Cthulhu – Masques de Nyarlathotep – CR#17

Nos sessions s’enchaînent toujours à un rythme lent mais on avance, même si la publication des CR a un peu de mal à suivre.

Toujours est-il que nous avions laissé les investigateurs dans deux bateaux différents en partance pour Mombasa.

Le problème d’avoir un groupe scindé de la sorte, c’est qu’il faut arriver à rassembler les personnages sans avoir trop de temps morts pour la moitié qui ne joue pas. Mais pire que ça, il faut garder une certaine cohérence si les joueurs font des actions impactantes.

Pour résoudre cette situation, j’ai décidé de jouer le début du scénario par mail. Les joueurs de chaque groupe ont donc reçu un message leur expliquant la situation et le planning prévisionnel du voyage. Libre à eux de réagir comme bon leur semble. Au fur et à mesure que je recevais leurs messages, je faisais avancer le temps en leur exposant l’évolution de la situation, comme par exemple la détérioration de l’état de santé d’Agatha Broadmoor. Ils avaient une escale commune lors du trajet mais il ne le savaient pas vraiment, cela leur donnait une chance de se réunir avant l’arrivée, chance qu’ils n’ont pas vraiment saisi comme vous le verrez dans le CR.

Je suis relativement satisfait du résultat surtout du quiproquo entre les deux groupes sur le rendez-vous au débarquement, même si cela a été fatal à un des PJ (paraît qu’il vaut mieux ne jamais ce séparer, niark niark niark!)

Enfin bref, bonne lecture dans la moiteur étouffante de Mombasa!

kikuyu_kenya

Initinéraires variés

1. Présentation

Session de jeu #17:
Mercredi 2 juillet 2014

Investigateurs physiquement présents :
Edward Green, explorateur
Zacharias Atkinson, moine défroqué
Shaun Harland, collectionneur d’art

Investigateurs skypement présents :
Charles R.R Bapkins, détective conseil
Max Cardiggan, reporter freelance

En guest star :
Elliot Thompson, homme de main
Janwillen Vanheuvelen, archéologue alcoolique
James Gardner, archéologue dubitatif
Agatha Broadmoor, voyante dans un sale état

Vous trouverez ci-après les réflexions d’un observateur neutre.

2. Evénements

Samedi 4 avril, en fin d’après-midi

Le Rugissant, un cargo cradingue sous pavillon yéménite, quitte Port Saïd avec une drôle de troupe à son bord. Quelques heures plus tôt, Cardiggan a offert ses derniers dollars au capitaine, un certain Ali Yussuf, qui mène son équipage d’une quinzaine d’africains d’origines diverses et variées (Egypte, Yemen, Soudan, etc…) d’une main de fer. Il est accompagné d’Harland, Thomson et Bapkins qui assure ses compagnons que les séïdes du Pharaon Noir ne les ont pas repérés.

Les investigateurs n’en mènent tout de même pas large car ils n’ont rien, leurs effets personnels ayant été embarqués sur le Leviathan, le paquebot sur lequel il devait initialement faire le trajet. Ils traînent avec eux Vanheuvelen, l’archéologue hollandais alcoolique, James Gardner, également archéologue qui semble toutefois plus posé mais surtout… Agatha Broadmoor, qu’ils ont kidnappé et qui ne semble plus avoir toute sa tête.

Il faudra une douzaine de jours pour rallier Mombasa en faisant escale à Port Soudan, Aden et Mogadiscio. Dans la panique de la fuite, le trajet et la date d’arrivée du paquebot où doivent se trouver leur compagnon ne sont pas très clairs… où les retrouver?

aden

Lundi 6 avril, au matin

Après deux jours à se terrer au Caire chez des hommes de confiance d’Amenhotep, Atkinson et Green se glissent en catimini à bord du Leviathan, à bout de force et en manque de sommeil. Ils pensent avoir été suffisamment discrets pour tromper la vigilance des sectateurs lancés à leur recherche.

Atkinson est particulièrement suspicieux, il est persuadé que ses camarades, à part Green, l’ont trahi et qu’ils ont rejoint les forces du terrible Omar Shakti.

Les jours suivants…

Sur le Rugissant, les choses ne vont pas si mal. Gardner semble être quelqu’un de confiance et Vanheuvelen a sympathisé avec l’équipage, en particulier le second du capitaine avec qui il a eu quelques soucis dans un bar mal famé de Port Soudan… heureusement sans conséquence.

Bapkins relit sans relache ses notes afin de dégager de nouvelles pistes pendant que Cardiggan et Harland s’exercent à la lutte. Seul bémol, l’état d’Agatha semble se déteriorer et la vieille dame parle de visions de plus en plus fréquentes, elle semble s’égarer entre le rêve et la réalité et ne cesse de répéter que quelqu’un ou quelque chose va venir la chercher.

Alors qu’elle semble plongée dans un sommeil agité, Harland dégotte un morceau de papier sur lequel il décide de noter les divagations de la spirite, il en retirera une page griffonée au fil des jours (voir AdJ).

Pendant ce temps, dans un cadre plus confortable

leviathan

Green et Atkinson, plus paranoïaque que jamais, se terrent dans leur cabine qu’ils ne quittent que quand cela est strictement nécessaire. Ils passent leur temps à se reposer et à lire les ouvrages déjà entamés au Caire.

Mercredi 8 avril, au Yemen

Harland décide de rédiger un télégramme qu’il laissera à la capitainerie afin de tenter de contacter ses camarades:

Effectuons une agréable traversée – STOP – Notre ami ivrogne boit toujours autant – STOP – Notre amie de calcédoine ne voit plus grand chose – STOP – Le jardinier semble OK – STOP – Vous attendrons à votre arrivée pour la suite de notre petite randonnée – STOP – Signé: La Fouine, le Collectionneur et l’Homme de Loi – STOP – A bientôt – STOP.

Le destin est joueur car le Leviathan est déjà à quai mais Harland ne le remarque pas. Le message arrive quasi instantanément à ses compagnons qui se méfient du messager et lui demandent de glisser le télégramme sous la porte… Après lecture, ils décident que le plus sage est de retrouver leurs amis à Mombasa vu qu’ils seront apparemment là bas pour les attendre.

Sur le Rugissant

Le cargo repart d’Aden pour Mogadiscio, Agatha a de moins en moins de moments de lucidité, comme si ses dons de clairvoyance n’étaient plus canalisés. Elle alterne léthargie et propos sans queue ni tête. Harland continue à prendre des notes.

Gardner, qui a côtoyé la voyante pendant plusieurs semaines passe le plus clair de son temps à la veiller. Il a l’air particulièrement inquiet. Les investigateurs le sont aussi mais pour d’autres raisons, craignant l’apparition d’une nouvelle créature. Et si Agatha était une sorte d’aimant psychique? A quoi cela a-t-il servi de la sauver s’il faut finalement se résigner à la tuer? Si elle meurt, est-ce que le capitaine les dénoncera aux autorités pour s’éviter des problèmes? Ou les évènements récents l’ont-ils simplement perturbée plus que de raison?

En tout cas Vanheuvelen se tient à carreau depuis ses démêlés avec les autorités soudanaises, ou du moins c’est ce qu’il paraît.

12 avril, Mombasa, début de soirée

Le Leviathan arrive en vue de Mombasa dans une ambiance chaude et moite. Atkinson et Green payent un groupe de jeunes porteurs pour les aider à débarquer leurs affaires ainsi que celles de leurs compagnons jusqu’à un hôtel discret de milieu de gamme. La vue depuis l’île sur le continent est magique et intemporelle, le reflet des lumières mourantes dansant sur les vagues.

Etrangement, personne ne les attend au port… n’est-ce pas ce que disait le télégramme?

13 avril, Mombasa

Décontenancé par l’absence de ses compagnons, Atkinson est dorénavant persuadé qu’ils cherchent à lui nuire et qu’ils l’ont trahi. Le mieux à faire est donc de sécuriser les artefacts et de quitter la ville au plus vite.

Ainsi, la dalle représentant une partie de l’Oeil de Ténèbre et de Lumière est envoyée à Kensington ainsi que le coffret de Gavigan contenant une dague, accompagnés de deux livres: la Vie d’un Dieu et les Sectes secrètes d’Afrique. Il rédige également un télégramme pour l’éditeur New-Yorkais pour lui exposer la situation et le prévenir de l’arrivée imminente de ces objets de valeur.

La compagnie ougandaise de transport propose un train pour Nairobi par jour qui part tôt le matin. Les billets sont réservés pour le lendemain, la chaleur est étouffante et les deux compères ne sont pas mécontents de quitter le port dans les plus brefs délais même si Green n’est pas très serein à l’idée de ne pas avoir retrouvé le reste du groupe.

14 avril au matin, dans le train partant de Mombasa

Le train est étrangement découpé, chaque wagon étant dédié à une classe de la population. Atkinson et Green ont pris un billet dans le wagon occupé par les blancs pour ne pas paraître suspects au milieu des marrons ou des noirs. Au moment d’embarquer, Green croit apercevoir un indien enturbané et moustachu qu’il a vu à leur arrivée mais la vision est fugace et il met ça sur le compte du surmenage.

L’aménagement à bord est plutôt luxueux et les paysages traversés sont magnifiques: savane, girafes, éléphants… on aperçoit même le Kilimandjaro au loin! Une parenthèse bucolique après tant d’horreurs est la bienvenue.

train-mombasa-nairobi

Mais le répis est de courte durée. Alors qu’ils profitent d’un repas roboratif dans le wagon restaurant, les deux acolytes sont surpris par un cri poussé par un autre passager. Une lumière vive illumine l’extérieur du wagon et semble se rapprocher des investigateurs. Arrivée à leur niveau, ils aperçoivent deux petites boules de feu, de la taille d’une balle de tennis qui heurtent la paroi du wagon pour la faire céder.

Incrédules, ils prennent leurs jambes à leur cou alors que métal et bois fondent comme du beurre et que les créatures se ruent à leur poursuite! Dans la panique, Green arrive à récupérer un broc d’eau prévu pour les toilettes et noie une des bestioles qui disparaît dans un “pssschhhhht” sinistre.

Atkinson n’a pas cette chance et ses vêtements commencent à prendre feu alors que la seconde créature s’acharne sur lui. Green tente d’aider son ami mais ce dernier trébuche devant les assauts répétés… il ne peut que se résigner avec horreur: l’ancien moine est condamné et il y a de fortes chances qu’il en soit de même pour lui!

La seule alternative: continuer à fuir vers la locomotive en traversant les différents wagons. Alors que la boule de feu est sur le point de le rattraper, le dandy a tout juste le temps de sauter dans la réserve d’eau de la locomotive où il manque de se noyer.

Heureusement pour lui, les conducteurs “éteignent” la bête à grand renfort de sable et d’eau avant de le sortir suffocant de la citerne. “Mais bordel! C’était quoi cette grosse braise que vous baladiez avec vous!” Les ennuis ne font que commencer! Les autres voyageurs n’ont pas réellement identifié ce qui s’est passé et ont surtout vu deux hommes mettre le feu au wagon avant de s’enfuir.

Après quelques heures de retard, de nuit, le train gagne enfin Nairobi où les autorités locales attendent Green pour le mener en prison, on n’aime pas trop les pyromanes dans le coin.

15 avril au matin, Mombasa

Le Rugissant débarque enfin à Mombasa où ni Green ni Atkinson ne sont en vue… Inquiets, les investigateurs commencent par amener discrètement Agatha à l’hôpital sous un faux nom, Gardner restera avec elle.

La décision est vite prise de ne pas aller voir Ahja Sing: il est quasi certain qu’il est relié au culte et lui rendre visite ne ferait que générer des risques. Le coeur des recherches doit se concentrer sur Nairobi où l’expédition Carlyle a séjourné quelques temps. Ils prennent donc un billet sur le train du lendemain matin…

C’est à cette occasion qu’ils entendent un jeune marchand de journaux crier les titres du jour: “Demandez l’édition du jour! Incendie sur le train Mombasa-Nairobi! Un étranger pyromane ravage plusieurs wagons!”

Leur sang ne fait qu’un tour, qu’a-t-il bien pu se passer? Ils l’apprennent bien vite quand ils voient la photo de Green à la une… qu’est-ce qui est passé par la tête de leur camarade pour qu’il commette une telle folie? Leur inquiétude redouble quand ils ne voient aucune mention d’Atkinson…

16 avril, à Nairobi

Contrairement au premier duo, le reste de la troupe gagne Nairobi sans encombre. Avant de partir, il est convenu d’entretenir une liaison télégraphique avec Gardner en cas de problème ou d’évolution de la situation d’Agatha.

Il est déjà tard quand la troupe atteint sa destination et ce n’est pas le prédicateur de la gare, prônant l’indépendance du pays, qui leur fera perdre du temps. Même si la communauté blanche locale aura vite vent de leur arrivée, ils préfèrent la discrétion du quartier marron où l’agitation commerciale constituera un parfait camouflage. Ils y trouvent rapidement un hôtel où s’installer, quasiment à court de ressources. Ils ont toutefois le temps d’apercevoir le wagon calciné à la gare… le feu a dû être particulièrement violent pour générer de tels dégâts, restait-il un bâton de dynamite?

17 avril, investigations à Nairobi

Les recherches commencent, Thompson et Harland cherchent un indigène pour pister la sortie de prison de Green contre quelques billets. Les charges contre lui ne se basent sur aucune preuve tangible et il ne devrait donc pas rester bien longtemps à l’ombre.

Pendant ce temps, Cardiggan et Bapkins décident de se rendre aux Affaires Internes afin de connaître la version officielle concernant la disparition de l’expédition. Ils y rencontrent Roger Corydon, un fonctionnaire moustachu sympathique qui se souvient très bien du passage d’Elias il n’y a pas si longtemps. Ils y apprennent que les cadavres retrouvés étaient particulièrement bien conservés et récupèrent le rapport officiel (voir AdJ). Le Lt. Mark Selkirk qui était impliqué dans les recherches a depuis trouvé la mort dans un tragique incendie mais les King’s African Rifles sont toujours en charge de la sécurité de la ville.

C’est logiquement au quartier général de cette institution britannique que continuent les recherches. Le Cpt. Montgomery est également prêt à coopérer avec le reporter et le détective, le dossier est de toute manière classé depuis bien longtemps et ce n’est pas d’en discuter qui risque de le faire rouvrir.

Un seul homme présent lors de la découverte des cadavres est encore au Kenya. Il s’agit du Sgt. Leonard Bumption qui était simple messager à l’époque. Il raconte en détail cette expérience macabre en insistant bien sur certains détails sordides comme la présence de la tête d’Hypatia Masters parmi les cadavres.

Ils apprennent toutefois que c’est un certain Sam Mariga qui a déclaré la découverte du charnier et mené les autorités sur place. C’est un noir d’un certain âge, militant indépendantiste mais relativement respecté par les blancs, on le trouve habituellement aux alentours de la gare où il officie comme jardinier quand il ne sert pas de guide dans l’arrière pays.

18 avril, réunification

Green sort de prison, un noir lui fait signe… inquiet, il suit tout de même l’homme qui le mène dans un bar à quelques ruelles de là. Dans la pénombre, il distingue deux visages connus, Thompson et Harland! Ils ne l’ont finalement pas abandonné!

Heureux de retrouver ses camarades et rassuré à l’idée qu’ils n’ont pas changé de camp, il leur apprend la funeste nouvelle concernant Atkinson mais le temps n’est pas au deuil, il faut récupérer les biens de l’équipe que la police a stocké le temps de l’internement. La discrétion est de mise et tout est transporté peu à peu à l’aide de locaux payés grassement.

L’équipe réunifiée reprend ses investigations chez le Dr. Horrace Starret qui a apporté un soutien logistique à l’expédition. C’est l’occasion de parcourir la ville noire où le médecin-pasteur dirige une mission anglicane ayant pour but d’éduquer les jeunes indigènes.

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Après quelques mises en garde contre les dangers locaux (maladies, créatures venimeuses et autres joyeusetés), le docteur indique que l’entrevue avec les membres de l’expédition a été brêve et cordiale. Miss Masters auraient même fait un don important aux bonnes oeuvres.

Il a été très peiné par le massacre et son examen des corps a révélé certains éléments étranges: les lambeaux de chair n’ont pas pourri et aucun animal ne les a dévoré. C’est un miracle qu’il n’y ait pas eu plus de détérioration au coeur de la jungle. “Une fin bien étrange, vous en conviendrez. Mais cela me conforte dans ma foi ; ces malheureux ont été condamnés par la main même du Maudit! Seul un maléfice surnaturel peut expliquer la chose”.

Une rencontre historique

Dans l’après midi, le groupe rencontre Sam Mariga qui ne leur apporte pas d’élément nouveau mais reconnaît en eux un certain mysticisme… il leur conseille de rencontrer Johnstone Kenyatta, un leader indépendantiste qui pourrait les aiguiller dans le bon sens.

Retour dans la ville noire où les regards en coin fusent de toute part au passage de ces étrangers jusqu’à l’Association Centrale Kikuyu, sur Marianna Street. Kenyatta est un homme fort et élancé, vêtu d’un costume européen élégant. Son regard perçant démontre d’une grande force de caractère et il s’exprime dans un anglais parfait. La discussion s’engage et rapidement, les noms de Jackson Elias et la la Langue Sanglante sont mentionnés, à ces mots, il propose aux investigateurs de passer dans une pièce un peu plus discrète.

“Les vieux usages sont cruels”, dit-il, “et je ne les connais qu’assez mal. Chez moi, j’entendais beaucoup d’histoires à ce sujet mais je m’en suis enfui il y a plus de vingt ans. Mon grand-père était un puissant murogi, un devin. J’ai essayé de fuir ce monde pour accéder au vôtre, Messieurs. Quelle ironie, alors que je m’efforce d’appréhender votre héritage, vous vous intéressez au mien.”

Pendant un temps, il semble méditer. “Il y a beaucoup de choses que je ne comprends pas dans ce que vous m’avez dit, et encore plus que j’ai du mal à croire. Mais je perçois quelque chose en vous, une urgence légitime. Je dois avoir hérité d’une part des pouvoirs de mon grand-père. Si vous êtes d’accord, il y a un homme que vous devez rencontrer. Je n’en avais pas parlé à Jackson Elias car il me semblait condamné. Je ne voulais pas accabler mon ami d’un tel fardeau. Mais vos destinées sont encore inachevées, de grandes victoires vous attendent sans doute, ou des tragédies qui dépasseront celles de la plupart des mortels.”

Surpris par un tel discours, le groupe répond par l’affirmative sans trop se poser de question. Leur hôte s’absente quelques instants avant de réapparaître. “Un ami vous attend près de la porte. Suivez-le à distance, il veillera à ne pas vous semer. S’il s’arrête et paraît attendre, faites-en autant. Il franchira une porte jaune, suivez-le rapidement et sans hésiter. Je suis content de vous avoir connus.”

Après avoir serré la main de chacun, Kenyata repart à ses affaires. “Bonne journée, Messieurs.” L’équipe n’en mène pas large devant tant de charisme et emboîte le pas de leur guide.

Plusieurs dizaines de minutes durant, l’homme effectue tours et détours dans la ville noire et ils comprennent vite que la manoeuvre a pour objectif de perdre d’éventuels espions. La porte jaune apparaît enfin et ils se précipitent dans la bâtiment où se trouve un camion dans lequel ils s’entassent.

Le trajet commence, peu confortable mais terriblement exhaltant. Deux heures plus tard, un petit village est en vue mais l’accueil n’est pas à la hauteur de leurs espérances. Un certain Okomu se présente à eux et les jauge sèchement. Qui sont-ils pour dire lutter contre les forces du mal? Qu’est-ce qui prouve qu’ils sont à la hauteur et dignes de rencontrer le Vieux Bundari, le plus grand des sorciers d’Afrique? Un débat houleux s’instaure où chacun tente d’expliquer les actions accomplies ces derniers mois. Okomu s’apaise, les étrangers seraient-ils digne de confiance après tout?

Une tenture s’ouvre vers une hutte plus grande que les autres, un à un, ils entrent dans l’obscurité, fondu au noir.

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