Cthulhu – Oripeaux du Roi #9 – Un vieil ami

Asenath Watkins

Asenath Watkins

Quasiment 5 mois se sont écoulés dans la vie réelle depuis la fin de l’acte I quand nous nous retrouvons avec mes compères pour attaquer la seconde partie de cette campagne. C’était une volonté du MJ de nous laisser mariner quelques temps avant d’attaquer la suite. Les personnages ont été passablement affectés par leur passage à Carcosa. On ne le serait moins et cela a eu tout un tas d’effets secondaires. Pour ma part, le juge a raccroché la robe car il lui devenait impossible d’évoluer dans ce milieu alors que toutes les portes lui étaient fermées par des instances bien supérieures. Profitant de ses talents de saxophoniste, il a rejoint un trio, les Yellow jackets, ce qui lui assure quelques revenus pour compléter sa fortune déclinante. Il a alors décidé de reprendre le boxe, profitant d’une vigueur retrouvée malgré son âge. Sa femme et sa fille étant éloignées, il a également choisi de se rajeunir de ce côté là aussi en retrouvant la jeune Jean Hewart pour qui il avait déjà un faible dès le début de la campagne.

C’est dans ces conditions que sont revenus le voir les autres PJ alors qu’un énigmatique PNJ de l’acte I refaisait surface, le fameux Gresty qu’on se doutait bien rencontrer un jour ou l’autre. Pendant ce temps, le docteur rêvait de revenir à Carcosa, Asenath/Paul luttait avec sa santé mentale et Tuck continuait à carburer à la bibine. Une belle bande de bras cassés pour sauver le monde…

A noter que nous avons profité de cette transition pour nous affranchir du BRP et passer sur un système plus narrativiste, utilisant juste un D6 en mode non/oui/oui et/oui mais/non et/non mais. Cela s’est avéré très efficace vu le peu de scènes d’action sur cette campagne et nous avons tous été convaincus par la légèreté du procédé. La SAN a quant à elle été gérée purement en roleplay, bien efficace vu la manière dont on sombré certains personnages petit à petit.

Un Vieil Ami

Session de jeu #9:
Date:Jeudi 16 février 2017
Lieu: Skype

Investigateurs présents:
McAlli, jazzman
Dr. Marcus Olivenstein, psychiatre
Paul/Asenath Watkins, antiquaire? médium?
Vincent Tuck, détective privé

Spitafields

Spitafields

Evénements

Vendredi 13 décembre 1929

C’est encore arrivé aujourd’hui. Depuis les événements de l’an dernier j’ai progressivement recouvré l’affinité avec l’au-delà qui semblait m’avoir abandonné. Quelque chose de bon est finalement ressorti de toutes ces horreurs. Le Dr Olivenstein m’a accompagné dans la plupart de mes séances, il est très influençable et donc très perméable aux fluides magnétiques. Et il faut bien avouer que de son côté il m’a aidé à y voir plus clair dans ma situation psychique. Vincent Tuck en revanche est totalement hermétique. Il a bien dû se résoudre à l’évidence lorsque l’Esprit que nous avons contacté s’est matérialisé et a provoqué des lacérations sur mes vêtements ! Olivenstein nous a rassemblé tous trois car notre ancien informateur, Wilfried Gresty, a refait surface et causé dans une église des dégâts qui lui vaudront d’être présenté devant un juge, demain. C’est ce Gresty qui nous avait permis d’affronter Bacon, entre autres. L’Esprit qui nous a répondu a réagi aux noms de Gresty et Quarrie, aussi le Docteur pense qu’il pourrait s’agir de l’âme de Coombs. Mais qui sait ?

Le Juge reste quant à lui injoignable. Nous avons tenté de le rencontrer à son domicile où il passe désormais rarement. Voir les carreaux brisés aux fenêtres de sa belle demeure n’était pas fait pour nous rassurer.

Samedi 14 décembre 1929

Nous avons retrouvé Tuck au procès : il comptait s’y rendre tôt pour obtenir des informations sur le quatrième membre de notre confrérie d’infortune. Cela lui a permis d’apprendre que le Juge a quitté la profession depuis le printemps dernier.

Nous avons pu voir Gresty en chair et en os, un petit homme au ventre rebondi, avec les deux mains bandées. Le procès a été expéditif mais nous avons pu noter son adresse. Le malheureux a plaidé coupable pour l’effraction dans l’église et a invoqué un accident, prétextant des troubles du sommeil. Il aurait eu envie de prier en passant devant l’église. L’homme avait l’air totalement déboussolé, je me dis que les événements récents l’ont aussi beaucoup marqué.

Il a été condamné à deux livres d’amende en plus les frais de réparation.

Nous avons décidé de nous rendre à son domicile dès que possible, mais avons pensé que l’aide de notre ancien camarade McAllistair serait précieuse. Alors que nous cherchions dans nos souvenirs un moyen de le retrouver, j’ai eu l’intuition de le rechercher dans des salles de boxe, car je me souviens qu’il en était grand amateur. Et c’est effectivement dans une petite salle de boxe que nous l’avons retrouvé ! Coïncidence ? Je ne crois pas.

Il se défend très bien dans la discipline. À l’issue de son combat, il nous a d’abord indiqué avoir tourné la page de nos aventures et ne plus vouloir en entendre parler. Après un long échange, c’est le nom de Gresty et les aspects étranges de sa réapparition qui ont fini par le décider à nous aider.

De mon côté, afin de vérifier une hypothèse, j’ai tenté de parier sur un combat, mais mon intuition n’a pas suffi, et j’ai tout perdu. J’ai également attiré l’attention du personnel et me suis fait raccompagné à la sortie.

C’est chez le juge que nous nous sommes retrouvés pour échanger sur l’affaire, comme au bon vieux temps. Tuck et lui ont entamé un échange franc et direct à propos des nouvelles activités du juge, de l’argent, puis des événements de l’an passé. Olivenstein a maladroitement rejoint la conversation et s’est perdu dans une dithyrambe au sujet du jazz.

Je suis sorti de mon ennui lorsque nous avons commencé à rassembler nos anciennes notes et les lettres de Gresty.

Nous nous sommes ensuite mis à la recherche de l’intéressé, qui n’était pas à son domicile. L’un de nous a eu l’intuition de le chercher dans le pub non loin. L’endroit était bondé et malodorant, et je ne me sentais pas à ma place. J’ai volontiers laissé au juge la charge d’aller retrouver Gresty, qui avait visiblement beaucoup bu déjà. Les deux hommes ont semblé se lier rapidement et j’ai porté mon attention sur ma pinte de bière en les surveillant du coin de l’oeil.

Gresty est ensuite sorti avec Allistair et a repéré Olivenstein. Il a produit un sifflet noir que Tuck a récupéré et qui me semble en tout point correspondre à ceux que nous avons déjà rencontrés. Tuck et moi les avons suivi quelques temps, jusqu’à ce que Tuck craigne que nous soyions repérés et me raccompagne.

Sur le chemin de la boutique, Tuck m’a appris que de leur côté, lui et Olivenstein ont visité l’appartement du particulier et ont découvert des ouvrages dans des langues inconnues, de nombreux objets étranges et un pentacle tracé au sang. Les lieux empestaient le bouc. Je regrette de ne pas avoir pu avoir ces éléments sous les yeux, même si nous pouvons penser que l’homme n’a plus toute sa raison et que ses rituels ne sont peut-être que des vociférations et des barbouillages sans effet.

Dimanche 15 décembre 1929

Ce matin, McAllistair et Olivenstein nous ont fait le récit de leur nuit folle passée avec Gresty, faite de beuveries, de discours mystérieux à propos de mille chevreaux, et qui s’est terminée par l’incendie de la Chapelle de la Contemplation.

McAllistair nous a également rapporté sa discussion avec Gresty, qui est beaucoup revenu sur le sujet de ses terres de l’ouest, répétant qu’il hait Londres et disant qu’il est revenu pour traquer les Adorateurs d’Hastur, leur couper les mains.

Je m’intéresse de près à tous ces éléments qu’apportera Gresty : l’homme se serait mutilé pour ouvrir des bouches dans ses mains, et aurait choisi le lieu car il s’agit d’une église édifiée par Nicholas Hawksmoor sur une ligne de force, ce qui serait le cas de nombreuses églises dans tout Londres.

Il est beaucoup revenu aussi sur Atkinson Place et Mercy Hill, dans la vallée de la Severn et sur son père, personnage intriguant s’il en est, qui doit lui passer le relais, qui me semble plus relever d’une expérience mystique que de l’héritage d’une ferme.

St Luke's church

St Luke’s church

Intrigués par tous ces éléments, nous avons recherché chacun de notre côté : Olivenstein et Tuck découvrent que nombre d’églises érigées par Hawksmoor ont bel et bien un passé trouble : l’église Saint Georges n’est pas droite et aurait été le lieu de 4 morts, Spitafields est effectivement érigée sur une fosse de pestiférés – Gresty y avait fait allusion. Que dire de Saint Luc et de son obélisque-clocher ? Coïncidence étrange, positionnées sur une carte de Londres, une spirale lugubrement familière semble apparaître… est-ce notre imagination qui nous joue des tours ou est-ce que l’influence du Roi en Jaune qui s’étend plus profondément que ce que nous pensions ?

McAllistair a enquêté sur la région d’origine de Gresty et obtenu de nombreux détails ainsi qu’une carte assez précise.

Quant à moi je poursuis mes recherches sur Hastur.

Mardi 17 décembre

Aujourd’hui nous nous étions donné rendez-vous à l’église de Spitafields, où nous avons rencontré le bedeau Unsworth. Celui-ci nous a confirmé les dires de Gresty sur les événements. Après une rapide visite des lieux et un passage par la crypte, nous n’avons pu que constater que l’église n’a apparemment rien de particulier.

Olivenstein et Tuck font leur rapport : ils sont allés revoir Gresty, en quête d’informations sur Quarrie, sur Gresty père, et ce qui semble bien être un culte dédiée à une Chèvre. Le père est un amateur de femmes et même s’il convoitait la femme de Quarrie, il n’a pas pu l’avoir car elle était trop forte. Gresty ne parle pas en bien de son père. Cela explique les quelques phrases de la dernière lettre qui semblaient plutôt haineuses. Gresty leur a indiqué également que Quarrie faisait partie du Culte mais qu’il a été corrompu par Edwards, Bacon et Hastur.

Mes camarades sont bien décidés à faire le voyage vers cet endroit. Je ferais bien de me préparer, et je ne parle pas que de faire mes valises. Je vais avoir besoin de ce sifflet avant longtemps…

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  1. Cthulhu – Oripeaux du Roi #10 – Goatswood | bintz.fr - 31 juillet 2017

    [...] la reprise, je sentais bien que le docteur Olivenstein commençait à sombrer du côté obscur et je crois [...]

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