Cthulhu – Masques de Nyarlathotep – CR#23

Comme expliqué lors du dernier compte rendu publié, la lassitude sur la campagne commençait à se faire sentir après des années de jeu à un rythme pas très régulier.

Pour palier à ça, nous avons organisé une session « à l’ancienne »: un weekend avec tout le monde présent physiquement et une grosse session du début d’aprem jusqu’au bout de la nuit. L’objectif affiché était de plier le chapitre chinois dans lequel j’avais allègrement sabré pour le rendre plus digeste.

Exit les 40 factions à gérer et les tonnes de PNJ, je les ai gardés uniquement en filigranes et j’ai saupoudré les informations jusqu’à la rencontre clé de la campagne avec Brady. Tous les ingrédients étaient alors réunis pour lancer le final cataclysmique mais pas trop non plus vu que la fin se situera en Australie.

Les joueurs ont apprécié, moi aussi et j’ai même pu caler les deux scénars de Sombre que j’avais fait jouer à d’autres personnes, un pendant la pause bouffe du soir et l’autre après avoir terminé le scénar en plein milieu de la nuit. C’était peut être un peu too much, surtout Ubiquité vers les 4h du matin avec un groupe à moitié endormi mais on s’est bien marré. (enfin endormi ou c’était la faute au rhum avalé pour éviter les pertes de SAN pendant la fin du scénar ;) )

En réalité, je publie ce CR qui est quasiment un des derniers, les sessions 24 et 25 ont été jouées, les CR sont rédigés et, ce weekend, c’est le Grand Final tant attendu. On n’aura pas réussi à boucler en 2015 comme on l’envisageait mais on ne sera pas passé loin et je vous raconterai tout ça très bientôt!

Bonne lecture!

shanghai-quai

Le Réveil du Dragon

1. Présentation

Session de jeu #23:

Mercredi 14 mai 2015

Investigateurs physiquement présents :
Edward Green, explorateur
Elliot Thompson, homme de main
Shaun Harland, collectionneur d’art
Jomo Mariga, fils de Sam Mariga
Max Cardiggan, reporter sans frontière

Accompagnés par:
James Gardner
Agatha Broadmoor

Récit d’un africain, Jomo Mariga, bien loin de son pays…

La nuit était calme, sans étoile. Loin au nord, la Montagne du Vent Noir surplombait la savane tranquillement endormie. Rien ne bougeait, immobile, il semblait que toute vie avait définitivement quitté les lieux. Un vent douceâtre soufflait par à coup, la nuit était chaude. Perdue en plein milieu de nulle part, une petite hutte traditionnelle kikuyu semblait pourtant, elle, être animée du rythme des esprits. De la lumière dansait partout à l’intérieur et les tambours de la brousse battaient à l’unisson…

A l’intérieur de la petite hutte d’herbes tressées et de boue séchée des hommes étaient regroupés autour d’un feu puissant et lumineux, certains jouaient du tambour, d’autres dansaient, chantaient ou titubaient ici et là, telles des âmes sans destination certaine. Des herbes hallucinogènes brûlaient dans de petits réceptacles de pierre brute, noyant l’atmosphère d’une brume onirique et irrespirable. Le groupe d’hommes torse nu, à la peau noire et perlée de sueur se laissait aller dans cette transe frénétique et à la fois effrayante. La vision de cette scène était étrange, comme une réalité déformée, échappant à la raison.

Au centre de tout ce tumulte l’un d’entre eux était différent, c’était un murogi. Calme il fixait les flammes d’un regard caché par un masque cérémoniel, représentant une créature irréelle, métaphore incompréhensible issue d’un temps ancestral et désormais révolu. Il chantait ou plutôt psalmodiait une incantation oubliée puis sur un geste, les bras tendus vers le ciel tout ce tapage cessa comme si une seule volonté avait lié et soumis le groupe de sectateurs tout entier. Son attention fût dirigée toute entière vers l’un des jeunes hommes…

Des visions cauchemardesques s’imposèrent à son esprit, le mal suintant de la Montagne du Vent Noir, enfantant en son sein des horreurs indicibles mais contre tant de ténèbres il vit un groupe de blancs, des occidentaux se dresser fièrement contre ce mal absolu. Il entrevit une issue possible, la rédemption pour les siens et pour ses terres natales, souillées au plus profond de ses racines. Désormais il le savait, quand il verrait les occidentaux, il les suivrait où que cela puisse le mener, et s’il le fallait il en paierait de sa vie, ce mal devait être stoppé quel qu’en soit le prix!

Plus tard dans la nuit alors que l’aube pointait ses premiers rayons de soleil sur la savane paisible, son père lui demanda : « Alors dis-moi fils, que t’as montré le murogi, qu’as-tu vu cette nuit, dis moi Jomo… »

2. Événements

22 juin 1925

Alors que nous sommes tous réunis à notre hôtel afin de décider des prochaines actions à entreprendre, Green découvre par la fenêtre embuée d’humidité un homme qui nous surveille. En maintenant une attention de tous les instant, nous découvrons que ce dernier est lui-même suivi par un autre individu. C’est étrange. Il y a bien trop de mouvement autour de nous : lorsque les aigles épient, le suricate reste dans sa tanière, c’est pourquoi je décide de rester à l’hôtel. J’en profite pour me documenter sur toute cette affaire et aussi afin de découvrir l’ampleur de l’aventure dans laquelle je me suis lancé, peut être un peu trop précipitamment…

Suite à l’invitation reçue précédemment, les occidentaux vont à la fumerie d’opium de Mrs Long. A leur retour, ils me racontent qu’ils ont rencontré un officier de police local. Il les a averti de ne pas faire d’esclandre en ville, surtout vu le contexte vis à vis des occidentaux. Il leur a aussi laissé entendre qu’il ne fait pas partie que de la police et que cette autre organisation nous a à l’oeil.

23 juin 1925

Le lendemain matin, Max tente de suivre un individu louche qui nous observait (encore un!) mais très vite dans le dédale de ruelles crasseuses, il se fait repérer. L’homme qu’il poursuivait semble s’adresser à la foule mais ce dialecte local semble définitivement hors de compétence de ce pauvre Max. Alors que la foule se retourne pour l’observer, une agressivité non dissimulée semble monter perceptiblement, il faut fuir et vite ! Cette filature est un fiasco et notre ami reporter évite un passage à tabac de justesse.

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Pendant ce temps, Elliot retourne au Tigre Trébuchant où il laisse un billet afin d’être averti dès le retour du sino-japonais.

Le soir venu, nous décidons d’un commun accord de pousser plus loin notre investigation à l’entrepôt de Ho Fong. Afin de faire diversion, Shaun frappe à la porte du hangar pour attirer les gardes de nuit pendant que nous nous introduisons, Max et moi-même, par la porte d’entrée des bureaux, tels d’agiles galagos.

Shaun fait monter le ton à la porte ce qui nous permet de commencer les investigations tranquillement. Toutefois, très vite, nous observons du mouvement à l’intérieur et des pas précipités en direction du hangar, que se passe t-il donc à la porte? J’espère que Shaun ne s’attire pas trop de problèmes! Nous nous retrouvons donc à devoir jouer au lion et à la gazelle avec les gardes. Ce soir là, Ngai devait être avec nous car nous arrivons à plusieurs reprises à déjouer leur attention. Max trouve un symbole (un rond avec deux ailes) ainsi qu’un registre. Il y apprend que « La Dame Noire » est partie pour l’Australie (à Darwin, au nord / Compagnie Randolf), une des destinations des registres de Gavigan. Pour ma part, je trouve une caisse arrivée le 15 mai et livrée par le bateau Sirocco venant d’Angleterre : tiens, tiens cela semble correspondre à ce qu’avait découvert mon équipée, quelques mois plus tôt alors que leur investigation les avait mené d’Amérique en Angleterre… Il semblerait qu’un autre navire ait pris le relais de celui saboté à Londres. L’organisation derrière tout cela a certes été retardé mais pas complètement bloquée.

Munis de ces précieuses informations nous tentons de ressortir de cette tanière nauséabonde mais impossible pour mon compagnon de crocheter la porte par laquelle nous sommes entrés, elle a été solidement cadenassée et reste close malgré nos tentatives d’ouverture répétées, Ngai nous aurait-il finalement abandonné?

Nous nous voyons donc obligés d’explorer le hangar, notre dernière chance pour trouver une autre sortie. Nous restons à couvert des nombreuses caisses entreposées ça et là et trouvons enfin une porte vers laquelle se porte tous nos espoirs, malheureusement cette dernière émet un horrible crissement lorsque nous l’ouvrons, nous sommes repérés!

Nous nous précipitons et obstruons la porte avec tout ce qui nous tombe sous la main. Les coups tambourinent déjà derrière mais nous trouvons une trappe. Cette dernière donne sur la mer en dessous et une barque est amarrée, finalement Ngai ne nous a pas oublié! Nous sautons dans l’embarcation et arrachons l’amarre. C’est à ce moment que la porte cède et nos poursuivants ne mettent pas longtemps à comprendre notre plan d’évasion. Alors que Max rame de toute ses forces, un calibre se dessine dans l’embrasure et fixe vers nous son œil noir. Tel le guépard acculé, dans un mouvement instinctif je saisis ma lance courte et la lance sur le garde. Je fais mouche et sous l’impact le bougre tombe à l’eau. Cela nous donne suffisamment de répit pour nous mettre hors de vue de nos poursuivants, mission accomplie… pour l’instant.

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24 juin 1925

Après nous être remis des émotions de la veille, nous décidons d’aller à l’université pour recruter un traducteur. Notre choix se porte sur Li Wen-Cheng, un jeune assistant bibliothécaire ayant quitté sa famille. Il nous aide à déchiffrer plus précisément le registre que Max a trouvé la veille. Les efforts de notre aide donnent vite leurs fruits : un terme récurrent apparaît « Annatut » qui pourrait être traduit par « Dragon gris », puis une description de matériel technique faisant référence à des termes comme « élévation » ou « évolution », du matériel évolué? Je ne comprends pas tout, mais cela semble t-il vraiment plus clair pour mes compagnons? Je n’en suis pas si sûr… Une analyse des allers-retours de la Dame Noire nous rend toutefois perplexe: comment ce bateau peut-il réaliser ses trajets aussi rapidement?

Nous en profitons pour nous rendre à la bibliothèque de l’université où parmi toutes nos recherches nous mettons la main sur une carte maritime, cela nous permettra d’en savoir plus sur la région.

L’après-midi, nous retournons une nouvelle fois au Tigre Trébuchant où nous interceptons et maîtrisons un homme de main couvert de tatouages dont un qui éveille plus particulièrement notre curiosité. Il représente une femme extrêmement obèse, drappée dans de nombreux voiles et cachant son visage derrière un éventail.

Nous restons sur nos gardes mais à la vue de la situation le patron du bar, le fameux McChum, semble plus causant cette fois et nous livre de précieuses informations. On peut même dire que la capture de cet individu patibulaire le panique, il a peur des représailles!

Tout d’abord, il nous apprend que Brady est à Shanghai! Cette nouvelle redonne espoir à tout le monde et nous met dans un état d’excitation tel une troupe de jeunes swambas. Tous ces miles parcourus pour tenter de retrouver ce fameux Jack Brady! Enfin il semble que nous touchons au but ; notre curiosité piquée à vif, nous soumettons le patron à un interrogatoire en bonne et due forme.

Il nous explique alors la signification du tatouage qui représente la Femme Boursouflée : signe de ralliement d’un groupuscule occulte et mafieux local à la réputation qui fait froid dans le dos (il semble que nous ayons trouvé nos adversaires locaux). Puis il nous précise que « le Dragon Gris » est en fait le nom d’une île volcanique à quelques miles nautique au nord-est de Shanghai. C’est là bas que se situerait le quartier général du groupuscule dont le chef n’est autre que Ho Fong en personne! Tout se recoupe, les pièces du puzzle se mettant en place sous nos yeux.

Enfin, le patron nous livre l’adresse d’une femme que fréquentait Brady, elle travaille dans une maison close, son nom : Choi Mei-Ling. Sur ce, il nous indique qu’il va fermer son bar quelques temps et faire profil bas car on viendra forcément lui réclamer des comptes.

Avec le sang-froid du prédateur, je me débarrasse discrètement de l’homme de main pour donner un peu de temps à McChum et nous décidons, le cœur gonflé d’une détermination sans faille, d’aller sur le champs rencontrer cette mystérieuse Mei-Ling…

Malheureusement nous apprenons sur son lieu de travail qu’elle a été vendue quelques semaines plus tôt à un docteur taoïste vivant plus loin dans la rue. Nous ne nous laissons toutefois pas abattre et après avoir recueilli l’adresse de ce dernier, Max et moi, l’équipe de choc à nouveau réunie, nous infiltrons chez lui. Arrivés dans sa chambre, nous trouvons l’homme seul et nous le menaçons afin d’obtenir des informations, mais le bougre nous a entendu arriver et ne manque pas de courage: il me tire dessus sans sommation.

Je prends une balle qui heureusement ne fait que m’effleurer. Nous menons par la suite un interrogatoire musclé mais il ne lache rien, même sous la menace de l’arme dont nous l’avons débarassé, hallucinant! Nous faisons choux-blanc et rentrons à l’hôtel l’âme en peine alors que la police arrive sur place, attirée par les coups de feu.

25 juin 1925

Les recherches à la bibliothèque avec l’interprète ont porté leurs fruits : nous apprenons en vrac que le club des navigateurs a partiellement été détruit, que des meurtres ont eu lieu sur Lantern Street (la rue du taoïste et de Mei-Ling) où une chauve-souris géante aurait été aperçue (?!) et qu’un incendie a dévasté un temple bouddhiste de Chin-Ling road. Rien que ça, il allait nous falloir redoubler d’effort afin d’y voir plus clair dans cette situation confuse… Pour cela, notre attention est attirée par la petite annonce d’un astrologue, un certain Mr. Lung, qui pourrait peut être nous orienter, ne négligeons aucune aide potentielle.

Shaun et Max, partent investiguer chez Mr Lung afin de voir si sa lecture des astres pourrait nous orienter. Mais après une séance de spiritisme étrange, composée d’un enchaînement de pratiques bizarres, mes deux compères sont invités à entrer dans une armoire ouvragée. C’est le moment que choisit une créature féline spectrale pour se manifester et gober littéralement Mr. Lung. Inutile de préciser que Shaun et Max n’ont pas demandé leur reste et ont pris leurs jambes à leur cou…

Nous allons ensuite au temple où nous retombons sur la piste de Jack Brady. Après investigation nous apprenons que l’un des moines témoins de la scène a rejoint un groupuscule nommé « Chine Nouvelle » qui lutterait contre la corruption. Nous nous montrons très intéressés pour rencontrer ces gens là… Etrangement nous recevons par la suite à l’hôtel un rendez-vous mystérieux pour le lendemain matin, dans un salon de thé populaire. Pendant ce temps Elliot repart au bordel mais n’en apprend pas plus sur Mei-Ling… Shaun et Max, mènent une enquête de voisinage concernant les meurtres de Lantern Street mais n’apprennent rien de plus.

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26 juin 1925

Au salon de thé, un chinois débarque, s’assoit à notre table et nous envoie de l’autre côté de la rue dans un bazar tenu par un vendeur douteux à l’allure sale. Mais après un moment de stupeur nous comprenons qu’il s’agit en fait de Brady, parfaitement grimé! Ce dernier, la mine patibulaire et burinée nous livre de précieuses explications concernant les tenants et aboutissants de notre sombre quête.

Il nous raconte comment Anastasia avait une très mauvaise influence sur Roger, qu’il considérait comme son frère. Qu’elle l’avait convaincu de se lancer dans ce projet insensé d’expédition en Egypte.

Là bas il passait beaucoup de temps avec Najir, Penhew et Huston, et cette étape semblait avoir rendu Roger complètement fou, sans parler de leur cérémonie au sein des pyramides. Lors du départ pour le Kenya, il prit la décision de kidnapper Roger et de fuir avec lui vers Mombasa. De là ils embarquèrent à bord d’un navire vers l’Asie. La santé de Roger décrut très vite par la suite loin de l’influence néfaste du reste du groupe et il le déposa dans un sanatorium de Hong-Kong afin de le protéger puis il partit lui même se réfugier à Shanghai où il avait de nombreux contacts datant des ses années en tant que mercenaire.

Mais il y a deux ans, il aperçut Penhew à Shanghai et il comprit alors que rien n’était terminé et qu’il fallait arrêter l’anglais coûte que coûte. Il connaissait l’emplacement de l’île du Dragon gris et il avait bon espoir de recréer le sceau de garde rompu en Egypte. Pour cela, il avait réussi à voler à Ho Fong un antique ouvrage, les 7 livres cryptiques de Hsan. Dans ces vieux parchemins se trouvait la formule pour créer l’œil de lumière et de ténèbres que mes compagnons cherchent à recréer.

Pour mener à bien sa quête, il s’était acoquiné avec un groupuscule, Action Sincère, une branche extrémiste et armée du courant Chine Nouvelle. Cette petite milice à disposition, il songeait à lancer l’assaut très rapidement sur le culte.

Il nous faut un moment pour digérer cette somme d’informations mais après avoir repris nos esprits nous lui demandons son aide pour lutter contre la secte de la Femme Boursouflée. Il accepte immédiatement notre offre afin de mener avec nous une action d’envergure sur l’île du Dragon Gris…

Du 27 juin au 10 juillet 1925

Nous préparons l’assaut du Dragon Gris sachant qu’une cérémonie s’y déroulera probablement lors de la prochaine pleine lune soit le 10 juillet. Nous sommes cachés chez des contacts de Brady que nous ne reverrons pas avant le jour J, il s’occupe de toute la logistique et nous en profitons pour prendre un repos bien mérité.

10 juillet 1925

Nous avons rendez-vous dans un entrepôt lugubre mais discret avec Brady. Nous terminons les préparatifs de dernière minute puis nous embarquons à bord d‘un navire en direction de l’île impie.

Arrivés à quelques encablures d’une plage au nord de l’île nous mettons les chaloupes à la mer et approchons de la côte à la rame. En contournant l’île, nous avons pu voir un ponton auquel est amaré le yacht personnel de Ho Fong et une cheminée volcanique sur les hauteurs.

L’ensemble du paysage, baigné d’obsucrité, nous donne un sentiment d’austérité, une sensation de répulsion au plus profond de notre âme, un peu comme si l’île elle-même ne souhaitait pas notre présence!

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Très vite notre arrivée est repérée car d’horribles hommes-poissons nous prennent pour cible alors que nous sautons des barques, de l’eau jusqu’à la taille. Pris de panique nous luttons coûte que coûte et très vite des tirs de carabine mettent fin aux velléités de ces créatures repoussantes… mais non sans perte. Nous comptons nos morts et repartons, déterminés, cela n’est pas un bon présage…

Nous nous enfonçons dans les profondeurs de la forêt luxuriante qui recouvre les terres en suivant une petite piste et nous repérons plus loin trois hommes postés en embuscade. Nous les mettons hors d’état de nuire assez facilement en j’en profite pour adresser une prière à Ngai ne sachant pas trop ce qui nous attend tapis dans l’ombre de la montagne volcanique qui nous surplombe de toute sa masse noire.

Nous reprenons la route du volcan et sur le chemin dans ma tête je m’adresse à moi même en ces termes : « M’paca sisi acuna matata » (jusqu’ici tout va bien) afin de me donner un peu de courage.

Le groupe finit par arriver devant une grotte qui semble s’enfoncer dans les profondeurs noirâtre du volcan. Malheureusement l’entrée est gardée mais c’était sans compter sur les ressources de ce bon vieux Max qui avale les dernières gouttes du breuvage offert par le vieux Bundari!

Il s’infiltre alors sans mal à l’intérieur de l’antre. Nous attendons cachés à l’orée de la forêt, une attente qui nous semble interminable… Max revient affolé parlant à toute vitesse, les yeux roulant dans ses orbites, d’une cérémonie se tenant dans une caverne au plus profond du volcan. Il nous faut agir pour la stopper et vite!

Nous sonnons l’assaut et descendons les trois gardes en faction devant l’entrée de la grotte en une fraction de seconde et nous précipitons dans un escalier taillé à même une roche hérissée d’aspérités coupantes, descendant au plus profond de l’horreur. Nous débouchons dans une grande caverne naturelle d’où percent un grand puit de lave en fusion ainsi que plusieurs bassins d’eau bouillonnante dans lesquels les créatures semblent baigner des pièces mécaniques comme pour les imprégner.

Il fait une chaleur étouffante et la luminosité orangeâtre donne un sentiment d’irréalité à l’ensemble. Une centaine de sectateurs mélangée à des créatures des profondeurs sont rassemblées au centre de la pièce et semblent psalmodier d’infâmes incantations impies. Parmi les créatures, certaines semblent s’afférer autour des bassins, l’une d’elles est même affublée d’une sorte de coiffe immonde ressemblant à un poulpe difforme. Au fond de la caverne près d’un autel drappés de tentures et décoré d’une gigantesque statue à l’allure obèse, deux individus dirige la cérémonie : Ho Fong et Penhew nous semble-t-il. Nous n’en attendons pas plus et entrons en action…

Shaun et Edward, les snipers du groupe, commencent à harceler de leurs tirs affûtés les deux leaders de la cérémonie mais sans succès. Le temps que les sectateurs comprennent ce qui est en train de se passer nous ouvrons tous le feu, déterminés.

Brady à lui seul descend trois des créatures, galvanisé par l’action et à la limite de la frénésie mais la foule compacte nous charge. C’est à ce moment que le petit bijou récupéré par le mercenaire, une gatling, montre son efficacité, un vrai massacre! Cela est sans compter sur les ressources impies dont dispose la secte et sous un regard empreint de folie une vision de cauchemar s’offre à nous: une créature cyclopéenne, un amas de chair, de mucus et d’yeux, munies de nombreux tentacules s’extirpe de l’un des bassins et se dirige vers nous alors que son contrôleur meurt sous nos balles! L’eau n’était donc pas en train de bouillonner!

Gardant mon sang-froid je décide de nous débarrasser de cette abomination en lançant une des grenades que l’on m’a confié. Trois hommes de Brady me couvrent dans cette tentative désespérée mais s’en est trop pour notre ami Max qui perd tout sens commun et prend ses jambes à son cou vers la sortie (après coup, je pense maintenant que c’est aussi cette vision qui a eu raison du reste de lucidité d’Elliot).

Nous arrivons à perturber complètement le déroulement de la cérémonie, mais la folie meurtrière des créatures infernales ainsi que de la horde d’adorateurs frénétiques nous oblige à fuir alors que les deux leaders sont encore en vie. Néanmoins, Elliot, dans un dernier élan de sacrifice, (ou de folie ? Paix à son âme) un bâton d’explosif dans chaque main, arrive à se frayer un chemin vers le centre de la pièce et, alors qu’il saute dans le gouffre de lave, emportant avec lui un sectateur, s’en est fini des espoirs du culte. La détonation est tonitruante et tout s’effondre déjà derrière nos pas alors que la gigantesque créature nous talonne. Le volcan déjà instable semble maintenant entrer en éruption!

Nous fuyons à brides abattues jusqu’à l’air libre alors que le souffle nous manque. Nous entendons le fracas du monstre se frayant un passage dans l’escalier en comprimant son corps contre la roche. Shaun est bon dernier et ses forces semblent l’abandonner dans cette chaleur immonde mais je ne peux rien pour lui, il faut courir, courir, aussi vite qu’un jour de pluie dans la savane. C’est alors que mêlé à une nouvelle explosion, j’entends un cri de détresse atroce et le bruit des os et de la chair broyés dans un immonde va et vient de sussion. Un compagnon de plus tombé au combat…

Nous filons vers la plage et prenons le large avec notre navire, juste à temps pour assister à une explosion titanesque du volcan qui engloutit une bonne partie de l’île et sûrement la quasi totalité des créatures et adorateurs par la même occasion. Ce n’est que justice rendue…

Nous reprenons la mer pour rentrer à Shanghai avec tous à l’esprit, la douleur d’avoir perdu des amis dévoués mais aussi le sentiment d’avoir accompli ce qui devait être fait, nous restons tout de même attentifs à chaque mouvement de la mer, on n’est jamais trop prudent. Comme on dit dans la savane africaine, tuer ou être tué ainsi va la loi de la nature, parfois la proie acculée peut dominer le prédateur et c’est bien ce que je comptais appliquer, je me battrais maintenant jusqu’au bout dussé-je le payer de ma vie…

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