Cthulhu – Oripeaux du Roi #3 – Investigations londoniennes

Allistair McAllister - Juge

Allistair McAllister – Juge

Ce troisième volet, le deuxième avec tout le groupe, est le vrai commencement de la campagne. De nombreuses pistes s’offrent à nos personnages qui courent aux quatre coins de Londres pour recoller les morceaux.

De mon côté, j’ai principalement mobilisé mes contacts à Scotland Yard pour récupérer des infos sur les différents PNJ mais notre premier gros point d’accroche devient Alexander Roby, le protagoniste principal du scénario joué en solo par le docteur Olivenstein.

En parallèle, la paranoïa commence à monter doucement et on prend toutes les précautions possibles pour mettre nos proches et nous même en sûreté… mais un de nos camarades semble faire cavalier seul, Damian, ce phénomène de foire…

Investigations londoniennes

Session de jeu #3

Date : Mercredi 1 juin 2016
Lieu : Skype

Investigateurs présents :
Allistair McAllister, juge
Dr. Marcus Olivenstein, psychiatre
Paul Watkins, antiquaire
Damian, artiste?

Compte-rendu du Juge McAllister.

New Scotland Yard

New Scotland Yard

Événements

18 octobre 1924

Les événements de la veille me laissent perplexe. Comment une simple pièce de théâtre a-t-elle pu générer un tel chaos? La journée avance et je n’ai toujours pas de nouvelle du Yard qui devait pourtant me contacter afin de me rapporter les éléments liés à cette affaire. Je soupçonne une histoire de drogue qui aurait pu être administrée aux spectateurs via le buffet de l’entracte.

Perdant patience, je me rends directement sur Victoria Embankment mais dans les bureaux de la police, c’est le chaos le plus total. Le nombre d’affaires semble crever le plafond et constables et inspecteurs sont complètement débordés. A vue de nez, je dirais que personne ne travaille sur l’affaire de la Scala…

De retour chez moi, j’envoie Paul, mon assistant, faire le pied de grue au Yard dans l’espoir qu’il glane plus d’informations que moi. J’en profite pour éplucher la presse et lister les différentes affaires rendues publiques: vols, agressions, émeutes, tout y est mais impossible de les interconnecter, aucun point commun ne semble se dégager de prime abord.

19 au 23 octobre 1924

Le docteur Olivenstein et moi nous sommes donnés rendez-vous à son cabinet le 23 octobre afin de discuter de l’affaire de la Scala. De plus, il devait examiner la jeune Jean Hewart, une des actrices de la pièce. Il m’envoie d’ailleurs un télégramme m’indiquant que ses recherches progressent.

Je mets l’attente à profit pour continuer les miennes sur ces sombres événements. Je découvre ainsi que Talbot Estus est américain, sur le territoire britannique depuis une durée indéterminée. Il n’a aucun passé judiciaire en Angleterre et une petite bibliographie à son actif, il faudra que j’approfondisse ces recherches afin de déterminer s’il a des liens avec certains milieux subversifs, je soupçonne les anarchistes ou certains cercles de penseurs décadents.

Le 23, un nouveau télégramme m’annonce que notre réunion est décalée au lendemain, j’espère qu’il n’est rien arrivé au psychiatre.

24 octobre 1924

Au cabinet du docteur, je suis surpris de retrouver nos autres voisins du théâtre: Paul Watkins, qui s’avère être antiquaire et un certain Damian, un nain aux commentaires acerbes. Je me demande bien de quel cirque a-t-il pu s’échapper. Ils semblent toutefois volontaires pour élucider ce qui se passe dans notre bonne vieille ville de Londres.

Olivenstein nous raconte ses pérégrinations à Hereford (voir CR#2) puis j’explique à l’assemblée mes maigres découvertes. Damian, de son côté, nous indique que plusieurs prostituées ont disparu ou été assassinées et qu’il a vu à plusieurs reprises la spirale étrange peinte sur de vieilles palissades dans le quartier de Whitechapel avec le message « The King is coming ».

L’évocation d’Alexander Roby me dit quelque chose, son nom de famille ne m’est pas inconnu mais impossible de mettre le doigt sur son origine. Alors que le docteur déroule son récit, j’active mes méninges et le nom me parle enfin! Alexander Roby, mais bien sûr! Le frère de Grahame, le fameux banquier de Courts & Co! Je me souviens également de ce double meurtre sordide, il faudra que je cherche dans mes archives et auprès de mes contacts ce qu’il en a été réellement du jugement.

Je propose d’ailleurs à la troupe de migrer vers ma demeure afin que je puisse user de mon bureau. Je préviens Shirley qui n’est pas ravie d’avoir des invités de dernière minute mais ce sera toujours mieux que de travailler depuis le tribunal.

Sur le trajet, le docteur nous confesse que depuis quelques jours il fait des rêves étranges mais il semble être le seul à en souffrir. J’imagine que travailler quotidiennement avec des déments doit être usant pour l’esprit le plus endurci.

Une fois chez moi, j’installe un disque de jazz sur le gramophone alors qu’on sert un ragoût bien chaud pour nous réchauffer après un trajet dans le vent et le givre. Les discussions vont tambour battant sur l’actualité mais nous nous éclipsons rapidement vers mon officine afin de mener nos recherches et faire le point sur les informations dont nous disposons. Une fois les choses mises au point, chacun regagne son domicile: nous nous donnons rendez-vous demain dans un pub tranquille afin de recouper le résultat de nos investigations.

Toutefois, avant qu’ils me quittent, je remarque qu’une petite statuette en bronze a disparu. Je laisse au nain une chance de la restituer mais ce dernier se sent insulté, arguant qu’il n’a rien pris. Soit, elle n’avait pas grande valeur de toute manière.

londres_neige

25 octobre 1924

De mon côté, toujours pas d’information concernant les éventuels contacts d’Estus avec des milieux controversés, aucune information non plus sur Hariwell. Concernant les Roby, je retombe sur de vieilles coupures de journaux donnant plus de précisions sur les faits et, dans les archives légales, je me rends compte qu’aucun jugement n’a été proclamé alors même qu’Alexander se déclarait coupable. Un véritable déni de justice ! J’imagine que l’affaire a vite été étouffée pour ne pas rejaillir sur Grahame qui n’était pas en ville le soir du drame.

Je continue mes recherches à la maison funéraire de Mayfair où Mr. Persival se rappelle bien de l’état particulièrement horrible des corps. Le père avait été complètement vidé de son sang alors que la soeur avait été atrocement mutilée, comme découpée avec de grands sabres de guerre.

En fin de journée, en regagnant ma demeure avant notre rendez-vous, je retrouve ma porte vandalisée: toujours cette même spirale, dessinée avec de la boue et du crottin. Un avertissement sans frais cette fois mais je préfère prendre les devants. Je vais voir Shirley immédiatement et lui explique que je suis sur une affaire qui pourrait mal tourner. Il vaut mieux pour elle et Jeanny de partir dans notre maison de campagne dans le Sussex. Malgré ses protestations, elle partira le lendemain. Pour me détendre, j’attrape mon saxophone et me lance dans un solo effréné, la tension semble m’inspirer.

Je rejoins les autres aux pubs et j’apprends que je ne suis pas le seul à avoir été “menacé”. En tout état de cause ces hommes, dans la même barque que moi, ont été efficaces. Damian a appris qu’Alexander est l’auteur d’un livre intitulé “Le Promeneur près du Lac”, ceci faisant écho aux divagations du fou. L’ouvrage serait prisé dans certains cercles de lecture.

Olivenstein nous explique que Trollope est très affecté par la condition d’Alexander et confirme qu’il faut garder l’homme enfermé même s’il regrette son geste. Il explique également les modalités d’héritage de Roby père: Grahame était avantagé sur le testament mais Alexander pourrait encore rafler la mise s’il se marie avant ses 40 ans. Un mobile au crime ?

Il n’a par contre réussi à trouver ni Quarrie, ni Edwards et Miss Hewart ne l’a pas recontacté pour sa consultation.

Côté Watkins, pas vraiment de piste sérieuse pour remonter à un exemplaire du Roi en Jaune, cela laisse à penser que l’exemplaire possédé par Estus doit être extrêmement rare. Il a tout de même appris que l’auteur original serait un français aux moeurs dissolues, un certain Thomas de Cassagne, qui aurait été arrêté pour écrits blasphématoires et certaines pratiques contre nature. Les conditions de sa mort sont également suspectes puisqu’il aurait été assassiné d’un coup de poignard dans l’oeil droit

Nous décidons de nous rendre ensemble au théâtre pour rentabiliser la soirée afin d’y discuter avec Mr. Noble. Malheureusement la Scala a été barricadée et ne montre aucun signe d’activité. Il faudra contacter le directeur autrement.

Chacun rentre alors chez lui dans l’espoir que la nuit glaciale nous porte conseil. Je retrouve de nouveau ma maison vandalisée. Cette fois certaines fenêtres ont subi des jets de pierre. Je redis à ma femme l’urgence de la situation, elle partira dès l’aube. Quelques instants plus tard, Watkins se présente à ma porte, il a été agressé par un individu louche en rentrant chez lui, un grand homme maigre aux traits saillants. Je lui propose de l’accueillir mais il doit s’occuper de sa vieille mère. Nous appelons le docteur qui, de son côté, n’a semble-t-il pas eu de problème. Nous décidons d’avancer notre heure de rendez-vous le lendemain matin et de rester vigilants toute la nuit.

26 octobre 1924

Alors que je regarde s’’éloigner la voiture qui amène mes deux femmes loin de moi, Olivenstein et Watkins s’installent dans le grand salon, suivis rapidement par Damian que nous n’avons pas pu prévenir pendant la nuit.

Le nain a de son côté été témoin d’un nouveau cadavre retrouvé dans les bas-fonds : une nouvelle prostituée. Cependant, la morte a été mise en scène d’une bien macabre manière, affublée de bois de cerf, en position de prière et parée, au couteau, de la fameuse spirale. Nous sommes tous d’accord, il va falloir faire extrêmement attention. Je propose que nous nous installions tous chez moi après avoir congédié mes domestiques, cela sera plus facile de nous défendre ici si jamais cela devait en arriver là.

Le docteur est agité depuis son arrivée, il nous confesse qu’il a refait un rêve étrange, particulièrement réel, dans lequel il arpentait une cité, une grande clé à la main qui se transformait ensuite en statuette. Il passait également à côté d’un lac et se sentait épié. Rien de bien rassurant, j’espère qu’il n’est pas en train de perdre la tête.

Nous décidons ce matin de ne plus nous séparer pour éviter les mauvaises rencontres et nous nous rendons à Mayfair, dans la résidence ayant servi de décor au drame Roby. Elle a été vendue il y a 2 ans, soit peu de temps après les faits, et appartient dorénavant à un certain Mr. Parker travaillant dans l’import/export. Son domestique accepte de nous laisser entrer après que le docteur lui ait donné un billet, je n’approuve pas la méthode mais elle a le mérite de fonctionner.

Nous visitons le salon où a eu lieu le double meurtre ainsi que la chambre d’Alexander. Malheureusement le lieu a été entièrement retapé et aucune trace du drame ne persiste. Nous apprenons tout de même le nom de l’ancien majordome maintenant à la retraite, Mr. Lowell.

Lowell nous reçoit très gentiment quelques heures plus tard et nous raconte par le menu le déroulement de la fameuse soirée. Il était au sous-sol avec la femme de chambre, Mrs. West, et le valet, Mr. Dodd quand ils ont entendu un sifflement très aigu. Quelques instants plus tard, du bruit et le temps de monter, les deux cadavres massacrés gisaient dans le salon. Alexander, quant à lui, n’aurait pas quitté sa chambre de la soirée. Un inspecteur du Yard aurait ensuite trouvé un sifflet émettant un son en tout point identique au sifflement écouté avant les faits.

Nous soumettons à Mr. Lowell la liste des noms que nous n’avons pas encore identifié. Il ne connaît ni Edwards, ni Quarrie mais nous apprend que Delia était la petite amie d’Alexander. N’étant pas de bonne famille, cette relation n’était absolument pas approuvée par Grahame.

Le docteur tente une séance d’hypnose afin de révéler d’éventuels détails oubliés mais c’est peine perdue, le vieil homme semble nous avoir tout dit.

Après un déjeuner nécessaire, nous nous rendons au Yard qui, comme indiqué à mes camarades, bouillonne d’une activité inhabituelle. Nous sommes rapidement présentés à l’inspecteur Stephens qui s’est occupé de l’affaire à l’époque et j’arrive à le convaincre de nous laisser le dossier et de nous faire un papier pour obtenir le fameux sifflet.

Dans le rapport, nous apprenons que la porte du salon a été arrachée de ses gongs vers l’extérieur et que celle de la chambre d’Alexander a été brisée de l’extérieur, comme si quelqu’un y était entré de force avant de rejoindre le salon et d’en sortir violemment. Au niveau des cadavres rien de nouveau, une simple confirmation de ce que nous savions déjà: absence de sang et plaie en dessous de la clavicule pour le père, cisaillement dans les deux sens avec une grande lame pour Georgina.

Pour le sifflet, il n’est pas possible de l’obtenir immédiatement mais je m’assure qu’il nous sera remis le lendemain. En attendant, il est grand temps pour nous de prendre un peu de repos, en espérant que la nuit ne soit pas trop courte.

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