Cthulhu – Oripeaux du Roi #14 – Bombay

C’est preeeeeesque fini. Comme je l’expliquais en introduction du CR précédent, nous avons calé cette 14ème session pour avancer un petit peu plus afin de pouvoir faire rentrer le final sur une seule soirée. Ces deux dernières parties ont été jouées la même semaine et nous nous sommes tous retrouvés physiquement pour la fin, comme nous l’avions fait pour clôturer le chapitre anglais.

Cela nous a permis de nous imprégner encore un peu plus de l’ambiance de folie sous-jacente à toute la campagne tout en nous familiarisant avec la culture indienne.

C’est le joueur d’Olivenstein qui s’est collé au CR et je le trouve particulièrement réussi car il dépeint totalement la mégalomanie dans laquelle s’est enfoncé le personnage au fil de l’aventure. J’ai d’ailleurs tenté, sans succès, de le mettre hors d’état de nuire à un moment calme du scénario mais même avec l’aide du révérend, je n’ai rien obtenu de probant. Cela m’a toutefois conforté dans l’idée que ce personnage ne devait pas terminer la campagne et que j’étais probablement le dernier à peu près sain d’esprit du groupe.

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Bombay

Session de jeu #14:
Date: mercredi 17 mai 2017
Lieu: Skype

Investigateurs présents :
McAlli, jazzman
Dr. Marcus Olivenstein, psychiatre
Paul/Asenath Watkins, antiquaire/medium
Ian Gore, révérend

Extrait du journal du docteur Olivenstein.

Kali Yuga (4ème âge)

Le Kali Yuga est le quatrième et actuel âge de la cosmogonie hindoue. La civilisation humaine dégénère spirituellement au cours du Kali Yuga, qui est dénommé « l’âge noir », car durant cette période les gens sont aussi éloignés que possible des Dieux. Le Kali Yuga est celui où les êtres souffrent le plus, et où ils sont les plus nombreux à souffrir. Il s’achèvera quand une nouvelle descente (avatâr) de Vishnou ramènera l’Ordre (dharma) et le bonheur sur Terre pour recommencer un nouveau cycle.

Vendredi 10 janvier, 10h, port de Bombay.

Nous voilà donc arrivés en Inde. Sur les conseils d’Henrietta, nous descendons au Taj Mahal, un hôtel décrit par notre guide comme étant luxueux. Deux carrioles, des gharis, transportent nos effets. Je constate qu’une fois de plus aucun responsable local ne s’est présenté pour m’accueillir moi et mon personnel. Quel manque d’éducation chez ces sauvages…

Il est aussi temps pour moi de mettre à distance Patricia. Je me suis un peu attaché à elle et cela ne me plait guère. Sa proximité me fragilise et obscurcit mon esprit. Je ne dois en aucun cas me détourner de mon objectif. Je la laisse donc retourner à Londres en lui promettant mon retour.

Toujours est-il que l’expédition Olivenstein compte désormais un élément supplémentaire. Le Révérend Ian Gore. C’est un érudit versé dans de nombreux domaines comme l’anthropologie et les cultes païens. Il semble discipliné et suit scrupuleusement mes ordres, il sera forcément utile pour la suite.

Serviable comme à son habitude, Henrietta nous dépêche un guide nommé Shiva Kumar Patel. Nous décidons aussitôt d’utiliser l’autochtone afin de nous aider à sonder les archives du Times of India.

L’édition du jour indique de nombreuses tensions politiques qui pourraient être un obstacle à la réussite de l’expédition. Arrivé sur place, je brille à nouveau par mes talents de négociation et nous accédons à la salle des archives pour quelques pièces. A l’intérieur, c’est un capharnaüm sans nom. Il nous faudra revenir plus tard pour y dénicher quelques informations. Il semble que l’expédition Anzalone se soit lancée de Milan le 17 aout.

En parallèle, je dois dire que l’état de santé d’Asenath m’inquiète. Sa schizophrénie s’installe un peu plus chaque jour et la nourriture locale l’indispose au plus haut point. Je poursuis malgré tout son analyse puisqu’elle se montre très réceptive au protocole. A ce propos, j’ai établi une séquence me permettant de passer de l’une à l’autre de ses personnalités.

Mais revenons plutôt à nos recherches. Il nous faut rencontrer un certain Harry Unwin, directeur du bureau du magistrat à Bombay et nous envoyons Patel trouver une trace des guides de l’expédition Italienne. Je laisse mes hommes réfléchir à la question et profite de ce moment pour faire un peu d’exercice. Je suis particulièrement en forme pour affronter les terres montagneuses du Népal mais je ne dois rien laisser au hasard. Mon footing dans les ruelles crasseuses de Bombay ne dure que quelques minutes.

A mon retour, j’invite Gore dans mes appartements pour une séance de rêverie aux opiacés. Subitement et en pleine expérience, je suis rappelé dans mon corps. Mes hommes se sont jetés sur moi et me sanglent. Gore se tient au-dessus et psalmodie des paroles en latin pour ce qui a tout l’air d’être un exorcisme. De toute évidence, ils ont complètement perdu l’esprit ! Je décide de patienter et de mettre leur délire à l’épreuve du réel mais leur déni est total. Je m’extirpe alors de mes entraves, les rappelle sévèrement à l’ordre et m’enferme dans ma chambre. Il va falloir que je surveille mes hommes. Leurs esprits ont été fragilisés par les derniers évènements. Une séance de rêverie collective est indiquée (sûrement au Népal).

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11 janvier. La silhouette blanche.

Journée prolifique. Patel a trouvé un des guides, un certain Rajinder Singh.

Par ailleurs, d’après un article datant du mois dernier, le bateau de Quarrie et les siens a fait naufrage au large de la Somalie. Nous enquêtons aussitôt au port de Bombay et apprenons qu’une embarcation somalienne, le Cag Geni, est bien arrivée il y a deux semaines mais est partie depuis.

Et alors que nous quittons les lieux, nous apercevons au milieu de la rue noire de monde une étrange silhouette blanche. Elle porte un masque pâle et se dirige vers Asenath. L’apparition est éthérée mais visible de tous, déclenchant rapidement un mouvement de panique. Nous nous réfugions en lieu sûr, perplexes.

Le temps presse, nous décidons de nous séparer, chacun cherchant à racheter l’impair de la nuit passée :
Le révérend a été sérieusement ébranlé. Il se rend à l’église pour y trouver un congénère susceptible de l’aider. Son interlocuteur l’accueille avec beaucoup de mansuétude et évoque des agitations dans le pays depuis quelques temps.

Mc Allister va investiguer au port. Il apprend que cinq occidentaux ont débarqué et qu’ils avaient l’air fatigué.

Asenath retrouve Harry Unwin, demande un guide et évoque l’expédition italienne et Quarrie. Le magistrat assure qu’il ne connait rien de tout cela mais va se renseigner.

Pour ma part, je me plonge dans les ouvrages traitant du Gunthang, cette région au nord de Pokara, gorge entre le Népal et le Buthan et pays divisé aujourd’hui.

12 janvier. Les Tours du Silence.

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Un télégramme d’Unwin nous parvient. Il nous apprend que l’expédition n’est jamais arrivée à Calcutta. Ils sont descendus à Bénarès, direction Nautanwa, à la frontière Népalaise.

Patel de son côté se montre prolifique. Il a découvert que Rajinder Singh a passé 3 semaines avec les occidentaux pour faire divers achats. Il ajoute qu’ils ont posé des questions au sujet d’un étrange symbole peint sur un mur et qu’ils ont rencontré un religieux local, un Parsi, aux Tours du silence (sorte de fosse commune). Nous décidons de nous entretenir avec ce dernier.

Les Tours du Silence se situent à l’extérieur de la ville. C’est un lieu populaire pour les occidentaux qui affectionnent les scènes de charognards dévorant des corps sans vie dans une tour blanche… Le Parsi est aveugle mais semble détenir de multiples connaissances. Il dit se souvenir de l’homme avec la marque, la marque d’un Dieu, L’Etranger, le Dieu en Blanc. Il affirme que les hommes qui lui ont rendu visite sont des prophètes et que le Dieu marche vers nous à l’instant même.

A la question quel est notre avenir, il répond par des hurlements. Nous le laissons finalement dans ses pensées et partons effectuer nos derniers préparatifs. Vers le Népal, il nous faudra procéder à des échanges, des trocs. C’est la coutume. Nous payons quelques objets puis nous achetons nos billets de train pour demain, direction Bénarès.

13 janvier. Vers Bénarès et au-delà.

La gare Victoria est à l’image du pays. Un bazar sans nom.

Il nous faut verser un bakchich pour avoir nos places occupées illégalement par une famille locale. Les cabines sont assez confortables mais je sens le confort s’éloigner à mesure que nous progressons dans les terres.

Après non pas 4 mais 6 jours interminables, ponctués d’arrêts fréquents, de terres arides et de multiples autres désagréments visuels et sonores, nous atteignons Bénarès. Là, un orateur dément agite les bras et scande en hindi « Le Roi descend ! ». Les 200 personnes qui l’écoutent ne tardent pas à le suivre et commencent à jeter des projectiles sur notre train. A l’intérieur, des hommes sont blessés et je soigne les plus touchés. Un assaillant est fait prisonnier. Lorsque nous l’interrogeons, il répond que l’orateur leur a fait voir la marque et que tout le monde est devenu fou. Nous prenons soin d’acheter vivres, présents, armes et opiacés indispensables à la réussite de l’expédition, puis direction Nautanwa le lendemain.

22 janvier. Nautanwa.

C’est un petit village constitué de nombreuses maisons en terre. L’hôtel, fréquenté essentiellement par des marchands, est tout juste correct. Nous apprenons que l’expédition est passée ici il y a seulement deux semaines et qu’ils ont payé les services de guides Népalais, notamment un certain Ripa Tendruk. Là, ils se seraient camouflés au milieu d’une caravane pour leurrer les autorités.

Patel nous met en contact avec un népalais, Jigme Rinzing, qui sera notre guide jusqu’à Gora Pani. Départ prévu dans 3 jours. Nous décidons de nous camoufler sous l’habit traditionnel, la chuba, sorte de poncho à capuche et à manches longues (cela me rappelle étrangement une camisole).

02 - La frontière interdite

25 janvier. Rendez-vous en Terres interdites.

La caravane est prête. Nous montons à dos d’ânes tandis que Yaks et porteurs assurent le transport de nos équipements. Au poste frontière, les britanniques nous laissent passer sans encombre mais nous manquons de nous faire repérer de justesse face au gardes Népalais. Nous finissons par fouler les terres interdites du Népal, avides de réponses, de connaissances et de vengeance. IIIAAAAAAA !

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