Cthulhu – Oripeaux du Roi #5 – De Charybde en Scylla

Paul Watkins

Paul Watkins

Comme je le disais dans le chapitre précédent, tout le groupe commence à être altéré par l’influence du Mythe. De plus, notre MJ a décidé de jouer sans nous révéler notre niveau de SAN. Nous continuons de lancer les dés mais c’est lui qui fait le suivi en nous donnant peu d’indications si ce n’est l’état d’esprit de nos personnages.

Ce flou artistique provoque évidemment des situations de roleplay assez savoureuses au cours desquelles chacun met en scène la lente descente de son personnage vers la folie. Paul Watkins, par exemple, développe de plus en plus une obsession pour sa vieille mère. Quoi de plus normal pour un vieux garçon amateur d’antiquités?

De plus, mon personnage, le juge, a été sévèrement touché à la fin de l’épisode précédent. Cette session aura donc été basée sur le repos afin de reprendre des forces pour la suite, tout en participant aux discussions bien entendu. Heureusement, pas de casse ce soir là, juste la suite des investigations avec au programme la petite amie d’Alexander Roby et certains de ses acolytes… ou du moins leurs traces.

Je continue à penser que Damian est louche.

De Charybde en Scylla

Session de jeu #5 :
Date : Mercredi 29 juin 2016
Lieu : Skype

Investigateurs présents:
Allistair McAllister, juge
Dr. Marcus Olivenstein, psychiatre
Paul Watkins, antiquaire
Damian, artiste

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Evénements

Compte-rendu de Paul Watkins:

Dimanche 28 octobre, résidence McAllister

Alors que nous évoquons chez le Juge, encore très marqué par ses blessures, l’agression de la veille et les récents développements de l’affaire, on sonne à la porte. Il s’agit de l’Inspecteur Andrew Taylor, qui veut discuter avec le Docteur Olivenstein à propos d’un nouveau meurtre. Le nom du Docteur apparaîtrait dans des notes retrouvées sur la victime. McAllister intervient, dans l’espoir je pense d’éviter des ennuis à notre ami. Il explique l’agression, donne le nom du suspect, cite celui de Stephens. C’est alors que l’Inspecteur répète le nom de la victime, et nous réalisons avec effroi qu’il s’agit du Constable Williams, celui-là même à qui nos amis avaient livré Coombs la veille !

McAllister expose en partie les raisons de notre enquête et éloigne avec efficacité tout soupçon chez l’Inspecteur. Olivenstein se perd dans de vagues explications sur la pathologie d’Alexander Roby, l’influence qu’il subissait. L’Inspecteur coupe court, nous ordonne de rester chez nous et de cesser les investigations. Alors qu’il prend congé, Olivenstein, encore lui, lui conseille de se méfier. Evidemment l’Inspecteur ne s’inquiète pas, et nous montre son arme de service.

Je me sens très enclin à suivre ses recommandations, mais mes camarades n’ont pas l’air de se démonter, et évoquent déjà les pistes qui nous restent, une entrevue avec Grahame Roby, etc. Damian, visiblement pressé de partir, propose d’entrer en contact avec le détective privé, étant donné l’état du Juge. Le Juge propose de mobiliser son assistant pour collecter des informations à Scotland Yard.

Pour ma part, m’étant juré de ne plus sortir seul, je propose d’accompagner le Docteur à la résidence de Grahame Roby, à Belgravia. La neige est tombée alors que nous parvenons à la demeure. Nous patientons dans une antichambre quinze bonnes minutes, puis Grahame Roby fait son entrée. Un homme de 40 ans, qui a fière allure. Le Docteur ne peut s’empêcher de raconter sa vie par le début, mais parvient à placer les éléments-clés de l’affaire. Alors qu’il évoque le fait que le Docteur Highsmith s’est prononcé pour la sortie d’Alexander, Grahame s’emporte, dit clairement qu’Alexander n’est plus son frère pour lui. Le Docteur parvient à calmer la situation, il n’est pas psychologue pour rien, même si Roby commence à s’impatienter. On évoque l’influence de Lawrence Bacon, Olivenstein produit la lettre de Trollope, et termine de convaincre Roby. Celui-ci devient plus disert sur l’intérêt pour l’occulte de son frère, et relate de curieux agissements à partir de l’année 1925, ainsi qu’un “voyage”. Roby se referme ensuite et nous sentons qu’il est temps de prendre congé.

De son côté Damian a trouvé le bureau de Tuck vide, après tout nous sommes dimanche. Le Juge n’a pas de nouvelles de son assistant. Je m’inquiète mais parvient à ne le pas montrer.

En revanche nous obtenons l’adresse de Delia Hartson, la compagne d’Alexander, qui habiterait au 120 Southbury Road, en banlieue. Le Juge est encore trop faible pour sortir. Nous prenons donc l’Omnibus et rencontrons la mère de la jeune fille, qui nous apprend qu’elle est désormais mariée depuis un an, à un certain Morrison. Elle nous donne l’adresse : une petite maison de quartier assez modeste.

Un personnage fort, bedonnant et sentant l’alcool nous ouvre. L’homme m’est immédiatement antipathique, mais Delia, elle, est d’une beauté sculpturale. Damian, plein de ressource, parvient à éloigner le grossier homme en lui promettant de l’alcool, afin qu’il nous laisse seul avec Delia.

Je suis subjugué par sa beauté, mais je ressens une tristesse profonde en elle, et ne peux que remarquer qu’elle a maquillé une vilaine marque de coup à un oeil. Le misérable ! Nous évoquons Alexander avec elle tandis que je la contemple. Elle nous raconte tout : leur rencontre, les premières conférences sur les sciences occultes en 1925, le spiritisme, jusqu’à la rupture de leurs fiançailles suite à un comportement de plus en plus étrange d’Alexander. Elle évoque les mauvaises fréquentations de son fiancé : Quarrie, Combs, Bacon, tous peu recommandables, qui tous suivaient un certain Edwards. La petite a décidément eu peu de chance avec les hommes.

Elle évoque enfin une réunion unique qui devait se produire fin décembre 1925 dans le Suffolk, à Clare Melford, et les mots mystérieux : “neuf dents dans une nuit d’hiver”. Le groupe d’Alexander voulait qu’elle les accompagne, mais celle-ci a refusé.
Je m’attarde quelque peu afin de m’assurer que rien de fâcheux ne pourrait arriver à Delia. Elle trouve des excuses sur ce Peter en évoquant leurs débuts. Cela ne me rassure en rien mais je perçois qu’elle ne veut pas de mon aide, en tout cas pas maintenant. La présence d’Olivenstein la perturbe-t-elle ?

Nous devons prendre congé alors que Damian raccompagne le mari. Mes pensées se perdent lors du trajet du retour chez le Juge. Celui-ci nous apprend que son assistant n’a pas obtenu beaucoup d’informations, en dehors de la confirmation sur ce Tuck, qui est effectivement déclaré comme Détective Privé.

Nous discutons des méandres de ces affaires, et Damian se retire. Je veux d’abord rester auprès du Juge, mais je suis pris de remords en pensant à ma chère mère, seule dans l’appartement froid. Je rattrape donc Damian qui m’accompagne chez moi. Je le laisse dans la nuit noire et froide. Je consacrerai la matinée suivante à l’envoyer chez de lointains cousins à elle, sa présence à Londres me perturbe dans mes pensées. Bien entendu je ne lui parle pas de Delia.

whitechapel

Lundi 29 octobre

Le lendemain, nous partons à la recherche du détective, dans un quartier lugubre, au-dessus d’une papeterie. Celui-ci ne répond pas à la porte. Nous cherchons longtemps un moyen d’entrer en contact avec lui en gentlemen. Nous décidons finalement d’ignorer toute politesse et d’ouvrir la porte. L’endroit est très mal entretenu. Nous grimpons l’escalier et découvrons le Privé dans un bureau désordonné. L’homme sent l’alcool, a bien mauvaise mine. Il fixe une bouteille de Gin laissée là.

Il se montre d’abord peu ouvert, mais quand nous proposons d’acheter toute information dont il disposerait, et qu’un prix est fixé, il change du tout et tout et livre l’ensemble de ses découvertes : les déplacements d’Alexander pendant trois semaines, ainsi que les portraits et coordonnées des membres du groupe :
Lawrence Bacon, que je connais déjà, 1m82, habite dans Islington sur Liverpool Road,
Malcolm Quarrie, 35 ans, 1m77, homme mince, glabre, célibataire, peut être trouvé à la Royal Society,
Edwards enfin, 40 ans, 1m75, de constitution moyenne, habite également Islington, au 50 Remmina Road.
Il évoque plusieurs rencontres puis se referme.

C’est ensuite qu’après beaucoup de psychologie, il faut décidément reconnaître ses qualités à Olivenstein, et l’aide d’un petit remontant qu’il boira cul sec, il revient sur une nuit particulière, une nuit de cauchemar pour lui. Il aurait vu, par une nuit de pleine lune, vers 3 heures du matin près de Regent’s Canal, le dénommé Bacon se placer devant un clochard endormi. Il aurait ensuite entendu un sifflement strident, les cris d’horreur du malheureux mendiant, qu’il aurait ensuite découvert mort, les bras encore levés comme pour se protéger, mais le corps desséché comme de la cendre. Ce Tuck ne nous en dira pas plus, mais ce récit n’est pas fait pour me rassurer.

Comme pour m’enfoncer un peu plus, mes camarades proposent un détour par la Chapelle de la Contemplation, dans White Chapel, le pire quartier de Londres. Fort heureusement Damian propose de repérer les lieux en solitaire. Il reviendra quelques temps après pour confirmer que les lieux sont gardés de près et que le Signe Jaune est visible sur la porte.

Nous faisons le point et prenons des décisions pour la suite.

Damian tentera d’organiser une surveillance de la Chapelle, mais cela s’avérera trop dangereux, même pour ses relations dans les milieux interlopes.

Le reste du groupe remonte la piste de Malcolm Quarrie à la Royal Society. Nous apprenons qu’il a démissionné en février 1926, et rencontrons un de ses collègues, un certain Ruppert Adams, sur des projets d’ingénierie. Il nous en apprend plus sur Quarrie : il souhaitait visiter le continent, était féru d’anthropologie, diplômé d’histoire à Oxford et en langues à Cambridge (Penbroke College), où son professeur était un certain J.R.R Tolkien (ce nom m’est inconnu). Il aurait même publié un livre. Nous apprenons enfin qu’il é déménagé de Westminster au printemps 1926.

Nous tentons ensuite de rencontrer Lawrence Bacon mais nous renonçons à la vue de sa demeure de Liverpool Road, hautement sécurisée. Les lieux ne semblent cependant pas entretenus.

Nous visitons enfin l’immeuble résidentiel correspondant à l’adresse d’Edwards. La concierge, madame Huggins, se souvient d’un gentleman et nous donne le numéro de son appartement, dont l’inspection méticuleuse ne donnera rien (la famille qui l’a remplacé n’a rien remarqué de particulier).

Concernant le village de Clare Melford cité par Delia, nous apprenons sur une carte qu’il s’y trouve une colline au nord-est, mais pas de lac. Nous décidons de nous y rendre prochainement.

Délaissant la piste d’Alexander Roby, nous tentons de rencontrer la troupe des acteurs de la pièce. Le Juge persuade la jeune actrice Jean Hewart de consulter le Dr Olivenstein. Celle-ci se présente, et nous raconte des rêves qu’elle a depuis la pièce, et les comportements étranges des acteurs avec qui elle a pu échanger : Hannah Keith fait aussi des rêves étranges, Walter Page a été pris de démence lors des premières répétitions, etc. Lors d’une séance d’hypnose, Olivenstein lui fait décrire son rêve : un lac, des formes énormes qu’elle assimile à des poissons, sous la surface, une ville blanche. Elle se retourne pour ne pas voir, la ville blanche disparaît, elle se retrouve seule dans la ville. Elle décrira ensuite les éléments récurrents du Roi en Jaune : des gens masqués, le Signe Jaune. La petite a brûlé sa copie du script.

Hannah et George Keith semblent quant à eux avoir moins souffert : ils travaillent à nouveau, nous accueillent volontiers, nous content les problèmes de Walter lors des répétitions. Hannah a conservé le script de la pièce qu’elle nous remet.

Nous terminons nos entrevues avec les comédiens par la rencontre du jeune Walter, qui ne nous ouvrira pas sa porte : le garçon a l’air perdu, malade, et les yeux rouges. Nous n’avons pas le temps d’évoquer sa liaison avec Jean.

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