Cthulhu – Oripeaux du Roi #4 – Une balade dans le parc

Damian

Damian

Après avoir exploré les pistes les plus évidentes, le mystère entourant Alexander Roby nous laisse perplexe jusqu’à un événement tragique survenu dans un parc londonien. Comme souvent, quand on n’a plus d’idée, il faut laisser l’histoire se dérouler! Le souci sur du Cthulhu, c’est que le temps est compté et il est donc dangereux de trop s’assoir sur ses lauriers.

Au-delà de l’aventure, le groupe est solidaire mais l’influence insidieuse du Mythe commence déjà à se faire sentir. Damian aime à faire cavalier seul, ce qui a le don d’attirer les soupçons des autres investigateurs. A ce stade de la campagne, nous ne savons rien sur lui, ni son job, ni où il habite et il semble impossible de gagner sa confiance… la seule chose qui transparaît est son origine (très) populaire, le rendant d’autant plus méfiant envers mon personnage, le juge. Il pourrait être un artiste.

Est-ce une bonne méthode pour éviter les ennuis ou un risque énorme de se retrouver isolé au mauvais moment? Vous le saurez peut être un peu plus tard.

En tout état de cause, le docteur commence lui aussi à être affecté par tout ce ramdam, je vous laisse juger avec un extrait de ses mémoires rapporté ci-dessous.

Une Balade dans le parc

Session de jeu #4

Date: Mercredi 22 juin 2016
Lieu: Skype

Investigateurs présents:
Allistair McAllister, juge
Dr. Marcus Olivenstein, psychiatre
Paul Watkins, antiquaire
Damian, artiste

Extrait du journal du docteur Olivenstein, « De l’homme à la légende », tome 84.

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26 octobre

Après notre visite au Yard, nous décidons d’entreprendre une série d’actions individuelles, chacun s’efforçant de mettre en avant ses compétences.

Allistair fait mander un réparateur pour sa fenêtre brisée puis s’exerce à trouver trace de Delia, la régulière d’Alexander Roby, dans les journaux mondains. Seul Grahame, son frère, occupe les lignes de ce genre de torchons.

Le juge, fidèle à son sens de l’accueil, m’invite à utiliser son téléphone en son absence. Je dois, en effet, évaluer le niveau de trouble psychique global qui secoue la ville. Comme à l’accoutumé, leur infériorité intellectuelle est manifeste mais les asiles bondés me donnent suffisamment d’informations pour me permettre d’assurer à mes investigateurs adjoints, plus tard dans la journée, que nous faisons face à une vague de délire collectif sans précédent.

L’étrange Damian, quant à lui, continue de se complaire dans les bas-fonds, sans doute à la recherche de femmes auprès desquelles il délivre ses pulsions les plus inavouables. Je lui reconnais toutefois son sens de l’investigation et ne suis pas étonné le moins du monde lorsqu’il affirme, la journée terminée, qu’il a obtenu le nom de la dernière prostituée assassinée, une certaine Jenny Walkins.

Enfin, Watkins se met en chasse du fameux livre intitulé « Le Roi en Jaune ». Il apprend que Talbot Estus loge chez Michael Gillen, dans le South East, et qu’il a effectivement un exemplaire de l’ouvrage. Il semble amical et propose une lecture le lendemain matin entre les murs de la boutique de Watkins. Il n’échappe pas à ce dernier que le signe jaune, cet étrange symbole spiralé, figure sur la couverture du livre.

A nouveau réuni à l’heure du dîner, nous partageons nos découvertes dans un pub proche de la demeure du juge, puis Watkins prend congés pour rejoindre sa mère et Damian s’éclipse vers son antre. De son côté, Allistair ne peut plus se passer de moi, sûrement subjugué par mes nombreuses fulgurances d’esprit. Il insiste pour que je reste chez lui et j’accepte volontiers.

27 octobre

Cette journée débute comme la précédente, mes adjoints redoublant d’ingéniosité pour m’impressionner. Ainsi, mon fidèle Allistair prend à nouveau le chemin du Yard pour mettre la main sur le sifflet issu de la scène du crime de l’affaire Roby. L’objet a disparu mais les registres sont en ordre. Étrange.

Pendant ce temps Watkins et Damian assistent de concert à la lecture présidée par Estus. L’homme reste peu, il échange son livre contre un exemplaire écrit par Nostradamus puis quitte la boutique.

De mon côté, j’ai la ferme intention de m’entretenir avec Grahame. Je me rends donc à mon cabinet où m’attend la lettre de recommandation délivrée par Highsmith. J’y suis attendu par deux policiers qui m’annoncent l’assassinat du docteur Trollope. Je suis stupéfait. Je me suis entretenu avec la victime et il est tout à fait normal que ces hommes me questionnent sur mon emploi du temps. Ils paraissent néanmoins confus et je comprends très vite qu’ils brûlent d’envie de m’associer à l’enquête. Philanthrope à toute heure, je propose immédiatement mon aide et devine alors une grande satisfaction sur leur visage.

Avant de tous nous retrouver au domicile de la victime, nous synthétisons les informations glanées : Le docteur Trollope a succombé sous des coups de poignard portés avec beaucoup de précision. Non loin de lui, les enquêteurs ont trouvé un lacet en cuir marron et il tenait un sifflet noir dans sa main.

Par ailleurs, j’ai reçu un courrier du défunt dans lequel il confirme mes soupçons et délivre une séries d’informations : Alexander a agi sous influence. Il écarte l’implication de Délia Hartston. Il cite en particulier un certain Lawrence Bacon, antiquaire occultiste dont le commerce se situe sur Liverpool road sur Islington. Grahame a fait suivre l’individu en s’allouant les services du détective Vincent Tuck, un privé de Wapping. Enfin, Trollope m’invite à lire « Le passant près du lac », un ouvrage écrit par Alexander et fait état de ses épisodes délirants dont j’ai moi-même fait l’objet, à la nuance près que le malheureux semble avoir eu une vision prophétique de sa mort. Étrange, assurément.

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Arrivé au domicile du médecin de famille des Roby, nous faisons parler notre autorité afin d’écarter la sentinelle qui nous barre l’accès et trouvons sans mal un exemplaire du Der Wanderer durch der See. Damian ne nous suit pas. Il a remarqué un vendeur de journaux et dit avoir marchandé pour que l’adolescent lui cède le fameux sifflet (nous apprendrons cet élément plus tard)

Suite à cela nous décidons d’analyser les pièces à convictions en notre possession. J’entreprends la lecture du Der Wanderer tandis que Watkins se plonge dans la lecture du Roi en Jaune. Allistair tient a retourné au Yard dans l’espoir de découvrir des dossiers sur Edwards et Quarrie, sans succès.

De son côté, Damian paraît envoûté par le sifflet qu’il tient dans sa main. Avec cette occurrence de comportements inexplicables et étranges, je commence sérieusement à me faire du souci pour lui. Chasse-t-il le dragon ? Amorce-t-il une décompensation psychotique ? Succombe-t-il à une affection génitale exotique ? Lorsque Watkins et moi l’invitons à rester avec nous, il tourne précipitamment les talons et disparaît dans la rue.

Néanmoins, son retour s’accompagne de nombreuses informations qui me rappellent pourquoi nous collaborons avec lui. Damian révèle ainsi que Jenny Wilkins a été amenée par deux hommes vers la Chapelle de la Contemplation.

La journée touche à sa fin alors que Watkins évoque sa lecture. D’après lui, le Roi en Jaune est prophétique et fait largement référence aux rêves. L’ouvrage parle du Roi (le Roi en Jaune, Kaiwan) qui reviendra, qui est enchaîné “ailleurs”, dans un lac. Le lac en question est le lac de Hali, sur les rives duquel se trouve la cité de Carcosa. Estus a laissé des notes fournies sur des feuilles volantes, parmi lesquelles Watkins reconnaît des diagrammes d’astronomie, plus précisément de la constellation du Taureau, qui fait partie des Pléiades. L’étoile Aldébaran est clairement mise en évidence. La constellation du Taureau est visible en ce moment même dans notre hémisphère, jusqu’à mars. Après ces heures passées dans la lecture de l’ouvrage, l’antiquaire réalise qu’il a griffonné le Signe Jaune, à la manière d’une écriture automatique. Étrange, vraiment étrange

Pour ma part, j’expose le contenu du Promeneur sur le Lac. C’est un livre d’environ 100 pages relié de tissu blanc. Il s’agit d’un texte en deux parties, une histoire à la troisième personne mais qui pourrait tout aussi bien être autobiographique. L’auteur y relate des rêves décousus (en Allemand), le reste est en Anglais. Le texte relate la quête de pouvoir d’un Homme, qui commence à comprendre un pouvoir d’autrefois. Pour ce pouvoir, les sociétés humaines sont comparables aux fourmis. Il est fait référence au pouvoir sous le nom du Roi, de l’Effroyable, de Kaiwan. Des références à la ville Carcosa qui ouvre les sens, à la Rouge Aldébaran et au Noir Hali se trouvent aussi dans ce livre.

La nuit venue, Allistair et moi-même nous hâtons de regagner sa demeure lorsqu’un homme en noir nous attaque. Je reconnais le visage de celui qui avait tenté de m’intimider à Herefordshire. Il s’agit donc de ce gorille de Coombs. Alors que je tente subtilement de trouver des renforts autour de nous en me ruant vers le pub le plus proche, le juge est blessé. N’écoutant alors que mon courage, je me jette sur l’assaillant et le neutralise en un éclair.

En toute humilité, je laisse à McAllister le soin de remettre l’agresseur à la police puis nous prenons le chemin de l’hôpital le plus proche.

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  1. Cthulhu – Oripeaux du Roi #5 – De Charybde en Scylla | bintz.fr - 13 février 2017

    [...] je le disais dans le chapitre précédent, tout le groupe commence à être altéré par l’influence du Mythe. De plus, notre MJ a [...]

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