Vermine: introduction

Il y a environ 20 ans, j’achetais un jeu de rôle post-apo de Julien Blondel qui faisait le buzz: Vermine. Il y a un mois, je faisais enfin ma première partie.

Comme je disais à mes potes quand je leur ai proposé la partie: Vermine, c’est mon serpent de mer rôlistique. Le jeu auquel j’ai promis de maîtriser 50 fois et pour lequel je ne me suis jamais sorti les doigts. C’est dommage parce que le système de jeu était assez moderne pour l’époque avec une vraie implication des joueurs dans le « world building » (comme on dit de nos jours) tout en évoluant dans un univers sombre où la survie est la première préoccupation. Relire les bouquins a été un vrai plaisir mais aussi l’occasion de reconnaître certains noms maintenant adoubés dans l’univers du jeu de rôle mais pas que, comme Aleksi Briclot qui a produit pas mal d’illustrations ou Johan Scipion dont j’avais testé le Sombre il y a quelques temps.

Bref, quand comme moi on aime bien tout ce qui est insectes et bestioles, fallait bien que je m’organise un jour et c’est chose faite!

vermine

Le background en quelques lignes

Je ne vais pas m’étendre sur le background du jeu, d’autres le font mieux que moi. Mais grosso modo, Vermine se déroule en 2037 alors que depuis une vingtaine d’années la Terre (Gaia), a une sorte de réaction immunitaire contre les humains: les animaux et en particulier les insectes deviennent plus grands, plus agressifs, plus virulents, évoluent a une vitesse sans précédent, s’adaptent aux insecticides, se réapproprient l’espace urbain. Rendu en 2037, la civilisation s’est écroulée depuis des années et quelques poches de survivants subsistent tant bien que mal, soit dans une optique humaniste en tentant de rétablir l’ordre passé, soit en s’adaptant à cette nouvelle donne, tirant profit de ce qu’offre la nature, soit en temps que survivaliste, prenant tout ce qu’il y a de bon à prendre!

Encore une campagne?

Tout d’abord, pour pallier aux soucis rencontrés au cours des campagnes habituelles (oui oui, j’ai été bien vacciné par les Masques de Nyarlathotep), je veux que la communauté soit au centre des scénarios. Même si les joueurs incarneront des individualités fortes de la communauté, c’est elle le vrai personnage principal. Cela permet de jouer avec un groupe à géométrie variable, ce qui n’est pas du luxe quand il faut croiser les emplois du temps des uns et des autres, entre boulot, famille et loisirs hors jdr.

Je ne veux pas non plus me lancer dans une campagne au long court. Un fil conducteur se dégagera certainement au fil des sessions mais je pense masteriser Vermine comme un « side project », un jeu auquel je joue uniquement quand j’ai l’envie et/ou l’inspiration et non pas quelque chose qu’il faut finir à tout prix.

La communauté

Pour que ce soit fun et pratique, j’ai décidé que le groupe serait basé juste à côté de Toulouse pour que les joueurs puissent identifier facilement les lieux et apporter des idées sur ce que la ville a pu devenir. Plus précisément, la communauté d’une centaine de personnes est établie à Avignonet Lauragais, un village que j’aime beaucoup. Depuis que je songe à maîtriser à Vermine, j’ai toujours pensé qu’Avignonet ferait un super spot: position élevée par rapport à la route, proximité du canal, parc d’éoliennes et de panneaux solaires, un spot presque idéal.

avignonet

Les joueurs ont choisi que le groupe serait plutôt à tendance survivaliste, donc ni humaniste, ni adapté, ce qui colle bien avec le bric à brac qu’engendre l’utilisation des éoliennes. Les premiers joueurs incarnent:

  • Charly Poussin: un ancien homme à tout faire de l’université Paul Sabatier
  • Doc Saïf: un jeune médecin n’ayant pas eu le temps de finir sa formation et qui tente de garder tout le monde en vie comme il peut
  • La Flèche: une jeune fille spécialisée dans la chasse à l’arc
  • Lazlo Lietbald: un marchand ambulant originaire de l’Est qui vient tout juste de rejoindre la communauté avec son petit singe

Nous avons ensuite défini ensemble comment fonctionne la communauté au quotidien, dans quel état est le village après des années sans véritable entretien, comment ils contrôlent les accès et quels événements notables ont eu lieu ces dernières années, en particulier:

  • 2020: un contrat avec les éclusiers pour que l’eau ne stagne pas dans le canal, depuis quelques années le contact est rompu
  • 2020: gros tremblement de terre dans une zone proche, chute du clocher et de quelques maisons
  • 2030-2031 (hiver): occupés pendant plusieurs mois par une bande de pillards qui ont essayé d’exploiter la communauté et de l’asservir (viol/meurtre), la communauté a fini par les foutre dehors (tués)
  • 2036: des criquets ont ravagé une bonne partie de la récolte
  • depuis 2030: quelques frictions avec la communauté toute proche de St Felix Lauragais

Au cours de cette étape, nous avons également décrit certains personnages importants comme Julie, leader de la communauté, Omar, le gars le plus compétent en électricité et mécanique et qui gère les éoliennes, un prêtre, une famille d’agriculteurs qui encadre le travail aux champs et dans les serres, etc etc…

Scénario d’introduction

Le cadre étant posé, il fallait bien partir un peu à l’aventure. Je leur ai donc proposé la Sentinelle, une histoire assez basique que j’ai délocalisé à Revel. Je vous la fais courte:

Le pitch: janvier 2037 – Omar glisse en descendant d’une éolienne et s’empale la jambe sur une ferraille. Quelques jours plus tard, le diagnostic du doc est formel, tétanos. C’est un gros coup dur pour la communauté et le sauver devient primordial. Quelques temps plus tôt, un colporteur avait fait étape sur place, leur racontant tout un tas de chose dont l’installation d’un petit groupe dans le sous-sol préservé d’une clinique de Revel. Ni une ni deux, les volontaires se rassemblent et le doc accompagné de trois compères se lance sur la route alors que les températures frisent le zéro, peut être restera-t-il de quoi soigner leur camarade d’infortune?

Lazlo sort justement de quarantaine (mais pas son singe!) et fait partie de l’expédition. Après avoir étudié les différentes possibilités, le choix est fait d’emprunter le canal, ce sera moins pénible que de faire la route à pieds, surtout avec un brancard, d’autant plus que les moustiques ne risquent pas de causer problème avec le froid qu’il fait. Le trajet se passe sans encombre et une fois à Revel, le groupe trouve une ville en ruine, pas un bâtiment ne semble debout, sûrement le tremblement de terre de 2020. Les rats ont envahi la zone et semblent relativement agressifs.

Après quelques minutes, le premier contact avec le groupe local est établi mais ils sont suspicieux, surtout vu l’état d’Omar dont la fièvre et les spasmes ne font qu’empirer. La phase d’observation commence et la négociation de matériel médical avec. La quarantaine de 24h passée, chacun tente d’apporter son aide pour justifier rétribution: organisation du stock de médicaments, recherche de nourriture en ville, excavation des zones effondrées en sous-sol, rétablissement de l’électricité, etc… La collaboration est fructueuse et des liens se tissent mais la météo empire de jour en jour, empêchant le retour. Jeff, le leader du groupe, leur explique comment ils ont survécu dans une petite ferme auvergnate pendant des années mais les conditions climatiques de plus en plus difficile les ont poussés vers le sud à la recherche de jours meilleurs.

L’état d’Omar semble s’améliorer alors que celui des locaux empire. Ils ont faim en permanence mais sont de plus en plus apathiques. La Flèche sait depuis le départ que quelque chose ne tourne pas rond sans trop savoir quoi mais elle a vu des traces étranges dans la neige autour de l’entrée de la clinique… Et puis pourquoi ce gamin ne parle plus? Qu’a-t-il vu?

sentinelle

Le huis clos atteint son apogée quand le doc découvre la marque d’une sorte de poinçon sur l’abdomen de tous les amis de Jeff puis un parasite se déplaçant près de leur foie! Exposant la situation à Jeff, décision est prise d’opérer mais il n’y a pas assez de matériel médical pour tout le monde. Le choix est fait de tenter de sauver les femmes les plus jeunes. L’opération est un succès mais le reste du groupe entre dans une léthargie inquiétante. Sachant la fin proche, Jeff et les autres condamnés préfèrent mettre fin à leurs jours et partent avec une arme ou s’assoient dehors pour se laisser mourir de froid.

Ceci n’est pas du goût de la future « maman », une araignée géante qui fait irruption dans le repaire sous-terrain des personnages qui, tant mieux que mal, arrivent à s’en débarrasser moyennant quelques blessures heureusement sans conséquence. Mais reste-t-il un oeuf? Ils n’attendent pas de le savoir, récupèrent la seule survivante des opérations (les autres ayant succombé à l’importante perte de sang) et rentrent chez eux avec un sentiment plus que mitigé.

La suite?

Les joueurs ont bien accroché à cette intro, à l’ambiance et aux choix compliqués qu’on doit faire pour assurer la survie de son propre groupe tout en restant humain. Je pense donc renouveler l’expérience à la rentrée mais comme de par hasard, Vermine devrait connaître une nouvelle mouture crowdfundé très bientôt. C’est annoncé comme un nouveau jeu et non pas une suite mais ça fait tout de même saliver. A voir ce que ça donnera quand il y aura plus d’info et en attendant, le doc et ses potes feront en sorte que tout se passe bien dans cette petite communauté du Lauragais.

A très bientôt, mangez sainement et n’oubliez pas votre vermifuge en dessert!

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