Cthulhu – Masques de Nyarlathotep – CR#12

Beaucoup de temps s’est écoulé depuis la publication du dernier CR mais nous n’avons pas arrêté de jouer pour autant. J’ai même 2-3 CR déjà prêts que je publierai dans les jours/semaines qui viennent histoire de ne pas rendre la lecture indigeste. Concernant cette 12ème session, ce fut l’occasion de faire une petite pause après le drame survenu à l’épisode précédent (mort du professeur Lexington et du vaillant Flanagan). J’ai voulu lancer discrètement l’intrigue des chats mais les joueurs se sont contre toute attente rués dessus alors que je pensais faire monter la sauce sur 2-3 sessions.

Qu’à cela ne tienne, ils ont ainsi pu visiter le sanctuaire de Bast et résoudre un épineux problème tout en se faisant, peut être, un allié pour la suite (mes joueurs, si vous me lisez, sachez que je mens toujours comme un arracheur de dent, même sur mon blog, niark niark niark).

Je vous laisse donc avec le récit d’Harvey Weezle, leader autoproclamé de la bande.

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La Croisade sous la bénédiction de Bast.

« La principale (fête) et la plus populaire a lieu à Bubastis, en l’honneur d’Artémis (Bastet)… Lorsque les Egyptiens se rendent aux fêtes de Bubastis, voici comment ils se conduisent : ils y vont par le fleuve, hommes et femmes en grand nombre, entassés pêle-mêle sur chaque embarcation… Arrivés à Bubastis, ils honorent la déesse avec de grand sacrifices et boivent plus de vin de raisin au cours de cette festivité que pendant tout le reste de l’année. Selon les gens du pays, il s’y rend, hommes et femmes réunis (sans compter les jeunes enfants), quelque sept cent mille personnes.»

Récit de Hérodote expliquant les cérémonies religieuses de Bubastis.

1. Présentation

Session de jeu #12:
Mardi 14 janvier 2012

Investigateurs présents:

  • Charles R.R Bapkins, détective conseil
  • Harvey Weezle, médecin
  • Edward Green, explorateur
  • Zacharias Atkinson, moine défroqué
  • Max Gardiggan, reporter
  • Shaun Harland, écrivain dandy collectionneur
  • Elliot Thompson (PNJ)

Vous trouverez ci-après le récit de la Croisade, par le Commandant des Croisés Harvey Rude Boy Weezle.

2. Evènements

Vendredi 6 mars 1925

Au matin, mes suivants ne sont toujours pas rentrés de l’expédition. Ils ont dû décider d’outrepasser mes ordres et de prendre le risque de passer la nuit sur place. Je discuterai longuement de cette imprudence avec le professeur Lexington, qui par cet acte, a encore fait la preuve de son incompétence au service de notre cause.

Je demande à Bapkins de m’accompagner à l’adresse supposée d’Auguste Loret. Celle-ci correspond à l’échoppe d’un tailleur. Loret ne semble pas être présent, mais le tailleur dissimule très mal son anxiété. Ferait-il partie du culte ? Je convaincs Bapkins de revenir en début de soirée.

A notre retour à l’hôtel, dans l’après-midi, je découvre Green et Atkinson, hagards et fatigués. Le petit « protégé » de Lexington les aurait ramené de Dashûr en fin de matinée. Je suis obligé de supporter le récit de leur échec. Les convictions de Lexington et de Flanagan n’ont pu les protéger de nos ennemis, ils ont préféré la fuite à la mort. Je m’interroge toutefois sur les survivants. Pour quelles raisons nos ennemis auraient-ils fomenté ce traquenard pour laisser un moine défroqué et un aventurier témoigner de leurs agissements ?

Je décide de confier à Bapkins le soin d’informer le Nazir et Kafour du drame survenu ainsi que Kensington. Je maintiens l’opération surveillance du soir. Ma stratégie est payante et dès le début de soirée, une silhouette encapuchonnée sort de la petite échope. Elle n’a ni la carrure ni la démarche du marchand.

Cet homme, c’est évidemment Loret qui se rend dans un fumoir situé à quelques rues de là. Réduit à l’état d’épave, son esprit semble plus que vacillant et sa consommation de drogue bien trop importante.

J’indique à Bapkins l’échoppe, j’espère qu’il comprendra qu’il doit fouiller la chambre et non flâner au milieu des tapis et des djellabas. Loret se rend dans un fumoir. Mon intuition est avérée, la fouille de Bapkins a révélé la présence d’une petite pièce dans l’arrière boutique dans laquelle une paillasse crasseuse cachait une pipe à opium et de nombreux mégots…

J’appréhende Loret à sa sortie. Avec l’aide de Bapkins, je le coince dans une petite ruelle. Je me rends vite compte qu’il n’est plus que l’ombre d’un être humain. Sa voix geignarde mélange des propos incohérents et des suppliques pour qu’on le relâche.

A ce moment, ma fréquentation des âmes perdues m’ayant habitué à ce type de comportement, je le ramène au fumoir, histoire de lui payer un bon thé et de lui glisser un petit billet pour s’acheter quelques doses de plus. Cela le rend bien plus coopératif et il entame alors un récit qui me glace d’effroi et corrobore les déclarations du moine. Je préfère épargner mes suivants afin qu’ils ne sombrent définitivement dans la folie.

A notre retour, ceux-ci dorment paisiblement. Bénis soient les simples d’esprit et les inconscients.

Samedi 7 mars 1925

Des recherches, à partir des témoignages d’Atkinson et Green, nous laissent penser que la nouvelle lune du 3 avril pourrait marquer un tournant dans notre croisade. Nous arrivons à déterminer une autre date, basée sur la configuration stellaire observée dans la chambre “extérieure” de la Pyramide qui coïnciderait avec une éclipse solaire totale, couvrant un arc de cercle dans l’Océan Indien entre l’Afrique, l’Asie et l’Océanie.

D’après les dires de mon compagnon, la carte englobait l’Afrique, l’Asie, l’Océanie et comporte trois rubis sertis: un en mer de Chine orientale, un autre en Australie occidentale et un dernier au Kenya. Aucune ville ni frontière n’est indiqué. Les trois points sont reliés entre eux pour former un triangle. Le tout est surmonté d’un arc en ébène qui parcourt l’océan indien.

L’avènement de notre ennemi serait d’après les documents d’astronomie disponibles le 14 janvier 1926. Les informations sont trop cruciales pour être conservées au sein de notre seul groupe. Accompagné, j’en informe le Nazir. La description faite par Gavigan confirme mes appréhensions. Le Nazir se montre suspicieux mais j’arrive à gagner sa confiance. La description de la bête, énorme pachyderme à 5 têtes, serait celle du familier du Pharaon Noir, dénommé le Sphinx Noir.

A notre retour à l’hôtel, deux petits chats suivent Bapkins, qui semble pris de folie et les suit dans les méandres des ruelles du Caïre. Nous arrivons rue des Mites devant une échoppe minable vendant des tapis miteux. Un nombre important de chats hantent la ruelle et les alentours de la boutique.

En échangeant avec le propriétaire des lieux, nous découvrons que le marchand héberge un européen, hollandais semble-t-il, membre de l’expédition Clive, un certain Vanheuvelen. Sa présence lors de la découverte de la momie nous intéresse. Mais la discussion tourne autour de son licenciement et de la découverte de parchemins, sur les conseils de Winfield, dans un ancien temple du centre-ville. Ces parchemins relatent des éléments importants du Culte de Bast, déesse de l’Ancienne Egypte et dont les chats étaient les protégés… il est également question de Sebek, un dieu maléfique.

Je laisse mes amis gérer cette affaire, ils sont convaincus que l’alcool déliera la langue du hollandais et rentre à l’hôtel…Peu après, le téléphone de ma chambre retentit. Des gens de l’accueil demandent Lexington, je feins de ne rien savoir…Mais peine perdue, les importuns viennent toquer à ma porte. Passés les premiers instants de doute, je comprends rapidement que si j’ai à faire à des amateurs, ceux-ci pourraient m’être utiles dans ma lutte contre le Mal.

Atkinson arrive à convaincre le jeune Ma’muhd de s’introduire dans l’échoppe hébergeant le hollandais pour lui soutirer les parchemins mais le plan tombe évidemment à l’eau. Comment peut-on penser qu’un gamin arriéré puisse réussir une telle opérations?

Dimanche 8 mars 1925

Au petit matin, nous nous rendons une fois de plus chez cet étrange Kafour afin d’en apprendre plus sur Bast et Apep, peine perdue, les informations sont d’une banalité sans nom.

Je donne donc l’ordre à mes sbires d’agir en deux étapes. Un groupe partira discuter avec Vanheuvelen autour d’un verre, son alcoolisme étant clairement établi, pendant qu’une deuxième équipe ira soudoyer l’hébergeur pour s’emparer des parchemins.

Bien entendu, mon plan fonctionne à merveille. Le hollandais en reste pantois et nous lui proposons de nous accompagner: nous lui fournirons des sujets d’étude bien plus intéressant que ses histoires de chat mais il peut continuer sa traduction à l’hôtel accompagné par l’un d’entre nous.

Nous consultons une fois de plus Kafour qui ne peut nous en dire bien plus sur ces parchemins, quel vieillard inutile…

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Dans la soirée à l’hôtel, Bapkins, qui doit certainement devenir fou, vient nous trouver car une femme est venue le visiter dans sa chambre alors qu’il était seul. Le groupe décide contre mon avis de descendre dans la rue pour la retrouver et nous nous engageons à la poursuite de ce qui doit être un simple gros chat.

Contre toute attente, nous arrivons dans un vieux temple perdu dans le Vieux Caire, peuplé de dizaines de chats. Je comprends vite que nous nous trouvons dans un temple de Bast et je demande à mes troupes de s’agenouiller en signe d’allégeance, un peu de soutien ne nous fera pas de mal.

La panthère se métamorphose alors en femme, Bapkins disait donc vrai! Elle nous explique qu’il faut lui restituer sans tarder les parchemins dérobés ou sinon elle nous tiendra responsables au même titre que le voleur initial. Je m’insurge fortement mais me retrouve contraint au silence par ma propre équipe, une vraie mutinerie.

De retour à l’hôtel, nous réveillons le hollandais et, sans trop lui donner le choix, nous lui expliquons qu’il faut rendre les parchemins. Une fois de plus, nous insistons sur les formidables découvertes qu’il pourra faire en notre compagnie et pour lesquelles nous sommes prêts à lui laisser tout le crédit. L’imbécile…

Lundi 9 mars 1925

Je m’éveille tranquillement quand j’entends crier les titres du jour dans la rue: une partie de la mosquée d’Ibn Touloun s’est effrondrée. Mon sang ne fait qu’un tour!

Le groupe échange sur les pistes à explorer et plusieurs chemins sont évoqués :

  • Questionner la voyante de l’expédition Clive, Agatha Broadmoor.
  • Se renseigner plus amplement sur la mosquée qui protège la ceinture de pouvoir et demander l’aide du Nazir, Achmed Zehavi.
  • De façon plus globale, effectuer des recherches sur le culte d’Isis et sur le site de Dhashûr.

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  1. Cthulhu – Masques de Nyarlathotep – CR#18 | bintz.fr - 29 décembre 2014

    […] accompagnait, il participerait à de grandes découvertes. Cela avait eu pour effet de le sauver des chats de Bast mais il n’a finalement récolté que des ennuis: fuite précipitée du Caire, embarquement de […]

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