Cthulhu – Masques de Nyarlathotep – CR#22

Quasiment quatre ans que nous avons commencé la campagne… Même si nous avons repris un rythme de jeu mensuel depuis le début de l’année, je sens bien que la motivation décline, y compris la mienne, pas évident d’entretenir la flamme aussi longtemps. A l’occasion d’une discussion par mail avec un des joueurs, j’ai décidé d’ouvrir cette session 22 par un petit débat. Que pensez-vous de la campagne? Voulez-vous continuer? Si oui, quelle échéance vous semble raisonnable sachant qu’on peut finir très vite ou beaucoup moins vite?

J’ai beau connaître mes joueurs depuis très longtemps, ils ont tous été un peu surpris par la question. Faut dire qu’on n’a plus notre rythme d’ado/étudiant et la situation est inédite… Il en ressort que oui, tout le monde en a un peu marre pour plusieurs raisons:
=> certains joueurs parce qu’ils trouvent la campagne un peu datée et assez répétitive: on arrive dans un nouveau coin, on se fait botter le cul par le culte local, on apprend ce qu’ils font et on contre leurs plans, on bouge dans un nouveau coin, etc… même si j’insiste sur la non linéarité du truc, ils ont quand même l’impression d’être sur des rails. Je pense que tous ces facteurs sont largement agravés par le temps monstrueux depuis la première séance, on perd en immersion et en rythme à ne pas jouer très régulièrement ;

=> certains joueurs parce qu’ils ont l’impression de ne pas en savoir plus qu’au départ et parce qu’ils ont l’impression que leur perso stagne: sur le premier point, je leur ai expliqué que c’était normal, qu’ils ne pouvaient pas avoir toutes les clés alors qu’il leur reste deux chapitres à boucler sur six. J’ai par contre été plus étonné par l’aspect progression, surtout venant de joueurs habitués à l’Appel… la critique venait surtout de la connaissance du Mythe, peut être que je me suis raté à ce sujet et que j’aurais dû insister sur les connaissances acquises lors de la lecture des bouquins ;

=> moi parce que je m’interdis de masteriser autre chose car j’aurais l’impression de perdre du temps sur l’avancée des Masques, ce qui est particulièrement frustrant quand on a des tonnes de trucs dans les cartons (Delta Green, Achtung Cthulhu, Maléfices, Vermine, Pavillon noir, j’en passe et des meilleures…)

Mais il en est ressorti quelque chose de très important: tout le monde veut finir et ils prennent tout de même plaisir à jouer les Masques, malgré les défauts que je n’ai pas réussi à gommer. Pas question de s’assoir sur ces quatre années de jeu, ils veulent le fin mot de l’histoire et je veux leur faire découvrir. A une seule condition: finir vite mais sans bâcler. La fin approchant, j’avais déjà envisagé plusieurs dénouements à plus ou moins courte échéance, j’ai donc convenu avec eux de boucler en 2015.

Un des joueurs quittant Toulouse, nous avons convenu que la session 23 serait une grosse partie à l’ancienne: aprem + soirée + nuit avec tout le monde autour de la table, chacun faisant l’effort de revenir dans le coin pour l’occasion, c’était la semaine dernière et je vous en parlerai très bientôt!

En attendant, voici les premiers pas des investigateurs en Chine.

shanghai_rue

A la recherche de Jack Brady

1. Présentation

Session de jeu #22:

Mercredi 11 mars 2015

Investigateurs physiquement présents :
Edward Green, explorateur
Elliot Thompson, homme de main
Shaun Harland, collectionneur d’art

Investigateurs skypement présents :
Jomo Mariga, fils de Sam Mariga
Max Cardiggan, reporter sans frontière

Accompagnés par:
James Gardner
Agatha Broadmoor

Vous trouverez ci-après les réflexions d’un observateur neutre.

2. Événements

2 juin 1925

L’Empress of China quitte Mombasa, direction Shangai mais à son bord, l’ambiance est bien différente des autres traversées. Les passagers sont enjoués à l’idée de voguer en mer mais les investigateurs sont tiraillés par ce qu’ils ont vécu ces dernières semaines. Pas moyen de profiter, ni de se reposer.

Leurs nuits sont ponctuées de cauchemars mettant en scène l’horrible créature affrontée au sein de la Montagne du Vent Noir et la terreur ailée qui supervisa leur fuite. Les autres membres de l’expédition ont-ils subi le même destin funeste que la pauvre Hypatia Masters? Peut être que Brady pourra répondre, s’il est encore en vie…

Pour focaliser ses craintes vers quelque chose de positif, Cardiggan se fabrique un fétiche le plus identique possible à celui que lui avait offert Mami Wata à New York. Il adresse une prière à Agwe, le loa tutélaire de la vieille femme, alors qu’il revêt le nouveau collier fait de bric et de broc.

8 juin 1925

Le navire fait escale à Singapour sans incident notable. Le climat ressemble à celui de Mombasa, chaud, humide, étouffant. Rester sur le pont de l’Empress of China semble la meilleure option.

11 juin 1925

Nouvelle escale, cette fois à Hong Kong mais il est impossible de mettre pied à terre. Ils arrivent tout de même à se procurer un journal local et l’origine du blocage est inquiétante: il y a quelques jours, la police de Shanghai a ouvert le feu sur la foule, générant une grève générale et un fort rejet des étrangers. Ce mouvement anti-impérialiste a gagné une bonne partie du pays.

En glissant quelques billets à un membre d’équipage dont la famille est du coin, ils arrivent à envoyer un télégramme à Kensington, indiquant à ce dernier qu’ils se rendent à Shanghai et lui demandant l’avancement de sa traduction du livre d’Ivon.

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14 juin 1925

L’estuaire du Yangtze se profile à l’horizon mais il faut encore plusieurs heures pour gagner la ville elle même. Ici aussi, l’humidité est de mise et de fortes averses tièdes ponctuent la fin du voyage.

Comme ils le soupçonnaient, il n’est pas possible de débarquer tant que la ville est agitée. Le bateau reste à bonnes distances du port, au moins ici les occidentaux sont en sûreté.

21 juin 1925

Le petit jeu dure une semaine… de lecture, d’ennui et d’inquiétudes, toujours ponctuée par ces cauchemars récurrents, voire même une certaine claustrophobie écho de celle ressentie dans les galeries souterraines. Jomo initie ses partenaires à l’En Gehé (une sorte d’Awalé), Shaun développe une fascination pour le jeu relevant de la pathologie, il propose au fils Mariga de lui acheter et le garde précieusement avec lui.

En débarquant, les autorités fouillent les valises et tombent sur les vieux tomes ainsi que sur les armes. Après un bref passage au poste et quelques dollars plus tard, la petite troupe loue les services d’un paysan proposant sa charette et s’installe au Cathay Hotel, un établissement discret, proche du port. Il est d’ailleurs étonnant de découvrir cette ville de Shanghai si similaire aux métropoles occidentales. Certes la ville est baignée d’un traditionalisme ancestral mais la plupart des bâtiments ne dépareraient ni à New York, ni à Londres.

Après l’installation à l’hôtel, le groupe se divise en deux. Certains se rendent à l’HSBC afin de rendre disponible une partie de leur argent resté aux USA. Les autres écument le port à la recherche du bateau de la photo d’Elias, le fameux “Dam…”. A quai, aucun bâtiment ne correspond, ils décident alors de se rendre à la capitainerie. C’est l’heure de fermeture des bureaux et ils se rendent vite compte que la barrière de la langue est un problème. Ils arrivent toutefois, grâce à un généreux pourboire, à consulter les registres avec l’aide de l’employé de bureau. Le seul navire correspondant s’appelle la Dame Noire et bat pavillon britannique. Il est parti il y a seulement quelques minutes! L’un d’eux sort et le voit effectivement disparaître au loin, un magnifique vapeur d’une trentaine de mètres. Selon les registres, il vient à Shanghai environ une fois par semaine mais ne reste jamais plus de quelques heures, une note dans la marge indique qu’il jette l’ancre à quelques encablures du quai.

shanghai-port

Premiers contacts

En fin de soirée, faisant fi des risques encourus par les occidentaux vu le contexte des derniers jours, ils se rendent sur les quais à la recherche de l’entrepôt de Ho Fong. Ils trouvent rapidement quelqu’un pour leur indiquer le chemin mais les regards en coin ne manquent pas.

Sur place, Max et Jomo s’installent dans un coin discret, au milieu de caisses pour passer la nuit. L’entrepôt semble calme, seules quelques voix discrètes s’élèvent de l’intérieur. L’édifice est partiellement sur pilotis et un yacht luxueux est amarré au ponton, la Généreuse Déesse, battant pavillon britannique. Il est gardé par quelques hommes à la mine patibulaire.

Pendant ce temps, une petite équipe s’engage discrètement dans les ruelles qui mènent au Tigre Trébuchant. L’établissement est sombre et humide, probablement un nid à tuberculose… Ils discutent avec le barman, un certain McChum, qui leur dit tout d’abord ne pas connaître Brady mais les langues se délient bientôt et il explique qu’il est bien vivant puisqu’il lui a sauvé la vie, ici même! Malheureusement, il a quitté Shanghai pour Rangoon afin de prêter main forte à un certain Charlie Grey, un marchand d’armes.

Au cours de la conversation, un asiatique, lui aussi accoudé au comptoir et fin saoul attire l’attention de Thompson. Il est évident que cet homme n’est pas aussi ivre qu’il le prétend et il renverse bien plus d’alcool qu’il n’en boit. Une fois repéré, il se dirige vers la sortie en titubant mais retrouve bien rapidement ses moyens avant de semer Green dans les ruelles sombres. Ces derniers manquent de se perdre mais retrouvent le chemin du bar où leur hôte leur indique que cet homme s’appelle Chang Lee, un bâtard sino-japonais qui traîne souvent dans le coin.

22 juin 1925

La planque de nuit à l’entrepôt n’a rien donné mais Elliot, qui surveille depuis la fenêtre de la chambre, repère un asiatique qui semble surveiller l’entrée du Cathay Hotel.

Un nouveau télégramme est envoyé à Kensington pour lui préciser la situation et où joindre le groupe en cas d’urgence.

Un petit passage au consulat britannique permet également de confirmer que Charles Grey a bien un business d’arme à Rangoon.

Shaun décide de se joindre à Max, Elliot et Jomo pour surveiller l’entrepôt d’Ho Fong. Ils s’attablent à un bar proche et lancent une partie d’En Gehé. C’est là que tout bascule, en regardant les employés, Shaun est persuadé que ce sont de dangereux “hommes poissons” comme il a pu le lire dans les ouvrages impies qu’il étudie depuis des mois. Ses camarades, soucieux de son état, le renvoient à l’hôtel, le pauvre homme perd la boule.

En fin de journée, la luxueuse voiture du maître des lieux quitte l’entrepôt. Sautant dans un vélo-taxi, les Elliot et Max arrivent jusqu’à sa splendide demeure en bordure du quartier international.

Au même instant, une invitation à la fumerie d’Opium de Mrs Long est délivrée à leur hôtel.

fumerie-opium

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  1. Cthulhu – Masques de Nyarlathotep – CR#23 | bintz.fr - 29 février 2016

    [...] expliqué lors du dernier compte rendu publié, la lassitude sur la campagne commençait à se faire sentir après des années de jeu à un rythme [...]

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