Cthulhu – Masques de Nyarlathotep – CR#19

Pour repartir sur des choses plus légères que l’actualité de la semaine dernière, je vous propose ce scénar transitionnel aucours duquel les personnages ont entamé leur folle course vers la Montagne du Vent Noir. J’avoue ne pas être super content de la manière dont j’ai géré les choses… j’avais prévu plusieurs événements pendant leur randonnée mais la plupart n’ont pas eu l’impact que j’aurais souhaité.

Dans ces rencontres, j’ai intégré une très bonne idée de Dweller, un habitué de TOC, qui publie les CR de son équipe sur un très chouette blog. Elle consistait à mettre en scène un belge canibale accompagné de sa troupe de sectateurs noirs, l’objectif étant de le faire paraître inoffensif de prime abord, de faire monter la sauce autour du feu de camp jusqu’à l’attaque inévitable dans une ambiance bien glauque. Au final, mes joueurs sont tellement paranos qu’ils ont filé dès qu’ils ont pu avant de se faire attaquer sans perte majeure… Très déçu sur ce coup mais ce sont les aléas du mastering.

Autre déception, j’avais déplacé le fameux relais de chasse après N’Dovu, aux portes de la Montagne, en modifiant totalement ce qui pouvait s’y passer pour rendre l’épisode plus intéressant, plus cohérent avec la campagne et surtout moins létal. Je savais que leur parano leur ferait éviter le village mais ils ont également limité leur passage au minimum vital: un ravitaillement forcé de quelques heures et bye bye… mais ils y reviendront, vous verrez. :)

Bref, je vous laisse à la lecture de cet épisode qui était quand même sympathique, surtout quand quelqu’un rolle un 100 sur un pont de cordes!

savane_kenya

Balade en forêt

1. Présentation

Session de jeu #19:
Mercredi 2 décembre 2014

Investigateurs physiquement présents :
Edward Green, explorateur
Elliot Thompson, homme de main
Shaun Harland, collectionneur d’art

Investigateurs skypement présents :
Charles R.R Bapkins, détective conseil
Max Cardiggan, reporter sans frontière

Personnages présentement non-joueur :
Sam Mariga, guide
Muthemba et Waugoudu, porteurs

Vous trouverez ci-après le compte rendu des évènements par Elliot Thompson.

2. Evénements

26 avril 1925

Ce matin Vanheuveulen est parti comme prévu en expédition en direction de la Montagne Noire. Nous l’envoyons à la mort sans scrupule, les autres s’en rendent-ils compte ?

Me sacrifieront-ils moi aussi quand ils l’estimeront nécessaire ? Non je ne suis pas leur pion, ils ne peuvent pas me faire ça, je verrai clair dans leur jeu, depuis le temps que je les observe. Atkinson était le seul avec un peu de bon sens, et d’estime pour ce pauvre Vanheuvelen. Au moins j’ai hérité de sa magnifique peinture.

Nous partons ce soir en camion sous couvert de partir en safari, j’espère que cela suffira à nous mettre à distance de nos poursuivants. Après une heure de route nous atteignons le début de la piste à pied, il est temps de poser le campement et d’instaurer les tours de garde.

Je vais me coucher tandis que d’autres font connaissance avec les porteurs, Muthemba et Waugoudu. S’ils veulent perdre du temps ils peuvent aussi parler avec la mule, enfin bon.

A mon tour de garde, j’apprends que Cardiggan a surpris un indien tentant de tuer notre mule à la sarbacane mais n’a pas réussi à l’appréhender malgré l’aide de Bapkins. Nos ennemis n’ont pas perdu notre trace, il est maintenant certain que nous ne reviendrons pas tous.

27 avril 1925

Au matin, nous avons la surprise de la visite d’Okomu. Le vieux Bundari a eu une vision: il a prédit l’avènement du fils du Dieu pour le prochain solstice, ceci étant le premier pilier de la fin des temps. Il a estimé urgent de nous prévenir mais ne peut se joindre à nous, il doit veiller son maître. Je me demande encore si la folie ne nous a pas déjà tous atteint pour croire si aveuglément ce qui pourrait n’être que les divagations d’un vieillard sénile.

Autrement, cette première journée de marche se passe sans encombre. Cependant une constatation troublante commence à m’inquiéter : pas un insecte ne s’approche de nous. Sommes nous déjà condamnés ou est-ce là le pouvoir des babioles du vieux ?

La progression se fait sans difficulté. Il faut quand même se relayer pour ouvrir par moment le chemin à la machette.

Lors de notre tour de garde avec Bapkins (nous les avons doublé pour plus de précaution) nous détectons une silhouette tentant de s’introduire dans la tente. Nous nous élançons, arme au poing, et arrivons au moment où il brandit une lame, prêt à égorger l’un des nôtres dans son sommeil.

Je fais feu et le touche à la jambe, il se jette dans l’ombre. Comprenant qu’il tente de sortir en dessous de la toile et voyant l’inertie de Bapkins, je ressors et le trouve à moitié sorti. Quelqu’un doit le retenir de l’intérieur. Cependant il n’essaie plus de fuir mais fait des gestes étranges et psalmodie dans une langue inconnue. Je continue à faire feu mais l’incantation continue et je dois me résoudre à lui tirer une balle dans la tête avec dégoût.

En retournant dans la tente je découvre que Cardiggan a perdu la première phalange des doigts de sa main gauche après avoir saisi la jambe de l’indien. Il affirme qu’elles sont tombées en cendres mais je pense plutôt à un coup de couteau. Le choc certainement.

28 avril 1925

Cette sensation d’étouffement liée à la température et à la végétation me prends de plus en plus souvent, la chaleur est pourtant plus clémente qu’à Mombasa. Hormis celà, seul élément notable, la traversée d’un précipice à l’aide d’un pont de cordes qui n’a pas manqué de s’effondrer lors du passage d’Harland. Celui-ci ne doit la vie qu’à la corde de sécurité que nous avions installé et à l’intervention d’un des porteurs.

pont_cordes

La nature est hostile mais les constructions humaines le semblent tout autant.

29 avril 1925

C’est de plus en plus éprouvant, je frôle maintenant la crise de panique par moment. J’ai l’impression que la jungle draine nos forces, il va nous falloir ralentir ou nous ne sortirons jamais de là. Green est également profondément éprouvé, il parle de visions qu’il aurait eu de cet endroit, le manque d’oxygène fragilise même les plus aguerris

30 avril 1925

A la fin de mon tour de garde, voulant réveiller les autres, je suis surpris par un serpent s’étant installé sur le toit de la tente, prêt à mordre quiconque rentrerait ou sortirait. Il est d’un vert émeraude brillant, probablement un de ces mambas verts dont nous parle souvent Mariga.

mamba vert

Après avoir bataillé près de 10 minutes à l’aide de toile de sac et gros baton, je constate que Bapkins observe la scène depuis le début sans sourciller. Je commence à me poser des questions sur lui. Lors des deux incidents nocturnes déjà il n’a pas été d’un grand secours, a-t-il toujours la motivation pour continuer ou son esprit est-il rongé par un mal insidieux ? Il me faudra le tester et apprendre à ne pas compter sur lui le cas échéant.

2 mai 1925

Soulagement, nous quittons enfin la forêt. La claustrophobie me guettait.

Alors que nous souhaitons poser le campement au détour d’un bosquet nous tombons sur le campement d’un belge, un certain Van Laerhoven. Celui-ci nous propose de nous installer avec lui mais nous sentons tous que quelque chose ne tourne pas rond.

Il prétend revenir d’un safari au Congo mais il ne semble pas avoir ramené de trophée, son matériel paraît insuffisant, en particulier les réserves de nourritures, ce pauvre noir soit disant blessé mais ligoté sur une caisse et puis cette odeur nauséabonde qui plane sur le camp.

Nous décidons de refuser poliment l’invitation et de poursuivre un peu plus notre chemin tout en nous préparant au pire. Après quelques mètres seulement des hommes surgissent de buissons et tentent de nous charger, kicoupe à la main. Derrière eux, Van Laerhoven arme son énorme fusil de chasse et vise dans notre direction.

Prêts, nous ouvrons le feu, mettant hors d’état de nuire ces sombres individus. Je retourne sur les cadavres pour m’assurer de la bonne mort de chacun d’eux et découvre que tous sont mutilés, il manque une main à l’un, une oreille à l’autre, pas un n’est entier. Même la jambe de Van Laerhoven que Green a explosé est en bois. Ils ont également tous une scarification en forme de spirale épineuse… encore quelque chose de pas bien catholique. Et tous manquaient d’hygiène corporelle ou souffraient d’une maladie cutanée, je comprends d’où venait l’odeur.

3 mai 1925

Nous décidons communément de contourner N’Dovu et de nous ravitailler à un relais de chasse connu indiqué par Mariga. Plusieurs personnes y ont disparu dernièrement mais ce sera toujours moins dangereux et visible que le village.

Néanmoins nous y envoyons notre guide afin d’avoir des nouvelles de l’expédition Vanheuvelen. Nous en profitons pour prendre un jour de repos.

4 mai 1925

Sam est de retour et nous apprend qu’apparament notre ami hollandais serait déjà passé à l’aller mais il n’est pas très clair sur le retour. S’il est vraiment reparti pour Nairobi, comment a-t-il réussi cet exploit ? Heureux les simples d’esprit et les alcooliques !

Nous ne changeons pas le plan et levons le camp.

5 mai 1925

Nous arrivons à destination en fin d’après-midi mais nous décidons de monter le camp à bonne distance du relais. Nous nous y rendrons le lendemain pour demander des vivres afin de repartir le jour même.

safari

6 mai 1925

Nous sommes parfaitement accueillis par Sir Henry Endicott et son unique (et muet) serviteur Joe. La méfiance des autres à l’encontre du « Colonel » me surprend. Les explications de cet homme, très sympathique au demeurant, sur les disparitions sont très rationnelles et convaincantes. Et je trouve vulgaire la manière dont le groupe a exprimé son désir de ne pas s’éterniser ici.

Il nous gratifie toutefois d’une petite visite du poste d’observation duquel nous apercevons plusieurs animaux sauvages, avant de nous raccompagner à l’entrée de la propriété.

Plus tard dans la journée, alors que nous faisons une pause, Green aperçoit un léopard qui semble nous observer depuis un promontoire rocheux. Y voyant un funeste présage, le pauvre bougre épaule son fusil mais l’animal s’est volatilisé avant qu’il appuie sur la gachette.

leopard

7 mai 1925

Finie la végétation luxuriante, je me tiens debout devant la Lande Stérile. Un paysage lunaire, tout n’est que cendre, miasmes et fosses boueuses. Y a-t-il eu de la vie ici ?

Un frisson me parcourt puis le froid m’envahit. Comme si, après le feu qui a tout consumé, plus aucune source de chaleur n’était possible ici.

Nos porteurs nous annoncent qu’ils n’iront pas plus loin, on ne pouvait pas en espérer plus de ces sauvages mais ils auront au moins été jusque là. Ils nous attendront à quelques heures de marches pendant une semaine puis ils regagneront Nairobi.

Alors que nous nous apprêtons à fouler la Lande, quatre silhouettes se dessinent sur le chemin derrière nous. Nous attendons qu’elles arrivent à notre hauteur en nous écartant raisonnablement du chemin et découvrons un couple accompagné de deux enfants.

Ils ont l’air tout à fait normaux et semblent même animés d’une certaine joie… jusqu’à ce que l’homme nous décroche un grand sourire, un rictus teinté d’une folie que nous n’avons que trop vue ces derniers mois. Nous laissons ces pélerins continuer leur périple, nous aurons assez à faire avec ce qui nous attend.

La traversée de la Lande est pénible mais rapide et nous continuons notre chemin vers notre objectif. Deux heures plus tard, au détour d’une crête, elle est là, devant moi, tordue vers le ciel comme une insulte aux lois de la nature: la Montagne du Vent Noir.

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  1. Cthulhu – Masques de Nyarlathotep – CR#20 | bintz.fr - 9 février 2015

    [...] l’épisode kenyan, un grand moment de la campagne! Autant j’étais un peu déçu de la session précédente, autant celle-ci m’a ravi. Sachant qu’on serait pas mal dans l’action, j’ai [...]

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