Cthulhu – Masques de Nyarlathotep – CR#21

Après un des scénars les plus épiques de la campagne, les investigateurs méritaient un peu de repos mais je ne pouvais pas laisser retomber la pression d’un coup d’un seul.

A l’aller, je leur avais proposé un petit ravitaillement au relais de chasse. J’avais décidé de zapper complètement l’épisode des goules, hors sujet et trop mortel à mon goût, et j’avais situé la propriété de Sir Endicott sur la route entre N’Dovu et la Montagne Noire, leur donnant ainsi une alternative au village comme avant-dernière étape du trajet. L’objectif était d’accentuer la mainmise du culte sur la région en transformant le brave Joe en membre de la secte (son mutisme devenant d’autant plus inquiétant) et Endicott en un gars dépassé par les événements et obligé de payer le prix pour conserver ses terres: un touriste ou un serviteur de temps à autre.

Au retour, vu leur état, ils ont pensé que c’était leur seule option viable. Je leur ai juste mis un peu la pression pour qu’ils restent sur leurs gardes mais je ne pensais pas les mettre réellement en danger sauf grosse bourde. Pendant la partie j’ai insisté sur le fait que l’explosion de la Montagne et le nuage noir qui s’en dégageait pouvaient être le fameux « Vent Noir ». Ca les a tellement fait flipper qu’ils sont restés cloîtrés. J’ai du coup rebondi sur leur paranoïa pour les garder dans une ambiance un peu claustrophobe le temps que l’éruption passe. De plus, Cardiggan étant aux portes de la mort, il fallait choisir entre fuir avant l’arrivée du nuage mais en l’abandonnant ou rester sur place et risquer de tous mourir. Un bon moment de tension pour un truc grandement improvisé en séance!

Le reste de la session s’est résumé à peaufiner des détails organisationnels et à prendre un repos bien mérité avant d’entamer le chapitre chinois.

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De cendres et de feu

1. Présentation

Session de jeu #21:

Jeudi 16 février 2015

Investigateurs physiquement présents :
Edward Green, explorateur
Elliot Thompson, homme de main
Shaun Harland, collectionneur d’art

Investigateurs skypement présents :
Sam Mariga, guide
Max Cardiggan, reporter sans frontière

Extrait du journal de feu Charles Bapkins, repris par Shaun Harland.

2. Événements

9 mai 1925

La situation est de plus en plus périlleuse ici. Nous fuyons la Montagne Noire alors qu’elle crache une épaisse fumée suivie de lueurs incandescentes. Notre équipe n’est plus que l’ombre d’elle-même. Cardiggan, que nous transportons sur une civière de fortune, est en plein délire. Nous ignorons s’il passera la nuit. Thompson montre des signes inquiétants de dépression. Confus et hébété, il porte contre lui un enfant inanimé, issu des geôles de la Montagne.

Bref, il n’y a bien que Mariga, Green et moi-même pour résister à la souillure psychique de ces terres impies.

Malgré blessures, désarrois et traumatismes, nous parvenons à rejoindre nos deux porteurs et décidons de partir pour le relais de chasse avant que le nuage de fumée noire ne soit sur nous. Nous avons respiré les premières poussières et nous craignons pour notre santé.

Arrivés à destination en pleine nuit, nous sommes accueillis par Sir Endicott qui envoie Joe préparer le nécessaire pour soigner Cardiggan: aspirine, thé et compresses humides devront faire l’affaire pour lutter contre le venin. Nous reveillons deux pensionnaires, les Ferguson, venus semble-t-il pour profiter de l’arrière pays en s’octroyant une partie de chasse, l’homme est pédant et désagréable. Ne constituant pas une menace, nous les ignorons autant que possible.

C’est alors que Thompson réalise que l’enfant qu’il porte est mort sur le trajet. Nous tentons de le réconforter mais rien n’y fait. Je crois que nous l’avons vraiment perdu cette fois.

10 mai 1925, au matin

Enfin une nuit de repos ! Nous reprenons un peu de forces mais les courbatures se font toujours sentir et les blessures physiques comme psychiques sont loin d’être refermées, comment trouver un sommeil réparateur après avoir vu de telles horreurs? Cardiggan est toujours inconscient. Le nuage noir se rapproche et nous décidons de nous calfeutrer dans le relais. Nous sommes rapidement rejoint par les Ferguson et Endicott qui, réalisant l’urgence, abandonnent leur partie de chasse pour se mettre à l’abri.

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Tout à coup, Endicott s’aperçoit que Joe a disparu et cela le plonge dans une étrange et profonde panique. Nous retournons toute la maison et les alentours à sa recherche sans succès.

Dans le même temps, nous remarquons que Thompson est dehors, suffocant dans cet épais nuage de cendres. Avec l’aide de Green, nous parvenons à le ramener dans le relais. Le pauvre bougre, une bouteille de whisky à la main, s’était éloigné seul pour voir le nuage approcher…

Nuit du 13 au 14 mai 1925

Cardiggan émerge enfin. Il est néanmoins très affaibli et ses mouvements limités. Si nous voulons qu’il s’en sorte, il va falloir patienter jusqu’à ce que les cendres soient totalement dissipées car le voyage pourrait lui être fatal, à nous aussi d’ailleurs. Qui sait quel effet une exposition prolongée aurait sur nous?

Nous vivons en vase clôt depuis des jours et la tension monte avec le propriétaire des lieux. Après une âpre discussion, ce dernier finit par admettre qu’il craint Joe et les hommes avec qui il ne manquera de revenir. Tout s’éclaire alors: les disparus du relais de chasse ont été livrés à ces abjects indigènes! Peut être même que le blanc trouvé dans les cages de la Montagne était l’un d’eux. Mon Dieu, comment avons-nous pu être aussi aveugles…

N’écoutant que nos réflexes de survie, nous parvenons sans difficulté à faire entendre à Endicott et aux Ferguson que le danger est bien présent et qu’il va falloir quitter les lieux dès que possible. Nous effectuons un rapide inventaire des munitions et des vivres du relais en espérant que l’attente ne soit pas trop longue. Nous disposons de la voiture des visiteurs et du camion du propriétaire, cela devrait suffire pour tous nous transporter, la mule est de toute manière morte peu après notre arrivée…

20 mai 1925

L’attente a été interminable, angoissante, claustrophobique… mais nous sommes sains et saufs ou du moins c’est ce qu’il paraît.

Enfin ce maudit nuage dissipé. Départ imminent. 2 jours de voyage nous attendent.

Destination Nairobi. Sur la route nous croisons Joe qui avance déterminé à la tête d’une troupe d’une dizaine d’hommes. Nous ne demandons pas notre reste et filons vers la civilisation, s’occuper d’eux est sans importance et trop risqué.

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22 mai 1925

Le trajet s’est effectué sans encombre. Le véhicule des Ferguson et celui d’Endicott ont fait des merveilles malgré la route cahoteuse. Nous nous refugions chez Mariga où nous attend la stèle brisée, L’Oeil de Lumière et de Ténèbre, renvoyée par Kensington. Nous planifions de rejoindre le village du vieux Bundari le lendemain.

23 mai 1925

Arrivée au village. Okomu nous accueille avec beaucoup d’enthousiasme. Il est à la fois surpris et heureux de nous revoir. Nous lui résumons notre périple. Il nous invite alors à prendre un peu de repos au village où nous serons en sécurité et se charge de confier la stèle au vieux Bundari qui est actuellement en sommeil.

L’étude de l’artefact sera sûrement longue mais il a bon espoir d’en percer les secrets. Nous convenons que Sam Mariga préviendra Kensington par télégramme en cas d’avancée majeure.

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30 mai 1925

Après une semaine régénératrice, il est temps de quitter nos compagnons africains. Les adieux à Sam Mariga sont les plus poignants, il a tant partagé avec nous dans l’horreur de la Montagne!

Il nous confie son fils aîné, Jomo Mariga, « Le javelot flamboyant ». Quand tout cela sera terminé, nous tâcherons de le ramener sain et sauf à son illustre père.

1er juin 1925

Nous arrivons à Mombasa. Nous préparons notre départ pour Shanghai, prévu le lendemain à bord de l’Empress Of China, un navire battant pavillon indien (allez comprendre). Il y aura deux escales, une à Singapour et l’autre à Hong Kong pour environ deux semaines de voyage.

Nous retrouvons également Agatha Broadmoor et James Gardner qui ont trouvé refuge dans un hôtel de la ville après avoir quitté l’hôpital. A notre grande surprise, ils ne souhaitent pas rentrer chez eux mais désirent poursuivre le combat à nos côtés, en particulier la vieille femme qui a bien récupéré depuis son arrivée tumultueuse au Kenya.

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Par ailleurs, nous envoyons un télégramme à Erica Carlyle pour lui faire part de nos avancées :

« Certains encore en vie – Confirmons mort Masters – Continuons les recherches – Besoin finances, contactez Kensington. »

Avant de quitter l’Afrique, nous projetons un dernier « coup »…

2 juin 1925

Une lueur d’espoir a jailli au milieu des ombres cette nuit. Au milieu de l’obscurité, le feu rédempteur a consumé l’entrepôt d’Ajah Singh, supposé vil séide à la solde du Chaos Rampant. Cardiggan a jailli, tel le phœnix, et nous avons fait s’abattre l’apocalypse sur sa marchandise obscène. Du moins c’est ce que nous espérons puisque nous n’avons pas réussi à pénétrer dans le bâtiment.

Quelques heures plus tard, nous nous faufilons discrètement sur le paquebot et gagnons nos cabines de 2ème classe. Espérons que le trajet soit tranquille.

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