Cthulhu – Masques de Nyarlathotep – CR#13

Ce que j’aime particulièrement dans le déroulement de cette campagne, c’est le développement des personnages et de leurs relations au sein du groupe. Je sais que c’est un peu bidon de dire ça pour du jeu de rôles qui, justement, consiste à faire vivre les personnages, mais je trouve que c’est rarement vrai dans les parties de Cthulhu. Forcément, quand votre perso survit exceptionnellement plus de 3-4 scénars ou pire, qu’il est juste prévu pour un one-shot sanglant, vous avez généralement du mal à créer son histoire et à vous investir dedans.

Ca rejoint un peu ce que je disais dans un vieil article à propos de Delta Green: il faut vraiment que la perte d’un personnage soit justifiée et constitue un ressort dramatique, servant l’histoire. Evidemment il y aura toujours les morts cons, à la sauce « tu l’as bien cherché » quand votre joueur décidera de se jeter directement dans la gueule du loup, mais la plupart du temps ça ne doit pas être le cas.

Bref, maintenant que le rythme de publication des CR est un peu relancé, je vous laisse à votre lecture!

vieux_caire

Vous avez dit un chat?

1. Présentation

Session de jeu #13:
Mercredi 20 février 2013

Investigateurs physiquement présents:
Harvey Weezle, médecin
Edward Green, explorateur
Zacharias Atkinson, moine défroqué
Shaun Harland, collectionneur d’art

Investigateurs skypement présents:
Charles R.R Bapkins, détective conseil
Max Cardiggan, reporter freelance

En guest star :
Janwillen Vanheuvelen, archéologue alcoolique (PNJ)
Elliot Thompson, homme de main (PNJ)

Vous trouverez ci-après un extrait du journal personnel de Zacharias Atkinson.

2. Evènements

Lundi 9 mars 1925

Encore une journée où la disparition du professeur Lexington se fait ressentir. Il était le membre fédérateur de cette expédition et sans lui, je vois le groupe se désagréger.

Weezle de plus en plus fanatique et inquiétant avec sa lubie de croisade.

Bapkins me paraît plus froid et distant que jamais.

Harland, Cardigan et Thompson, trois nouveaux que je ne connais pas vraiment.

Par contre Green semble se rapprocher de moi depuis la perte de Flanagan, je saurai m’en servir.

De même, la passion que met Vanheuveulen dans ses recherches me rappelle celle de ce jeune peintre de Soho et me redonne courage.

Enfin bref, la mosquée d’Ibn Touloun s’est effondrée et la ceinture a certainement disparu, il est l’heure d’enquêter.

[…]

Bapkins, Weezle et moi nous sommes rendus à l’hôpital où le Nazir est soigné. Malheureusement il n’était plus que l’ombre de lui-même, le regard perdu sur un sombre océan. A noter que Weezle a tenté de gifler le pauvre homme à plusieurs reprises. Je ne tolèrerai plus très longtemps son comportement.

Pendant ce temps, Green, Harland et Cardiggan étaient à la mosquée. Après avoir négocié avec les policiers sur place (apparemment très suspicieux vis-à-vis de leurs motivations) ils purent pénétrer la salle effondrée. Leurs observations et leur rencontre avec Emile Vabreaux, scientifique français rattaché à la police du Caire, laissent penser qu’une créature de taille colossale a creusé un trou sous la mosquée et que celle-ci est responsable de son effondrement. Pas de survivant autre que le Nazir et la ceinture a bien disparu.

[…]

Le soir, alors que je m’apprêtais à poursuivre l’étude du Liber Ivonis (étude que nous menons en parallèle avec Weezle), je reçus un message de Kafour, via la réception de l’hôtel, indiquant que les livres que nous lui avions confiés avaient été dérobés. J’embarquai Green avec moi pour traverser le Caire de nuit, surtout que Bapkins et Weezle avaient été filés par le culte du Pharaon pendant la journée.

Arrivés sur place, Kafour sembla surpris de nous voir et nous confirma que les livres étaient bien en sécurité. Je rentrai à l’hôtel la rage au ventre, prêt à envoyer Weezle rejoindre le lit voisin du Nazir, mais une fois arrivé, les autres s’interposèrent. Je réussis néanmoins à leur faire comprendre que Weezle ne pouvait plus diriger cette équipe dont il s’était auto proclamé leader, et leur suggérai de confier cette tâche à Bapkins. Proposition validée par un vote. Une première mesure de prise mais il en faudra d’autres pour me calmer.

Mardi 10 mars 1925

En ce jour, Bapkins et Cardiggan souhaitèrent se rendre chez Shakti. Le reste de l’équipe partit pour El Wasta afin d’y chercher Nyiti, la personne qui recueillit Loret et qui pourrait certainement nous en dire plus sur le rituel devant se produire à la prochaine lune.

[ …]

Le trajet en train fut court pour se rendre à El Wasta mais il nous fallut trouver la cahute de Nyiti en dehors du village. Nous fûmes accueillis par son fils dont l’apparence était des plus dérangeantes. En effet le bras manquant à cet homme semblait avoir été arraché par morsure et, pour ceux ayant eu le malheur de visiter la pyramide inclinée, l’image des vers du Pharaon Noir revint instantanément.

Mais le sentiment de répulsion fut encore plus oppressant face à Nyiti elle-même. La vieille était calcinée sur une grande partie du corps, ne lui laissant que des moignons pour terminer ses bras. Le dialogue rendu difficile par la perte de sa mâchoire inférieure, elle nous désigna une plaque de calcaire qu’elle nous pria d’emmener avant de sombrer dans l’inconscience, comme si elle avait puisé dans ses dernières forces pour accomplir cette tâche.

Sur la pierre, un glyphe de garde. Kafour nous apprendra que la pierre est une partie de « l’œil de lumière et de ténèbre », un puissant sortilège de protection qu’il ne maîtrise malheureusement pas. Vanheuvelen identifiera également le calcaire comme issu de la Pyramide Rouge.

La vision des corps mutilés de Nyiti et son fils fut peut être celle du destin qui nous attend.

[…]

Nous vîmes revenir de chez Shakti, Bapkins accompagné d’un Cardiggan couvert de sang et du petit Ma’muhd blessé. Apparemment ils furent victimes d’une attaque par un des ouvriers mais les explications sur la provenance de tout ce sang restèrent confuses. Je les soupçonne d’avoir mené un combat inutile…

Chez Shakti, ils purent constater la présence de Gavigan ainsi que d’un chat accompagnant le maître des lieux. Ils observèrent aussi que les ouvriers avaient le même air absent que ceux de l’expédition Clive. Les pendentifs que tous portent ne sont pas la cause de cette lassitude car Bapkins et Cardiggan réussirent à s’en procurer un (par la force sûrement): Cardiggan se le mit autour du coup sans aucun effet notable.

[ …]

Nous nous rendîmes au sanctuaire de Bast afin d’avoir plus d’informations sur le rituel pouvant reconstituer la pierre et sur la possibilité de faire suivre Gavigan.

Sa prêtresse ne montra d’intérêt que pour Bapkins et ne put nous en dire plus sur la pierre. Par contre elle nous confia qu’elle n’avait pas d’espion chez Shakti (comprendre le chat n’est pas un chat).

Sur le chemin du retour, nous tombâmes dans une embuscade. Green et Bapkins se montrèrent une fois de plus redoutables dans le maniement des armes à feu. Malheureusement, alors qu’il avait détalé (sans savoir où il allait), nous retrouvâmes Weezle étendu au milieu de la rue, dans une flaque de sang. Nos premiers soins n’y firent rien, la vie avait quitté ce corps. Harland fut également presque battu à mort. Une fois nos assaillants mis hors d’état de nuire, nous subtilisâmes leurs pendentifs dans la hâte avant de prendre la fuite dans la sombre nuit égyptienne.

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