Cthulhu – Masques de Nyarlathotep – CR#24

Pour moi, les Masques sont officiellement terminés depuis dimanche matin 4h30!

Mais pour vous, il reste encore un peu de lecture puisque nous ne sommes qu’à la session 24. Petit point sur les comptes rendus à venir:
=> session 25: début de l’investigation en Australie
=> session 26: première partie de la double session de ce weekend, arrivée à Cuncudgerie et préparation de l’expédition dans le désert
=> session 27: le grand final!

Je les publierai dans les jours/semaines qui viennent en fonction du temps que j’aurai. Je ferai également un petit article de bilan une fois que tout sera publié et probablement un autre sur la logistique du final mais je vais me prendre ça à la cool et savourer le fait d’être arrivé au bout, malgré le temps monstrueux écoulé entre la première et la dernière séance (10 juin 2011 => 5 mars 2016).

Sur ce, je vous laisse avec un grand moment de roleplay qui transparaît un peu dans ces lignes: la rencontre du pauvre Roger Carlyle.

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Un Sanatorium à Hong Kong

1. Présentation

Session de jeu #24:

Lundi 14 septembre 2015

Investigateur physiquement présent :
James Gardner

Investigateurs roll20ment présents:
Edward Green, explorateur
Jomo Mariga, fils de Sam Mariga
Max Cardiggan, reporter sans frontière

Accompagnés par:
Agatha Broadmoor (joueur malade)

Vous trouverez ci-après une analyse de la situation, ponctuée d’un extrait du journal de James Gardner.

2. Événements

Le passage du 10 au 11 juillet restera dans les mémoires du groupe comme une nouvelle nuit de cauchemars. Mais pas le temps de pleurer les morts qu’il faut panser les plaies et reposer les esprits.

Brady, subjugué par la victoire, ne veut pas en rester là. Selon lui, il faut terminer le nettoyage car le danger reste bien présent sur le continent. Son exaltation est à la limite de la folie mais qui pourrait lui en vouloir?

Green et Cardiggan sont aussi virulents que lui et demandent expressement de commencer la purge par l’entrepôt de Ho Fong. Un bon feu de bois devrait faire l’affaire.

Pendant ce temps, le groupe décide de partir, dès le lendemain, à Hong Kong pour y retrouver Carlyle. Si jamais l’étude du livre de Hsan avance, Brady les contactera par télégramme.

12 juillet 1925

Les investigateurs quittent Shanghai pour Hong Kong sous une pluie battante et tiède. Cette sensation atroce des vêtements qui collent à la peau n’est rien comparée aux horreurs passées, elle participe néanmoins à cette sensation de mal être généralisé dans lequel baigne tous les membres du groupe.

Deux jours plus tard, le port bouillonnant d’Hong Kong est en vue. Agatha Broadmoor est laissée à l’hôtel pour raison de santé pendant que les hommes attaquent non sans mal l’ascension menant au supposé sanatorium.

Le chemin de terre est glissant, la pluie redouble de force et quand le bâtiment apparaît derrière un rideau d’orage, sa présence sinistre n’est pas faite pour rassurer les esprits. Le docteur qui dirige l’établissement leur paraît inquiétant mais, après une discussion courtoise, accepte de leur présenter son patient.

14 juillet 1925, Journal de James Gardner, entretien avec Roger Carlyle

Lorsque nous pénétrons dans sa cellule, Roger Carlyle nous offre un spectacle des plus édifiants. Cette célébrité mondaine, habituée aux costumes haute couture, aux cocktails et aux frasques sentimentales n’est clairement plus que l’ombre de lui-même, son corps famélique reposant mollement sur un lit sale.

Sa posture, son regard vitreux, son absence de réaction lorsque nous entrons dans la pièce… L’ensemble de son être trahi le traumatisme, la blessure invisible et non moins indélébile, la folie.

J’entame alors un semblant d’échange avec lui. Son discours est opaque, décousu, incohérent. Je n’ose imaginer ce qu’il a traversé. De toute façon je ne comprends pas un traitre mot de ce qu’il raconte.

Mes ravisseurs et moi-même sommes déçus. Le dandy new yorkais est une épave et ne nous sera d’aucune aide pour la suite. Le médecin de l’asile nous informe que le malheureux est sous l’emprise de drogues, sans quoi il peut être imprévisible, délirant et sujet à l’auto-agressivité.

Prétextant certaines accointances dans le monde du soin, je tente de me faire passer pour un adepte du serment d’Hippocrate, mais le chinois n’est pas dupe. Nous tentons néanmoins de convaincre le médecin de diminuer les drogues afin que la sédation soit partiellement levée. Il finit par accepter mais il nous faut attendre quelques jours avant que les effets se dissipent suffisamment.

Nous passons la nuit dans cette antre de la folie sur des matelas jetés à même le sol poussiéreux d’une “chambre”, ou devrais-je dire une cellule. Les heures passent sans que je trouve le sommeil jusqu’à ce qu’un bruit de pas attire mon attention dans le couloir. Echaudé par les horreurs des dernières semaines, je rechigne à me lever mais ose un coup d’oeil dans le couloir.

S’extirpant d’une porte proche, tel un mort animé, une vieille asiatique aux cheveux longs et sales erre dans le couloir, le regard vide. Mon sang se glace, est-elle réellement vivante? L’influence des derniers événements altère mon jugement, ce n’est qu’une pauvre folle… n’est-ce pas? Je ne ferme pas l’oeil de la nuit.

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20 juillet 1925

Finalement, nous passons une semaine complète dans cette sinistre bâtisse, chacun occupant ses journées avec les moyens du bord, lectures et autre méditation silencieuse. Pour ma part, je me rends régulièrement auprès d’Agatha, restée en ville, Green m’accompagne, plus taciturne qu’à l’accoutumée. Sur le chemin qui mène à sa chambre d’hôtel, je prends le temps de la réflexion, me remémorant régulièrement toutes les épreuves traversées à ses côtés. Nous sommes tous les deux en vie me dis-je, n’est-ce pas un soulagement suffisant?

Devons-nous quitter nos ravisseurs aujourd’hui, ce soir et rentrer à NY? Elle souffre de tout cela bien plus que moi et je dois agir pour sa santé mentale. Mais Green me tient à l’oeil, sauf une dizaine de minutes passées à envoyer un télégramme à un contact américain.

Pour autant, ceux que j’appelle ironiquement mes ravisseurs sont aussi ceux qui se dressent face à cette Sombre Menace, seuls face à ce chaos annoncé. Je me dois de les seconder.

De retour à l’asile, on m’annonce que Roger est disposé à nous recevoir. L’échange reste vaporeux mais le discours de Carlyle est plus vif et plus ancré dans la réalité, malgré des égarements réguliers. Il raconte tantôt le chemin que l’expédition a parcouru, tantôt des évènements de son enfance. En fil rouge, il évoque le danger qui rôde, la menace contre laquelle on ne peut rien.

« Il faut se cacher! » répète-t-il sans cesse, « Ils ne doivent pas nous trouver! Jack a dit qu’il fallait rester caché… » Il confie aussi qu’il se sent responsable de tout cela et implore qu’on le pardonne. Je l’enlace, il refuse le contact puis fini par se laisser aller alors que je l’entoure, comme pour mieux rassembler son être morcelé. J’essaie alors d’énumérer les noms de ses anciens compagnons d’expédition.

L’évocation de Penhew le plonge dans un état de panique dont il est difficile de l’extraire. L’intervention de Jomo est alors bien salutaire. Il procède à une méditation exotique et chantante qui apaise Carlyle. Nous reprenons l’échange. Que veut-il faire à présent?

Nous suivre? Repartir à New York? Lorsque je lui parle de sa sœur, Erica, il s’illumine un peu et demande de ses nouvelles, cherche à savoir si elle l’attend. Mais lorsque j’insiste pour qu’il quitte l’asile, il repart de plus belle dans ses élucubrations.

Enfin, dans un accès fugace à ses facultés mentales, il parvient à nous dire :

« Ne me laissez pas ici, s’il vous plait… »

Le cœur lourd, nous décidons finalement de le laisser ici et prévenons sa sœur afin qu’elle le rapatrie au plus vite.

En quittant Hong Kong, nous lui envoyons le télégramme suivant:

« Avons retrouvé R. – Stop – Asile Sud Hong Kong – Stop – Etat très instable – Stop – Envoyer trois hommes – Enregistré sous Randolf Carter – Stop – Continuons stopper source du mal – Stop – Adieu. »

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