inéluctable. A quoi donc un individu supposé immortel va-t-il pouvoir occuper ses derniers mois? Les chapitres se succèdent, plutôt indépendants les uns des autres, mettant en scène les 12 travaux de cet Hercule moderne.

Rapidement, je me laisse prendre dans l’univers un brin surréaliste de Morrison, on est loin du héros en collant qui m’ennuie tant. En fait j’ai plutôt l’impression de lire une bonne histoire de science fiction à laquelle contribue très efficacement le professeur Quintum. Les bonus expliquent d’ailleurs que ce dernier est inspiré entre autres de Willy Wonka, c’est forcément bon signe.

Clark Kent aussi est presque intéressant, décrit en gros pataux maladroit encombré dans un corps trop grand pour lui. Pour rester dans les personnages, ils sont crédibles, bien sentis et je ne me perds pas (trop) dans un univers que je connais finalement assez peu, même si je dois rater de nombreuses références destinées aux initiés (en particulier dans la forteresse de la solitude). On retrouve les habituels Lex Luthor, Loïs Lane, les gars du Daily Planet et tout un tas de kryptoniens, on a même droit à quelques personnages de la mythologie perdus au milieu de ce joyeux bordel et à un passage à Smallville.

Les pages continuent à filer et je ne me lasse pas, jusqu’au final qui n’est pas une extraordinaire réussite mais qui fait son boulot. Je vous laisse le découvrir vous même. L’édition d’Urban Comics est bien faite, les bonus sont nombreux. On a droit à tout un tas d’explications sur la conception de l’histoire et l’acceptation de certains choix scénaristiques auprès de la hiérarchie DC. Bref, du tout bon comme tout ce que j’ai pu lire jusqu’à présent venant de cette nouvelle maison.

En résumé: vous pouvez lire All-Star Superman en connaissant très peu l’univers du personnage, vous passerez un excellent moment même si vous n’aimez pas les hommes en collants sauf si vous êtes réfractaires aux délires de Morrison (mais je trouve qu’il est resté relativement sage). Il a en tout cas gagné sans problème sa place dans ma BDthèque.

PS: Ca ne m’a pas pour autant donné envie d’aller voir Men of Steel, faut pas exagérer! Par contre, comme dit plus haut, il me tarde de lire Red Son, une version du héros dans laquelle sa navette aurait atterri en URSS.

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