Cthulhu – Oripeaux du Roi #10 – Goatswood

Quand tu joues à l’Appel de Cthulhu depuis longtemps et que tu comprends que tu vas devoir aller à Goatswood, tu te sens de suite un peu serré dans ton slip. Mais qu’à cela ne tienne, il faut bien faire avancer l’intrigue, non?

Depuis la reprise, je sentais bien que le docteur Olivenstein commençait à sombrer du côté obscur et je crois bien que c’est dans ce scénar que tout a basculé pour lui.

Est-ce que nous sommes tous rentrés sains et saufs? Peut être… en tout cas pas sans conséquence.

Goatswood

Session de jeu #10:
Date : Mercredi 22 février 2017
Lieu : Skype

Investigateurs présents :
McAlli, jazzman
Dr. Marcus Olivenstein, psychiatre
Paul/Asenath Watkins, antiquaire? médium?
Vincent Tuck, détective privé

Goatswood

Goatswood

Evénements: Extrait du journal de Marcus Olivenstein.

Mercredi 18 décembre 1929

Notre prochaine destination est donc Goatswood. Nous allons ainsi remonter les traces de Quarrie pour nous entretenir avec sa femme, dans cette région reculée, fortement boisée et abritant certainement une population de dégénérés consanguins, aux mœurs déviantes. Assurément.

Toujours sous ma bienveillante direction, notre groupe effectue des recherches historiques sur cette région. Cette vallée a été occupée par les Romains qui ont laissé leur polythéisme en héritage. Les autochtones ont conservé cette vision plurielle en s’attachant au panthéon de divinités anglaises. Parmi elles, nous devinons le culte de Shub Niggurath, dont le père de Gresty fut le grand prêtre, et qui adule une sorte de Chèvre (des animaux ! Bien différents de ceux de Carcosa où l’instruction est de mise !)

Je soumets alors un plan, salué évidemment par tous. Nous nous appuierons sur la carte militaire précédemment acquise pour rejoindre Clotton, aux abords de Goatswood. Là-bas, nous nous ferons passer pour des archéologues en repérage. Nous préparons nos valises (fusils, appareil photo…) Tuck confie un modèle de cet étrange sifflet à Asenath. Qui sait si elle n’en aura pas besoin pour faire fuir les bêtes sauvages et autres garçons de ferme sur place.

Jeudi 19 décembre

Départ matinal en gare de Paddington. Le train file pendant quelques heures à travers la campagne Londonienne jusqu’à notre première étape, Gloucester, fondée jadis par les Romains.

La neige tombe abondamment, j’ai froid et me sent particulièrement exposé aux « forces » lorsqu’on nous annonce que nous ne pourrons pas rejoindre Clotton en train. Il nous faudra prendre le prochain bus qui ne partira pas avant demain matin. Fortement désappointés, nous nous résignons à prendre des chambres au Wellington.

Nous occupons le reste de la journée en recherches diverses. Tuck et Mc Allister se renseignent à l’État Civil. Ils découvrent que la ferme de Quarrie (la ferme de Nug) a été achetée en 1923. Par ailleurs, la femme de ce dernier se nomme Hillary Hayes. Insatiable charmeur, le juge Allister fait la cour à la bibliothécaire locale, une certaine Mme Upton, et parvient à lui soutirer quelques informations. Comme on pouvait s’y attendre, les habitants sont inamicaux, consanguins, refermés sur eux-mêmes. Sous le feu des avances du juge, Mme Upton indique un ancien fermier du coin qui vit désormais à Gloucester, Mc Gregor. Ce dernier corrobore les propos de la bibliothécaire, ajoutant que les autochtones vivent dans un archaïsme d’un autre temps, sans machine ni électricité, et qu’ils s’adonnent à des messes noires la nuit. Enfin, un homme semble avoir la main mise sur la région, Atkinson.

Je m’entretiens seul avec Asenath. J’essaie de la convaincre de l’attitude à adopter pour la suite. Je soutiens qu’il nous faut utiliser toutes les armes à notre disposition pour terrasser ces cultes, quel qu’en soit le prix ! Elle semble moins tranchée sur la question, et profite de ce moment pour me livrer qu’elle ne s’appelle pas Asenath mais bien Paul. Je veux bien la croire, tant qu’elle ne se met en travers de ma route, je peux l’appeler Marcel si ça lui chante.

Décidément, mes subalternes ont été sérieusement traumatisés par leur périple à Carcosa. Je me demande si comme moi ils s’y rendent de temps à autre. C’est tellement apaisant et revigorant.

Vendredi 20 décembre

Nous embarquons dans un vieil autobus dans lequel les passagers sont rares.

Le chauffeur, questionné sur notre destination, ne masque pas sa surprise et nous met en garde vis-à-vis de l’hostilité des gens du coin. Dans l’intervalle, une vieille femme inquiétante monte dans le bus. Visiblement, c’est une habitante de la région. Je l’observe le temps du trajet jusqu’à Whitminster où elle descend sans avoir dit un mot ni esquissé l’ombre d’une réaction émotionnelle. Nous remarquons que l’environnement qui nous entoure est constitué de hameaux clairsemés, peu de fenêtres et ni habitants ni commerces.

Enfin, après avoir arpenté de sinueuses et étroites routes glacées et enneigées à travers la campagne, nous atteignons Clotton. Le bus repassera ce soir à 18h. Sur mes conseils toujours avisés, McAllister soudoie le chauffeur du bus pour qu’il attende notre retour en fin de journée.

La suite du trajet se fait à pied. Autour de nous, des maisons à l’abandon, des équipements agricoles datés et curieusement aucun clocher à l’horizon. Nous atteignons ensuite la forêt qui s’avère bien plus étendue que notre carte le suggérait. A-t-elle « poussé » sous l’effet des forces occultes ? Elle est très ancienne en tout cas.

Dans les Bois

Dans les Bois

Progressivement, nous sommes assaillis par un bruit sourd, comme un bourdonnement d’essaim qui s’accentue à mesure que nous nous engouffrons dans l’épaisse forêt. Les maux de tête ne me lâchent pas et j’ai l’impression que ma tête va exploser. Nous forçons le pas et McAllister trébuche sur un étrange amoncellement de petits galets mis en travers du chemin. McAllister aperçoit alors une soi-disant silhouette mi-homme mi-animale qu’il est seul à voir. Nous parvenons finalement à notre destination, la ferme de Nug.

Des aboiements en guise d’accueil, nous approchons prudemment de la ferme de laquelle émerge une femme blonde, la trentaine. Il s’agit bien d’Hillary Hayes. Elle est rejoint par un jeune homme, un garçon de ferme nommé Will.

Après quelques échanges, on nous accueille à l’intérieur.

Installés près du poêle dans cette bâtisse plutôt conséquente, la femme de Malcom Quarrie nous fait de lourdes révélations. Elle explique qu’elle et Malcolm ont eu une fille, Sarah, 5 ans, et qu’ils vivaient heureux jusqu’à ce que Atkinson vienne semer le chaos dans leur paisible quotidien. Elle ajoute qu’il a essayé de mettre la main sur elle mais qu’il n’y est jamais parvenu. Elle nous confie également deux lettres écrites par Quarrie qui atteste cela. La confrontation entre Atkinson et Hayes approche. « C’est pour ce soir et je vais prendre sa suite » nous dit-elle.

Bientôt, plusieurs personnes se présentent devant la fermes, précédées par un homme d’un certain âge, le fameux Atkinson. Lui et Hayes ont un échange verbal assez violent. Ils finissent par s’éclipser. De retour à l’intérieur, elle sollicite notre aide pour cette confrontation et les avis du groupe sont partagés. Nous décidons de nous séparer en deux groupes. Tuck et moi resterons combattre tandis que McAllister et Asenath repartirons avec les documents acquis. Nous nous saluons en espérant avoir fait les bons choix…

Suite du Journal du Dr Olivenstein retrouvé a posteriori

Confidences

Profitant de cette intimité, Hillary Hayes, qui paraît extrêmement calme, se confie à nous. Lorsqu’ils ont emménagé ici, un livre a été déposé devant leur porte. Il s’agissait des Révélations de Glaaki. Malcolm, étant déjà féru de mythologie et autres, s’est littéralement plongé dans l’occulte. C’est à ce moment-là qu’il a écrit son ouvrage sur les dieux anglais. Atkinson a utilisé cette appétence pour l’éloigner de la région en lui présentant Bacon.

Le Rituel

Le Rituel

Confrontation

Minuit approchant, nous voyons des torches s’allumer dans la forêt. Nous comptons environ une trentaine de personnes et autant de difformités des plus préoccupantes. Atkinson se présente au centre, frappe une créature alors que des chants s’élèvent puis des craquements de troncs d’arbres se font entendre. Là, une entité immense et effroyable s’élève au-dessus de la forêt. Hillary nous confie alors un couteau à chacun et nous ordonne d’aller chercher des poules. Là elle nous indique de nous placer de part et d’autre de la masse informe invoquée par Atkinson et d’égorger une poule.

Nous crions, psalmodions comme de véritables cultistes illuminés « Ish Nigara !!! » « La bouche noire !!! ». Nous comprenons qu’Hillary tente de prendre le contrôle de bête. Nous nous concentrons tant bien que mal sur cette tâche. Le sol tremble comme jamais je ne l’ai senti auparavant. Une odeur de chair pourrissante s’élève et en un instant, l’ignoble rejeton saisi Hillary et la dévore.

C’est la panique dans nos rangs. Nous fuyons sans trop savoir où aller. J’entends partout des cris autour de moi, des bêtes sans visages, des griffes qui lacèrent, des crocs qui dévorent. Je trébuche alors sur une souche et m’effondre, inconscient au milieu de ce tumulte impie.

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  1. Cthulhu – Oripeaux du Roi #11 – Un sorcier peut en cacher un autre | bintz.fr - 26 août 2017

    [...] fin de la session précédente a évidemment été jouée uniquement par les intéressés. Le joueur de Watkins et moi même [...]

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