Cthulhu – Masques de Nyarlathotep – CR#14

Au fur et à mesure que l’intrigue égyptienne avançait, mes joueurs se focalisaient de plus en plus sur un élément de l’histoire du Pharaon Noir: il est écrit qu’il fut vaincu par Ptolémée, appuyé par le culte d’Isis. Il était donc logique pour eux que si les vilains sectateurs étaient encore dans le coin, il devait y avoir des guerriers d’Isis pour les combattre.

L’idée était séduisante mais comment intégrer une troupe de guerriers ancestraux dans un imbroglio de PNJ déjà complexe? Après quelques recherches, je tombai sur le temple de Philae, situé au niveau d’Assouan. L’île fut immergée suite à la construction du premier barrage et constitue le dernier lieu connu dédié au culte de la déesse. Il suffisait alors d’y situer ce qu’il restait des guerriers ou du moins leurs descendants, un petit groupe exsangue mais organisé.

En lisant les CR d’autres MJ, je constatai avec amusement que je n’étais pas le seul à avoir intégré une troupe dans le genre. Mieux, je comptais m’inspirer du film la Momie et de ses guerriers Medjaïs et là aussi nous avions eu la même idée. Conforté dans cette direction, Amenhotep, chef des Medjaïs, fut créé pour devenir l’allié des PJ à Assouan. Pour la petite histoire, les Medjaïs ont réellement existé mais rien de mystique là dedans.

S’ensuivit une rapide enquête des PJ à Assouan, posant des questions un peu partout (mosquée et bibliothèque entre autres), ils attirèrent vite l’attention de ceux qu’ils cherchaient et surent les convaincre. Même si j’aurais pu les amener dans l’histoire un peu plus subtilement, j’ai favorisé la simplicité pour ne pas surcharger l’intrigue principale, ça aura tout de même été l’occasion de leur « faire perdre » quelques jours, de déclencher une scène mémorable dans le train et de me faciliter la suite des opérations en rajoutant une bonne dose de pulp, mais ça vous le verrai dans les prochains CR.

Petite note sur la partie bilan à la fin de ce CR: elle concerne des discussions qui ont eu lieu via forum, suite à cette séance, afin que les joueurs fassent un bilan concret de leurs pistes avant d’attaquer le sprint final égyptien. Ce sont des déductions qu’ils ont faites, des précisions que je leur ai fournies mais globalement tout vient d’eux.

Bonne lecture!

philae

Requiem pour Weezle

1. Présentation

Session de jeu #14:
Mercredi 13 mars 2013

Investigateurs physiquement présents :
Elliot Thompson, homme de main
Edward Green, explorateur
Zacharias Atkinson, moine défroqué
Shaun Harland, collectionneur d’art

Investigateurs skypement présents :
Charles R.R Bapkins, détective conseil
Max Cardiggan, reporter freelance

En guest star :
Janwillen Vanheuvelen, archéologue alcoolique

Vous trouverez ci-après un extrait du journal personnel d’Edward Green.

2. Evènements

Mardi 10 mars 1925

Weezle est mort.

Il est là, étendu au milieu de la rue, au milieu d’une flaque de sang. Encore un membre du groupe qui disparaît. Nous n’avons rien pu faire pour le sauver. Il aurait fallu agir plus vite. J’ai hésité, devai-je tirer en prenant le risque de le blesser ? J’aurais certainement dû. Prendre ce risque aurait peut-être sauvé la vie de notre ami.

Il devenait étrange dernièrement, de plus en plus indépendant, il semblait soupçonneux, réclamait la position de leader. Il prenait des décisions que je n’arrivais pas à comprendre… Mais le voilà mort et je le regrette.

Weezle, nous penserons à toi, aux moments de gloire que tu as su apporter et à l’énergie déployée dans notre aventure, notre combat.

Nous cachons son corps dans un coin sombre. Harland est dans un sale état, mais vivant. Nous le transportons d’urgence à l’hôpital. Il est pris en charge immédiatement, il se sent très mal. Bilan : probables côtes cassées, points de suture… Il devra rester en observation pendant au moins 7 jours.

Cardiggan va rester sur place pour éviter une agression. Atkinson et moi filons à l’hôtel. Là-bas, nous retrouvons Thompson endormi. Il nous propose de monter la garde pendant notre repos. C’est bien urbain de sa part.

Mercredi 11 mars 1925

La prochaine nouvelle lune aura lieu le 4 avril. Il est à craindre que la cérémonie tentant la réincarnation de Nitocris se tienne à cette date. Il nous faut un plan. Nous décidons de chercher des alliés. Nous prendrons le train de nuit pour Assouan pour trouver des membres du culte d’Isis.

Atkinson et moi lisons. Atkinson semble jubiler face à son ouvrage. Moi, je ne comprends rien au mien. Le livre de Dzyan est infiniment plus complexe que les Sectes Secrètes d’Afrique. Cela fait une semaine que je potasse, j’ai l’impression de n’en avoir rien retenu.

Vers 18h, nous nous rendons à la gare et prenons le train pour Assouan. Il faudra compter 17h pour arriver. Nous avons réservé un compartiment 1ère classe. J’aurais aimé me mélanger à la population locale, mais les derniers évènements nous rendent de plus en plus soupçonneux.

Le train fait de nombreux arrêts. Je commence à avoir faim et je propose à Cardiggan et Vanheuvelen de nous rendre au wagon restaurant sur le coup de 20h. Nous dégustons un repas gourmand et malin.

A notre retour, nous avons la surprise de trouver le compartiment verrouillé. Cardiggan est surpris et annonce notre volonté d’entrer. Nous entendons Atkinson hurler “Qui est là??”. Cardiggan annonce son nom et nous entendons un cri de l’autre côté: “Gavigan! C’est Gavigan!” et la porte ne s’ouvre pas.

Nous entendons du tumulte à l’intérieur du compartiment, nous sommes perplexes et inquiets. Nous les interpellons à nouveau. Bapkins finit par nous ouvrir et referme rapidement la porte derrière nous. A l’intérieur, nous découvrons avec stupeur un homme, d’apparence autochtone, ligoté et bâillonné et portant une ankh inversée en guise de pendentif.

On nous explique que l’homme s’est fait passer pour un membre de l’équipage du train et a tenté d’assassiner Atkinson. Ce dernier porte d’ailleurs les séquelles du combat et semble très nerveux. Nous tentons d’interroger l’agresseur. Il semble solidement silencieux, puis, commence à psalmodier en arabe. Je comprends qu’il parle du Pharaon Noir.

Alors que nous devisons de la conduite à mener, Atkinson se saisit du couteau de l’agresseur, et, lui tranche la gorge! Je repousse le “prêtre” et tente d’arrêter l’hémorragie, c’est trop tard. Tout s’accélère. Vanheuvelen hallucine. Il ne comprend pas cette agression, la réaction d’Atkinson, et cette folie ambiante.

Bapkins lui explique calmement que nos recherches attisent des convoitises et qu’il faut qu’il apprenne à se défendre. Sur ce, Cardiggan veut le lui démontrer et envoie un direct du gauche, puis un crochet du droit que Vanheuvelen esquive. Un dernier coup de Cardiggan porte à sa mâchoire… Vanheuvelen est complètement décontenancé par l’attaque… et encore plus par les félicitations du reporter. Je n’y comprends plus rien. Incroyable, tout le monde est fou!

Envisageant nos rares options, nous nous débarrassons du corps en le jetant du train, entre deux wagons, éliminant ainsi les traces de l’agression. Le reste du trajet jusqu’à Assouan se fera sans encombre.

Jeudi 12 mars 1925

Après quelques recherches à la mosquée, nous trouvons une information intéressante: un ancien lieu de culte dédié à Isis se tiendrait sur une île du Nil au niveau de la ville. Sur le chemin de l’hôtel, nous discutons de l’opportunité de nous y rendre lorsqu’un jeune arabe nous accoste et nous tend un billet avant de se carapater: “Rendez-vous ce soir sur l’île de Philaë à minuit”.

Nous dégotons une barque et son pêcheur pour nous rendre sur place. L’approche de l’île est magnifique, le paysage nocturne est fascinant. Je ressens néanmoins une certaine crainte à l’approche de ce lieu ancien. Le temple, construit par la dynastie ptolémaïque (m’apprendront plus tard mes amis intellectuels), fut le dernier temple d’Isis actif en Egypte.

L’ambiance est pesante, oppressante. Nous apercevons tout à coup une lueur. Un homme semblant sortir tout droit du passé s’approche. Vêtu d’un pagne et portant un cimeterre, il nous désarme un à un. Il est rapidement rejoint par six compères qui nous encadrent. Celui qui semble être le chef du groupe porte un masque d’Isis et s’adresse à nous en arabe.

Il veut savoir ce que nous voulons. Nous déballons les grandes lignes de notre quête, notre lutte contre les différentes sectes. Il demande des preuves concrètes. Bapkins jette au sol certains des pendentifs dérobés aux sectateurs et les piétine. Cet acte semble satisfaire l’homme qui se présente alors comme Amenhotep, chef des Medjaïs, culte ancestral voué à Isis. Il peut mobiliser une vingtaine d’hommes pour nous épauler car peu vénèrent encore l’ancienne déesse. Il prendra contact avec nous au Caire d’ici une semaine.

Nous le questionnons sur ses connaissances magiques et la réactivation de l’oeil de ténèbre et de lumière. Il connaît ce sceau mais n’a pas les capacités suffisantes pour le réactiver. Sur ces entrefaites, nous regagnons notre hôtel avec un semblant d’espoir.

Vendredi 13 mars 1925

Après une nuit à Assouan et revenons sans problème par le train. A notre retour, nous apprenons que la protection de Thompson auprès d’Harland n’a pas été inutile. Hier, notre garde chiourme a repéré un individu louche dans l’hôpital.

Il a feint de s’éloigner de la chambre d’Harland pour tendre un piège à ce dernier et connaître ses intentions. Dès la disparation de Thompson au coin d’un couloir, l’homme s’engage dans la chambre d’Harland… et meurt, froidement abattu d’une balle dans le nuque.

Alertés par la détonation, les médecins sont arrivés rapidement sur place après avoir prévenu la police. Harland a expliqué qu’il s’agissait d’un cas de légitime défense de façon très habile et théâtrale, les policiers ont semblé convaincus et ne les ont pas importunés très longtemps, probablement parce que la “victime” semblait plutôt pauvre.

Samedi 14 mars 1925

Nous envoyons un télégramme au nom de feu Lexington à l’Université pour temporiser l’annonce de la mort de celui-ci qui sonnerait le glas de notre aventure (ou du moins d’une partie de notre financement).

Nous décidons d’envoyer une équipe repérer les lieux autour du Sphinx, une autre gérer les télégrammes de Lexington à l’Université et une dernière surveiller la résidence de Shakti.

Bilan sur notre situation

Nos soutiens potentiels:
* Nous avons à notre disposition une vingtaine de guerriers d’Isis, ils savent manier de beaux cimeterres et des fusils un peu anciens mais fonctionnels
* Barrington a été contacté à Londres pour tenter de mobiliser les autorités anglaises sur place, nous n’avons pas de nouvelle
* Kafour pourrait être un allié potentiel mais souhaite-t-il s’impliquer ? Est-il réellement un allié?
* Vanheuvelen est un solide gaillard mais ne risque-t-il pas de retourner sa veste au pire moment ?

La résurrection:

D’après nos connaissances en terme d’occultisme, le processus devrait selon toute vraisemblance se passer en 3 phases:
* contacter l’esprit dans un autre plan
* guider l’esprit jusqu’au corps
* opérer la “jonction” entre le corps et l’esprit

Kidnapper Agatha Broadmoor nous permettrait de retarder la résurrection. L’assassiner juste avant la “jonction” permettrait, peut-être, de définitivement nous débarrasser de Nitocris. Cette dernière option semble toutefois plus que radicale, n’ayant aucune preuve de l’implication de la medium.

Les jours qui suivent, les observations permettent d’obtenir les informations suivantes.

L’expédition Clive:

* Nous avons identifié Agatha Broadmoor comme un élément clé du rituel de part ses pouvoirs de medium mais nous ne l’avons plus aperçue sur le camp depuis quelques jours, nous ne savons pas si elle est détenue sur place, si elle a été transférée ailleurs ou si elle est simplement absente

* l’expédition Clive comprend une trentaine de personnes dont 5 européens (Clive, Winfield, Gardner, Sprech et Broadmoor), l’activité de fouille sur le camp est très réduite depuis que nous avons commencé nos observations

* leur campement est bien protégé et se trouve tout proche de la pyramide de Mykerinos, la momie de Nitocris a été trouvée sur place et une des entrées souterraines du camp y mène (confirmé par Vanheuvelen)

Chez Shakti:

* Nous continuons d’apercevoir Gavigan chez Shakti, les deux hommes sortent peu de la demeure du riche égyptien mais cela leur arrive tout de même, la plupart du temps pour se rendre au Caire ou parfois dans le village proche de la demeure de Shakti, lors de ces sorties, ils restent parfois entre eux mais il leur arrive de discuter avec des personnes diverses et variées que vous identifiez comme des négociants agricoles ou autre businessmen, il leur arrive plus rarement d’aller dans le Vieux Caire dans le souk afin de chiner quelques beaux objets

* les seules entrées et sorties fréquentes chez Shakti sont des camions agricoles venant récupérer le coton récolté

* une trentaine de fellahs récoltent le coton sur l’exploitation, il y a probablement d’autres serviteurs dans la maison mais difficile d’estimer leur nombre

Le lieu du crime:

* Nous savons que la cérémonie aura lieu sur le site de Gizeh, a priori proche du Sphinx

* Une carte du site, on peut donc se cacher sans souci aux alentours de la statue :

plan_gizeh

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